T.A FORCE JÉRIGÉE EN LOI SOCIALE
Socrate craint que la tâche que ses amis lui imposent ne soit au-dessus de ses forces; mais l’amour de la vérité l’emporte : il ne trahira pas la cause sainte qu’on lui confie : « Souffrir que l’on attaque » devant moi la justice, et ne point la soutenir » tant qu’il me reste un souffle de vie et assez de » force pour parler, ce serait une impiété. Je dois » la défendre de toute ma puissance (1). »
La lutte va s’engager, et le prix de la victoire est immense, puisque les destinées de l’humanité sont en jeu.
Par cette brillante exposition du matérialisme , Platon a rendu nécessaire l’exposition de sa propre doctrine : rien ne pouvait amener plus heureusement , ni faire ressortir avec plus de force cette politique élevée, où la souveraine sagesse qui fonde le bien s’opposera à la folie du hasard ; la force invincible du droit , aux désordres et aux maladresses de l’injustice; et la promesse de l’immortalité au néant, espérance dernière de l’athée. On s’explique aisément que Platon , après avoir déjà triomphé des contradictions du système matérialiste , ait cru devoir l’entourer ici d’un nouveau prestige , et relève son adversaire, pour lui présenter de nouveau le combat. Si le matérialisme est encore aujourd’hui le plus dangereux de nos ennemis , que devait-il être aux yeux de Platon , avant que le christianisme eût passé sur le monde? Nous l’avons vu , depuis , professé avec un funeste éclat par Machiavel, et glorifié par les plus grands politiques sous le nom.
(I) Plil., p. 3«8 , f, d, e.