DE 1,’UNITÉ NATIONALE
pratique de rËtat , et découvre enfin ce qu’il n’osait révéler : « Eh quoi! dit Adimante, tu perds
• courage? tu veux nous dérober la plus intéres-
• santé partie de cet entretien ? penses-tu donc » nous échapper ?» — « Ceci , répond Socrate ,
» doit trouver encore moins de créance que tout
» le reste On niera que la chose soit possible ;
» et lût-il bien démontré qu’elle est possible , on » niera qu’elle soit bonne ; voilà ce qui m’empêche » de dire librement ma pensée (1). » Pressé par ses amis, Platon se décide à parler : il avoue que l’unité de l’État n’est pas possible à ses yeux sans le sacrifice de la propriété et de la famille. Cette chimère de l’unité absolue, il en expose le plan tel qu’il l’a conçu ; et nous nous trouvons en présence de ce qu’on appelle le Communisme.
Soit qu’on vienne combattre ou défendre cette doctrine, il faut la définir; il faut préciser un terme vague et flottant qui se prête aux interprétations les plus variées, qui peut désigner les systèmes les plus divers, et dont on a tant abusé surtout de nos jours. Il est vrai que nos pères n’avaient pas vu , comme nous , d’étranges utopies , jadis reléguées dans le domaine de la spéculation, descendre dans l’arène politique, et prétendre au gouvernement du pays; aussi voyons-nous la plupart des hommes porter, involontairement , dans ces matières, un esprit prévenu, un jugement passionné, plus de partialité que de justice. On déclare, sans examen , que toute théorie communiste se ré-
(1) Plat., A50, c, d, e.
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sume en deux points : « Promiscuité des femmes, » au profit du libertinage ; « partage des biens , * au profit de la paresse. Quand il serait vrai que la stricte logique poussât le communisme vers ces conclusions extrêmes, gardons-nous d’oublier que Platon, par une glorieuse inconséquence, a sauvegardé les grands principes de la morale, flétri le vice et adoré la vertu. L’exagération sert mal une cause que la simple vérité suffît à rendre invincible : pour ne laisser aucun prétexte à l’erreur, il faut l’accueillir, sans préjugés et sans haine; il faut exposer avec une fidélité scrupuleuse ces témérités de l’esprit humain, et respecter les grands esprits, jusque dans leurs erreurs.
Comme l’a dit Fénelon : • Platon et Lycurgue ne » prétendaient point favoriser les passions honteu- . ses et brutales ; mais ils permettaient le mélange » libre des deux sexes fait avec modestie dans un » certain temps de l’année, afin que les enfants ne » reconnussent point d’autre famille que la patrie, » ni d’autres pères que les conservateurs des lois : » maxime contraire à la sainteté de nos mariages , » maxime cependant fondée, à ce que croyaient • ces législateurs , sur l’amour de la patrie. Ils se » trompaient sans doute dans ces conséquences, » mais, en se trompant, ils tendaient à cette loi » éternelle et immuable que tous doivent sui- » vre (1). »
Le communisme a revêtu mille formes. Platon le reconnaît lui-même : « Cette communauté peut
(1) Fénelon , lissai sur le gouvernement civil, chap. II, sub fine.
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» se pratiquer de plusieurs manières (1). » Quelle est donc celle qu’il adopte? Quel en est le vrai caractère et le but? Comment en règle- t-il l’institution? de quelle façon l’a-t-il expliquée, sinon justifiée dans ce livre?
Platon part de ce principe qu’il faut assigner à chaque être une destinée conforme à sa nature ; que l’analogie ou la diversité des natures doit avoir pour conséquence l’analogie ou la diversité des fonctions sociales. Frappé de l’infériorité de la condition des femmes dans les États, Platon se demande si la Providence a départi aux deux sexes mêmes dons, mêmes facultés, mêmes aptitudes, ou s’ils dilfèrent essentiellement de nature. Prévoyant les arguments que l’on pourra tirer de la distinction des sexes , il déclare que cette diversité est extérieure , et n’a pas plus de valeur à ses yeux que celle qui distingue de l’homme chauve l’homme qui a une épaisse chevelure. 11 ne s’agit pas de savoir si deux hommes dilfèrent par quelque endroit, mais s’ils diffèrent quant à l’emploi qu’on leur destine; et si leur intelligence et leur âme sont de même nature , les inégalités physiques ne devront entraîner que des différences de degré dans l’accomplissement des mômes fonctions. Or, y a-t il dans l’homme un seul talent, une seule vertu, qui ne se retrouve aussi dans la femme? Les moeurs et tes lois de l’antiquité proclamaient l’infériorité, consacraient la servitude des femmes. Platon montre que la femme, supérieure à l’homme en quel-
(1) Pial., p. iio, a, b.
