I.A VIE FDTURE
faute préméditée (1), apportent tous leurs soins à démêler l’intention du criminel et le but du crime, et dans la mesure de ce qui est possible à l’humanité, proportionnent la peine à la gravité du délit.
Ainsi lesobjections que l’on empruntait au prétendu matérialisme des sociétés humaines tombent devant les faits et s’humilient devant les principes: le droit public n’est plus un vain mot , la conscience publique une chimère, les vertus publiques une convention. L’État, créé non pour lui-même, mais pour ceux qui le constituent , destiné à servir l’accomplissement de leur destinée, peut et doit comme eux prendre pour devise le dogme de l’immortalité (2). Que s’il se borne au soin de sa conservation , il marche à son insu vers la décadence , par l’abaissement et la dépravation de ses citoyens.
On nous répondra que la vérité elle-même ne saurait être imposée par la force , que l’État ne doit jamais contraindre les convictions et violenter les consciences. En effet , ce n’est point ainsi que le principe de l’immortalité de l’âme veut être introduit dans la politique (3). En cela, comme dans tout le reste, la loi ne peut être que répressive ; «on
(1) Plat., p. 862, a, b, c, d.
(2) « Les sociétés liumaincs naissent, Tiveiit et meurent snr la terre; mais elles ne contiennent pas l’homme tout entier. Il lui reste la plus noble partie ile lul-mémc , ces hautes facultés par lesquelles II s'élève à Dieu , à une vie future, à îles biens Inconnus dans un monde invisible. > (Roycr-Collard.)
(3) • Il ne suffit pas que le législateur, debout au milieu de la cité, me- ■I nace quiconque refuse de rruire à l’existence des dieux.... sans joindre la » persuasion à la force, n (Plat., p. 891, a, b, c, d.)