‹ De la po©sie descriptive ou discoursChapitre 11 sur 12 · LA SOIRÉE D AUTOMNE · texte numérisé non relu

LA SOIRÉE D AUTOMNE

a Le pâle flambeau funéraire de l'automne s eteint auprès du cercueil du jour. A travers les branches dépouillées des sapins gémit tristement le vent du soir.

» Des fantômes vaporeux glissent sur cette mer de brouillards qui couvre les marais. Le son à demi étouffé d'une cloche arrive du cloître lointain.

» Les bois tressaillent de mélancolie , lorsque le vent agite la cime des arbres. Sur le tissu noirci

Der Herbstabend.

Hespers bleiche Trauerkerze Lodert an des Tages Gruft.

Durch der Kiefern ode Schwârze Saust so bang die Abendluft.

Dunslige Pbantome gleiten Auf des Moores Nebelineer,

Und ein halb verwehles Làuten Tônt vom fernen Kloster her.

Schwermulh scbauert dnrch die Haine, Wenn der Wind die Wispel regt,

des feuilles desséchées, la mort a gravé son image.

» Comme la lune après l'ouragan , l'image du Sauveur me sourit. Au fond de la prison de l'âme scintillent des rayons aussi doux que l'aurore.

"Jusqu'à ce que la mort libératrice l'arrache aux sombres lieux de son exil , un noble cœur sait supporter l'orage avec une constance virile.

» Emporté dans sa barque fragile par les flots en furie , l'homme fort tient toujours hardiment le gouvernail, jusqu'à ce que sa barque se brise et que les flots l'engloutissent.

Auf des dûrren Laubes Draune Hat der Tod sein Bild gepragt.

Lunen gleich nach Ungewittorn

Lacht mir dos Befreiers Bild, Und durch Psychés Kerker zittern

Stralen, wie Aurora mild.

Bis den Nebeln der Verbannung

ReUend ihn der Tod entreisst Sleh, mit knifliger Emiannung,

Jedera Sturm des Edeln Geist.

Wenn er, selbst in morscher Barke, Durch der Flulhen Aufruhr schwebt,

HeiTscht am Sleunr kiihn der Slarke, Bis die iJrandung ihn begriibt.

» Une mélancolie inerte a-t-elie jamais modifié les plans rigoureux du destin? Ferme et fier, l'homme digne de ce nom reste à son poste et brave les coups du sort. »

En général, les productions de Matthison se font remarquer par une connaissance exacte des eff"ets de la nature , par le goût vif et le sentiment vrai de ses beautés , joints , dans le poète , à celte pureté et à cette noblesse d ame que de telles qualités font presque nécessairement supposer. Mais si l'auteur remplit bien le cadre du genre , il n'en recule pas les limites ; et l'on chercherait en vain dans ses écrits , même au degré que ce genre comporte, cet éclat d'imagination , cette force et cette étendue de conception qui , soit en ramenant vers un même centre la diversité des phénomènes , soit en tirant d'un même fait une inépuisable variété d'idées , semblent partout fournir au poète un point d'appui pour s'élever dans les airs.

Wandie tliatenloses Trauren

Je des Scliiclisals ernsten Plan?

Fest, mit Hochsinn auszudauren,

Trotz dem Scliiclvsai, weiss der Mann!

On trouve dans le recueil des poésies de Kosegarten, un grand nombre de pièces destinées à célébrer le spectacle de la nature. Ce poète se fait remarquer, même au sein d'une nation que caractérise l'existence de ce penchant , par cette disposition à la mélancolie et à l'enthousiasme désignée en Allemagne sous le nom de Schwœrmerei ; et celte même di sposition est partout empreinte dans sa manière de considérer et de peindre la nature. Les images physiques des sens attirent le poète , mais ne le retiennent pas longtemps ; et bientôt il n'en fait plus que le symbole des sentiments qui remplissent son âme. Heureux s'il joignait à cette sensibilité vive une puissance de réflexion capable de donner à son activité un but et un aliment ! Mais la poésie de Kosegarten manque de force et de soutien , et le vague oîi elle se perd n'est trop souvent que du vide. Nous citerons comme exemple du genre qu'il semble avoir adopté , le morceau suivant dans lequel le poète, en peignant le coucher du soleil , rend avec bonheur, et par la nature du rhylhme et par la succession des images, l'effet calme et majestueux de cette scène :

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