I.A FORCE ÉRIGÉE EX LOI SOCIALE
leur, explique, coinnie un bienfait pour rhumanité, ce malaise qui révolte les esprits matérialistes , et contemple avec sérénité , comme une épreuve temporaire, les désordres , les iniquités de ce monde. Mais quand on mettrait en regard des tristes conséquences du matérialisme les perspectives plus belles que le spiritualisme ouvre à l’humanité , que faudrait-il en conclure? Qu’il est à souhaiter, sans doute , que la première doctrine puisse être convaincue d’erreur, et que la seconde soit conforme à la vérité ; mais tant qu’on n’aura pas ruiné sans retour les principes de l’une , rigoureusement démontré les principes de l’autre , on ne saurait rien inférer du contraste que nous avons fait ressortir. Si, par malheur, le matérialisme avait un fondement légitime , il s’ensuivrait seulement qu’une fatalité cruelle pèse sur l’homme , et que sa destinée est misérable : il nous faudrait accepter comme un fait cette dure nécessité.
« Montre nous donc, ô Socrate, s’écrient les dé- » fenseurs de ce système , ce que la justice est en » soi, si tu veux nous réfuter véritablement. Prouve » que la justice est le plus grand bien , et l’injustice » le plus grand mal de l’ème. Et puisque tu veux » que chacun de nous, devenu pour soi une senti- » nelle vigilante, se défende de sa propre injustice, » ne te borne pas à dire vaguement que la justice » est préférable à l’iniquité , car on ne nous avait » appris jusqu’à ce jour qu’à nous garder contre » l’injustice d’autrui (1). «
(1) PUl , p. 367, Uf r.