SANCTION DES LOIS HCMAINES
droit et son devoir est de frapper ceux qui mettent la société en péril, parce qu’il n’est pas juste qu’un seul entrave la destinée de tous, en troublant l’ordre social , instrument nécessaire de la destinée humaine en ce monde. Hors de là la liberté de l’homme est chose sainte et inviolable, et pour consacrer dans l’État les dogmes qui doivent lui servir de sauvegarde , il n’est pas besoin de violence.
L’éducation, plus puissante que la contrainte, tournant de bonne heure les jeunes esprits vers les plus pures doctrines, fera pénétrer dans toutes les âmes les grandes leçons de la morale éternelle , par la voix éloquente des grands génies de tous les pays et de tous les siècles. Dieu , l’immortalité de l’âme, le libre arbitre , telles seront les croyances qui domineront l’éducation nationale; et les maîtres chargés d’instruire la jeunesse placeront avant toute connaissance la science de la destinée humaine et des devoirs de la vie.
Les institutions porteront l’empreinte des mêmes principes, supposant partout un avenir meilleur dont cette vie n’est qu’un apprentissage. On ne souffrira pas que la Constitution du pays proclame la volonté du peuple infaillible , supérieure au droit et à la justice: funeste égarement d’une multitude enivrée de sa puissance jusqu’à oublier que les individus qui forment le peuple sont destinés à paraître un jour devant Dieu.
On effacera de la législation toute pénalité qui refuse au coupable la liberté de se repentir et de réparer ses erreurs: l’autorité du châtiment repose
LA VIB POTURE ,
sur le seulimeDt du devoir, qui est commun à tous les hommes ; toute punition doit être un acte expiatoire , un retour à la loi morale , avec le regret d’avoir troublé Tordre et méconnu les voies de la Providence. Les criminels ne seront donc point traités comme s’ils devaient après le supplice tomber dans le néant ; on leur laissera le moyen de se purifier pour mériter la vie éternelle.
Au lieu de favoriser le culte des intérêts matériels , qui enchaîne la pensée de l’homme aux choses terrestres , aux biens de ce monde , au lieu de dépraver les citoyens pour régner par la corruption , ceux qui gouvernent s’appliqueront à élever les âmes, sans craindre d’éveiller la passion de lali- ' berté. La démocratie serait sans péril , et la liberté sans excès , chez un peuple moins oublieux de sa destinée , moins asservi au culte du bien-être et des jouissances matérielles.
Enfin , le gouvernement agira selon la morale et les lois de la justice éternelle , et la politique répudiera pour jamais les artifices des Machiavel : ce n’est pas assez de reconnaître , de proclamer les principes: il faut les respecter et les mettre en pratique.
Depuis Tailleur du Contrat social on a répété souvent que « le but des institutions politiques, » c’est de diriger les hommes vers la justice qui est • à la fois le bonheur public et le bonheur privé ; » que le fondement unique de la société civile , » c’est la morale ; que toute la science politique se » réduit à mettre dans les lois et dans Tadministra- » lion les vérités morales reléguées dans les livres