‹ De la politique dans ses rapports avec la morale, essai sur la République de PlatonChapitre 16 sur 36 · FONDEMENT DE L’ÉDUCATION · texte numérisé non relu

FONDEMENT DE L’ÉDUCATION

» des parties de son âme usurpe des fonctions qui » lui sont étrangères (1). »

Telle est la véritable justice ; et l’éducation que nous avons donnée à nos jeunes gens avait pour principe et pour fin cet ordre admirable qui doit conduire à leur perfection les individus et les peuples.

Que la justice règne , maîtresse absolue de l’éducation, qui lui livre les esprits et les cœurs; que chaque citoyen lui doive une règle de conduite constanle , universelle , infaillible , il y aura partout, dans l’État , comme une pente facile vers le bien : la société tout entière y sera portée par une impulsion naturelle et irrésistible. Chacun sera libre, n’étant sujet que de la loi , c*cst-àdire de la raison même et de la justice reconnues p ar toutun peuple . Chacun restera dans sa cond ition, chacun fera ce qu’il doit faire. Dés lors le gouve rnement sera bon quelles qu’en soient le s institutio ns et la forme : l è où la justice est souver aine. tout pouvoir devient légitime .

« Que le commandement soit entre les mains 1 d’un seul ou de plusieurs , les lois fondamentales . de l’État demeurent immuables, tant qu’il ob » serve dans l’éducation les règles indiquées plus » haut (2). >

Nul n’est mieux entré dans la pensée de Platon que celui qui a dit : « Voulez-vous prendre une i> idée de l’éducation publique : lisez la République

• (1) Plat., p. 4i4, a, 4.

p] Ibid., p. 4A5, d, «.

G6 LA JUSTICE, FONDEMENT DE l’ÉDDCATION.

» de Platon. Ce n’est point un ouvrage de poli- » tique , co mme le pensent ceux qui ne jugent des » li\res que par leur titre . C’e st le plus beau traité » d ’édu cation qu’on ait jamais fait. » (Rousseau, Émile, liv. 1. j

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