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ques points, lui est égale, peut-être, en toutes choses ; que , du moins , il n’est pas de circonstance où elle ne puisse partager ses travaux , et servir avec honneur la République. Pourquoi donc l’exclure du droit commun? Elle ne semble inhabile aux fonctions qui sont le partage de l’homme , que parce qu’on l’a frustrée de l’éducation à laquelle elle avait droit comme nous; et si les femmes qui veulent se mêler des travaux, des occupations viriles, prêtent au ridicule, c’est que toute innovation qui froisse nos préjugés met en belle humeur les esprits mesquins. Conjurons ces railleurs de quitter leur froid badinage ; qu’ils sachent qu’il n’y a de honteux et de ridicule que le inal(l). a Les » masles et femelles, dit Montaigne, sont jeclez » en mesme moule : sauf l’institution et l’usiige, » la différence n’y est pas grande. Platon appelle » indifféremment les uns et les aultres à la société » de touts estudes, exercices, charges et vacations » guerrières et paisibles, en sa République; et le » philosophe Antisthènes estait toute distinction * entre leur vertu et la nostre. 11 est bien plus aysé » d’accuser un sexe que d’excuser l’aultre(2). • Élevées sous la même règle, sous la même discipline que les hommes, formées par les mêmes enseignements et éprouvées par les mêmes exercices, soumises à la même loi , appelées aux mêmes honneurs , les femmes seront classées désormais suivant leur mérite , et non d’après leur sexe. Elles suivront les soldats à la guerre , et leur présence
(1) Plat., p, 452 01 si|(J.
(2) Montaigne , E était , III, di. V.
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animera les guerriers. Elles siégeront dans les tribunaux , et leur modération conciliera bien des différends : elles partageront le gouvernement de l’État, et leur douceur calmera les passions politiques. Toutefois, comme les femmes sont presque toujours, et en toutes choses, plus délicates que les hommes, il sera nécessaire d’avoir égard à la faiblesse de leur sexe , dans les fardeaux qu’on leur imposera (1 ).
Les femmes ne vivront donc plus enfermées dans le gynécée , comme chez les barbares, et étrangères au commerce de la société ; les deux sexes se trouveront partout réunis : et le législateur aura soin d’assortir autant que possible les caractères semblables. De ces rencontres fréquentes et de ces relations sociales naîtront des inclinations mutuelles. C’est une loi de la nature et une nécessité invincible; non pas « une nécessité géométrique,
» mais une nécessité fondée sur l’amour, dont les » raisons ont plus de force pour entraîner, que les ■ démonstrations des géomètres (2). » Mais souffrira-t-on que les unions se forment au hasard, se nouent et se dénouent à l’aventure ? Faudra t-il tolérer ce mélange honteux, cette promiscuité impure? Non, car ce désordre souillerait l’ÉtaL Les magistrats y mettront obstacle par une défense expresse et rigoureuse ; et ils s’attacheront à former des mariages (3) aussi saints que possible. Mais
(1) Plat . |). 457. (I, b, c.
(2) Ibld., p. Ù58, a, 6, c, d.
(3) Ibid., P* 459, a. Yd^iou; Upo’j; èt; 6ti{xd^iTrx. J.*J. Rousseau,
pariant de Platoti , était rn droit de dire : « Je ne parle point de cette pré«
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il ne faut point laisser dépérir et dégénérer la population de l’État; et il importe que les générations qui se succèdent croissent en vigueur et en intelligence , au lieu de s’énerver et de s’abâtardir ; l’État favorisera donc de tout son pouvoir les unions des citoyens d’élite dans les deux sexes, et tâchera d’écarter du mariage ceux qui sont disgraciés de la nature. Les magistrats surveilleront avec vigilance le choix , et même le nombre des couples , de peur que la population de l’État ne s’accroisse au delà des bornes tracées par ses ressources ; de peur que la communauté ne devienne impraticable dans une nation trop nombreuse. Comme il serait dangereux de froisser ouvertement les désirs des particuliers, et d’étouffer leur indépendance, ces mesures seront tenues secrètes; et l’on usera d’adresse et de tact, pour forcer, sans violence apparente , les volontés particulières. Les adolescents des deux sexes se réuniront souvent aux fêtes publiques. Là seront rassemblés les époux futurs, et ils seront unis sous les auspices des magistrats. On interdira les mariages hâtifs et précoces : il ne faut point que les enfants soient engendrés avant la maturité des époux, ou dans leur vieillesse. Le fruit de ces commerces funestes sera réputé illégitime, né d’un concubinage flétri par la loi (1). Les parents seront déclarés coupables de sacrilège , parce qu’en engendrant un enfant dont la naissance est une œu-
» teixliic communaiiti^ de feinnies, dont le reproche tint répété prouve que . ceux qui le lui fout ne l'ont jamais lu. » ( /•'mile.)
