‹ De la politique dans ses rapports avec la morale, essai sur la République de PlatonChapitre 33 sur 36 · SANCTION DES LOIS HUMAINES · texte numérisé non relu

SANCTION DES LOIS HUMAINES

* des philosophes , et à appliquer à la conduite des » peuples les notions triviales de probité que cha- » cun est forcé d’adopter pour sa conduite privée. » Noble théorie, que les prétendus disciples de Rousseau n’eurent point la force de suivre et de pratiquer pour eux-mêmes.

L’habileté des hommes d’État qui prennent le fait pour le droit, et laissent fléchir l’autorité des principes , est un don fatal pour un pays : placés au faîte de l’État, tous les yeux sont fixés sur eux, et le spectacle de leurs injustices altère profondément les mœurs publiques. Si ceux qui gouvernent ne se montrent scrupuleux etiucorruptibles , on voits’abaisser le caractère de la nation : le pouvoir devient suspect ; le peuple qui se défie de ses chefs refuse bientôt de leur obéir, et se précipite dans la carrière périlleuse des révolutions. Des désordres stériles, des collisions sanglantes, des luttes sans issue, voilà ce qu’il faut attendre d’une politique réprouvée par la morale et par la conscience publique.

Malheur au pays où les citoyens seraient en droit d’excuser leurs fautes privées par l’exemple des magistrats , et de répéter cette plainte éloquente d’un de nos plus austères orateurs (1) contre un pouvoir avili :

« Le gouvernement , au lieu d’exciter l’énergie » commune , relègue tristement chacun au fond de » sa faiblesse individuelle. Nos pères n’ont pas » connu cette profonde humiliation. Ils n’ont pas

(I) Royer-Collard.

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