‹ De la politique dans ses rapports avec la morale, essai sur la République de PlatonChapitre 28 sur 36 · SANCTION DES LOIS DOMAINES · texte numérisé non relu

SANCTION DES LOIS DOMAINES

Si l’iDdividii a besoin de croire en Dieu, sans qui l’ordre , le bien , la morale , ne se peuvent concevoir, il faut que la société croie en Dieu. Couvrir du nom sacré de tolérance et de liberté des consciences le scepticisme avoué d’un gouvernement qui se proclamerait supérieur à toute croyance, c’est-à-dire athée et matérialiste, ce serait glorifier l’impiété.

Si l’homme a besoin de croire à l’immortalité de l’âme , si sa conscience et sa raison repoussent l’idée du néant , il faut que la société ait foi en ce principe, auquel est attaché le salut de tous ses membres ; qu’elle agisse conformément à ce dogme, pour le rappeler à ceux qui l’oublient; qu’au lieu de traiter les citoyens comme des êtres périssables, voués à la destruction et au néant, elle songe , en les gouvernant , à leur destinée immortelle.

On nous dit que les lois humaines se bornent à protéger l’existence et la sécurité de l’État : on veut voir là comme une profession de matérialisme faite d’un concert unanime par toutes les sociétés établies; c’est méconnaître le vrai caractère du fait qu’on invoque.

Pourquoi les lois positives n’atteignent-elles (jue les actes extérieurs qui troublent la société?

D’abord, parce que la justice humaine , ignorante et fautive , se sent impuissante à se substituer à la justice infaillible de Dieu. C’est l’intention qui constitue la faute : or qui peut s’assurer de lire dans le cœur de ses semblables? Quel tribunal ne tremble en prononçant ses arrêts? Quel juge

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