(1) Plat., P 460, 0 , 6,r, <i
DK l’unité nationale.
vre de ténèbres et de libertinage , qui n’a été précédée ni des auspices, ni des prières publiques, ils obligent l’État à une cruauté. L’État en effet ne peut adopter les enfants illégitimes, sans favoriser le libertinage. Tout mariage légal sera une solennité publique : on fera des sacrifices aux dieux : l’union sera bénie par les magistrats ; les prêtres, les prêtresses , le peuple entier, adresseront à Dieu de ferventes prières, afin qu’il veille sur les jeunes époux , et fasse naître de citoyens vertueux , de parents dévoués à la patrie, une postérité plus vertueuse encore. 11 n’y aura qu’une seule exception à la sainteté du mariage (1) (ici Platon emprunte à la cité de Lycurgue une de ses plus étranges lois (2)) ; quand un citoyen se sera distingué par quelcjne service éclatant , il pourra choisir une femme qui lui ressemble : par ce moyen l’État s’enrichira de nobles rejetons, et la lignée des grands hommes se perpétuera dignement dans la République. Un tel système a pour conséquence fatale la nécessité d’abandonner les enfants qu’une disgrâce de la nature rend tout à fait impropres à servir l’État. C’est en vain que le législateur entoure de précautions mystérieuses cette repoussante coutume, admise, il faut le dire, par l’antiquité tout entière, et, chose plus étrange, acceptée sans réprobation, comme nécessaire à l’État, par des philosophes tels qu’Aristote et Platon (3).
( 1 ) Pial., p. ûGO, O, b, Cy <t.
(2) (le /.ycuryuc , X\IX, XXX, .\myot. p. 392.
(3) Plat-, p. 661, by c . — .Arislole, I!. 100.
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Tous les enfants reconnus par l’État seront considérés comme un trésor commun; la République devra pourvoir à leur éducation. La famille ne sera point détruite , mais étendue , élargie : l’État ne sera qu’une seule famille. Dès l’instant de sa naissance , l’enfant est enlevé à ses parents et porté au berceau commun. On pourvoit avec sollicitude à ses premiers besoins; sa mère même peut venir l’allaiter. Parvenu à l’adolescence, il reçoit une éducation vigoureuse, apprend à servir son pays, et lui consacre sa jeunesse. Enfln lorsqu’il possède toute la maturité de la raison et de l’expérience, il devient magistrat et consacre, à faire respecter la justice, une vertu dès longtemps éprouvée. Il vit donc plus heureux que les athlètes couronnés aux jeux olympiques. Il remporte une victoire plus belle et une palme plus glorieuse, puisque le salut de la patrie y est attaché. A sa mort, il laisse une mémoire vénérée: la patrie adopte ses enfants, et lui décerne des funérailles splendides (1).
L’unité de l’État serait chimérique sans cette unité de règle et de discipline : Sachons l’établir dans toutes les parties de la République. Que l’amour du pays préside aux relations sociales et consacre dans les rapports des citoyens , comme dans l’éducation et les mariages, le culte du bien et de la vertu. Pour que l’Etat forme une seule famille , nous voulons que les enfants et les parents s’ignorent les uns les autres; mais il ne faut pas que, par
(1) l'iat., p. /lüj. iiüO, 407.
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des méprises involontaires , les citoyens outragent la piété filiale et la tendresse fraternelle , ou contractent des unions incestueuses. Les enfants d’une même génération seront donc considérés comme frères et soeurs , et les jeunes gens devront vénérer les vieillards comme leurs parents; par là l’incertitude de la naissance deviendra la plus puissante barrière contre la discorde et la violence (1).
D’ailleurs où trouver des éléments de discorde quand personne ne peut rien posséder en propre? Tous les biens ne sont-ils pas en commun? Le territoire et ses habitants , les champs et les moissons, le citoyen et sa famille, l’ârae et le corps, appartiennent à la patrie, qui ne s’approprie toutes les ressources que pour en faire jouir ses enfants avec plus de justice et de sécurité. Le pauvre et le riche sont assis à la même table ; ou plutôt , il n’y a plus ni pauvre ni riche : l’Etat possède seul la richesse, et pourvoit par les repas publics à la subsistance de tous. Laissons quelques égoïstes se plaindre que nous ayions diminué leurs jouissances : ils ne voient pas que la part de chacun en devient plus durable et plus assurée; mais dans les États où le riche ne possède le superflu qu’en privant le pauvre du nécessaire , rien n’égale la vivacité de ses jouissances, si ce n’est leur fragilité (2).
« Le plaisant dialogue du législateur de Platon » avecque ses citoyens (3) , fera honneur à ce pas-
(1) Plat., p. 461, b,c, d.
{'2) Ibid., p. AG/ii a, c, d.
(3) Ibid., p. 923, a, b c.
