‹ De la politique dans ses rapports avec la morale, essai sur la République de PlatonChapitre 27 sur 36 · LA VIE FUTURE · texte numérisé non relu

LA VIE FUTURE

suivre leur bien, en un mot, conduire les citoyens à leur fin.

Or, on a vu plus haut ce qu’il faut entendre par là.

Les matérialistes qui veulent maintenant enfermer la société dans le soin de sa conservation , prétendaient alors lui donner pour principe unique les besoins matériels des hommes. Nous avons montré qu’il existe à côté de ces grossiers désirs , des désirs plus relevés, non moins impérieux, non moins légitimes , et que la société doit satisfaire aussi bien que les appétits matériels de l’homme : instincts du cœur, qui sont le lien sacré de la famille et de la patrie; instincts de la conscience, qui dans ses joies, dans ses remords , réclame une sanction morale placée hors du caprice des passions humaines; instincts de la pensée , qui aspire à la perfection , poursuit ardemment la vérité, la beauté, la justice absolue , qu’elle ne trouve qu’en Dieu.

A ces nobles tendances de l’âme humaine correspondent autant de devoirs que 1 homme isolé ne pourrait remplir.

C’est ce qui rend la société nécessaire , obligatoire, indissoluble, pour l’individu, puisque là seulement sa volonté, placée en présence de tous les devoirs qui constituent notre destinée, peut librement opter entre le bien et le mal, et revendiquer ce qui fait la grandeur de l’homme , la responsabilité dt; son choix.

De là les devoirs de la société non point envers, elle-même, mais envers chaque citoyen.

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