DE l'unité nationale.
> sage , * comme dit Montaigne , au chapitre des Essais où il blâme les testaments , et condamne la folle manie de faire t ces triages extraordinaires. »
« Comment donc, disent-ils, sentant leur fin pro-
• chaîne, ne pourrons-nous point disposer de ce
> qui est à nous à qui il nous plaira ? . . . . Â quoi
• le législateur respond en cette manière : Mes
> amis, qui avez sans double bientost à mourir,....
» moy qui foys les lois , tiens que ny vous n’estes » à vous, n’y n’est à vous ce que vous jouissez. Et » vos biens et vous, estes à vostre famille, tant pas- » sée que future ; mais encores plus sont au public- » que et vostre famille et vos biens. Parquoy, de- » peur que quelque flatteur en vostre vieillesse ou
• en vostre maladie , ou quelque passion vous so- » licite mal à propos de faire testament injuste, je » vous en garderay : mais ayant respect à l’intérest » universel de la cité et à celuy de vostre maison , » j’establiray des lois, et feray sentir comme de » raison que la commodité particulière doibt céder
• à la commune. Allez vous en joyeusement où la » nécessité humaine vous appelle. C’est à moy, qui » ne regarde pas l’une chose plus que l’autre, qui » autant que je le puis, me soigne du général, d’a- » voir soucy de ce que vous laissez (1). »
Ainsi, pour établir dans l’État cette immuable unité qui peut seule en assurer la grandeur, Platon s’efforce de détruire tous les germes de division qui naissent du caprice individuel. L’action du gouvernement est languissante et timide; aussi voyons-
(1) Hontaigne, Euait, 11, chap. VIII.
DK L’CNITÉ nationale.
nous régner l’anarchie dans les fonctions sociales , dans le mariage , dans l’éducation , dans la propriété. Le désordre est dans les fonctions sociales,
' par l’injuste domination d’un sexe sur l’autre; les femmes, reléguées dans la vie privée, sont pour ainsi dire en dehors de l’action des lois ; dispensées de tout service public, elles ne peuvent consacrer au pays ce qu’elles ont de force, de talent , de vertu. Le désordre est dans le mariage que profane la licence des passions individuelles; chacun prend pour règle sa fantaisie ; les unions se forment au gré du hasard, unions précaires , mal assorties, qui 'Sont impuissantes à assurer le bonheur domestique et laissent insensiblement dépérir les générations. Le désordre est dans l’éducation d’où dépend tout l’avenir de l’État, car la jeunesse est abandonnée sans contrôle à l’ignorance, à la faiblesse, et parfois à l’immoralité des parents. L’État devrait veiller avec un soin jaloux sur tous ces enfants qui deviendront hommes, sur ces adolescents, futurs citoyens d’une commune patrie : et l’État manque à son devoir, abdique son droit, et par sa coupable négligence, compromet les destinées nationales. Où est cette direction commune et féconde qui devait inspirer à tous l’amour du pays et les vertus dont la patrie a besoin pour se maintenir grande et prospère? Élevés au hasard et à l’aventure, les uns dans la richesse et le luxe, les autres dans l’indigence et les privations ; ceux-ci dans l’étude , au sein de la science, ceux-là dans l’ignorance et la barbarie , tous sans croyances communes , ils se trouveront un jour en présence, différents de ca-
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raclères, divisés par les mœurs et les habitudes, plus semblables à des ennemis prêts à se combattre, qu’à des citoyens unis pour le bien public. Enfin le désordre règne dans le travail , et dans la propriété qui en est le fruit ; tandis que les uns s’énervent dans l’oisiveté , les autres succombent à la tâche : quelques particuliers peuvent à leur gré tarir les sources de la richesse publique ; on tolère la scandaleuse disproportion des fortunes, l’iniquité de l’héritage qui livre souvent des biens superflus au plus incapable ou au plus indigne , tandis que le citoyen probe et laborieux manque du nécessaire : partout triomphe la cupidité , l’avarice , la concurrence égoïste et insatiable , et la cité est en proie à tous les fléaux qu’entraîne cette liberté déréglée.
Comme ces désordres sont nés d’un vice commun , Platon leur oppose un remède unique : la souveraineté énergique et absolue de l’État, qui, pliant à ses lois, au nom du bien public, tout ce que les États mal gouvernés livrent à la licence des volontés particulières, étend son pouvoir et sa protection sur les femmes , désormais citoyennes comme les hommes; règle les mariages; domine l’éducation ; répartit le travail ; enfin dispose seul de la propriété , et pourvoit sans effort aux besoins de tous, en nivelant les fortunes privées. Le législateur ne laisse rien au hasard : toui est prévu , tout est réglé par la loi dont les décisions sont souveraines et inflexibles, la puissance absolue, l’empire illimité.