Id., Qiuitrièmf rédi, t. II, p. (K
i. Id., Troisième récit, t. II, p. 105. S. Id. Mi>ine piiff.
280 POTBRIB OAULOISE.
Elle est accusée d'adultère, Rikulfe lémoigne contre elle, on assemble un syQode. Les évoques abandonnent le clerc Rikulfe au bras séculier, mais on réclame pour lui le bénéfice de mansuétude.
Prédégonde essaye sur son corps tout ce que peut supporter ud homme sans en mourir. Depuis la troisième heure du jour jusqu'à la neuvième, il reste suspendu à un arbre par les mains liées derrière le dos, après on l'étend sur un chevalet, puis on appelle toute la bande des soldats désœuvrés qui traînent dans le palais, et à tour de bras, on frappe le pendu Rikulfe avec des bâtons, des verges et des courroies mises en double.
Leudaste, le grand accusateur, est pris plus tard, le roi le livre à Frédégonde. Celle-ci réfléchit, songe la nuit, cherche dans sa pensée quelque chose d'inconnu qui puisse contenter sa vengeance.
Leudaste est blessé, on le guérit, mais la gangrène s'est mise dans la plaie, il faut se hâter. On arrache de son lit le moribond, il est étendu sur le pavé, la nuque appuyée sur une énorme barre de fer, puis un homme armé d'une autre barre le frappe sur la gorge, jusqu'à ce qu'il rende le dernier soupir i .
Deux femmes sont complices d'un de ses beaux -fils. Il y a des maléfices dans la chose. Frédégonde fait saisir les deux femmes, la mère est mise à la question, la flUe, concubine de Clodowig, est serrée dans les deux moitiés d'un pieux fendu, que l'on dresse devant le logement de son royal amant.
Le prince continue à nier le complot fantastique, on le trouve le lendemain à Noisy avec un large couteau empoisonné dans le cœur >.
Que de sang. Dieu tout-puissant, que de sang dans cette sublime cour des rois de France !
Clodowig, ou Clovis, si tous préférez, est devenu vieux, mais il rêve l'unité salique : les Allemands ont toujours dans la tête une unité quelconque. Sighebert est l'héritier présomptif du royaume de Chloderik, son père. Clovis lui écrit : — « Voici que ton père est vieux et qu'il boite de son pied malade (il avait été blessé à Tolbiac) : s'il venait à mourir, son royaume t'appartiendrait de droit, ainsi que notre amitié. »
Sighebert fait sortir Chloderik dans la forêt de Buconie, et des meurtriers en finissent avec le roi des Ripuaires.
u Mon père est mort, écrit Sighebert, envoie-moi quelqu'un, je te
i. Voir pour le sopplioe de Ri1mir<i le Cinquième réeil, p. KS, et pour celui de Leudaste, le Sixiènu récit, p. SU, t. II.
a. M,, Septième ricit, p.SU et lie, t. II.
OBSTA DBI PER FRANCOS. 381
remettrai ce qui te plaira de ses trésors ». — Clovis dépêche ses gens; on ouvre les coffres, — « Plonge ta main jusqu'au fond, cherche s'il ne reste rien ». — Sighebert se baisse et son crâne et sa cervelle roulent sur l'or des grands coffres. — » Hélas 1 s'écrie Clovis, pauvres peuples sanschefd, voulez-vous de ma protection?»— Et Clovis est élevé sur le bouclier et devient roi des Ripuaires.
Hararik avait jadis, vingt-quatre ans auparavant, refusé de suivre Clovis dans sa guerre contre Siagrius. L'époux de Clotilde fait prendre Hararik et sonlils, les tond, infamie pour des chevelus; le père devient prêtre, le fils, simple diacre. — u Le feuillage coupé sur un arbre vert repousse au renouveau », — dit le Ois, Le roi fait couper la tête aux deux tondus. Le peuple d'ilararik acclame Clovis dans le mal des Franks.
Itaghenaher, h Cambrai, mène une vie d'une luxure efiMnée, les anlnations* de la cour en rougissent. Clovis donne aux antrusttom des bracelets et des brtudriers d'or^. Les Icudes livrent Raghenaher avec son frère Rikher, les mains liées derrière le dos. — « Pourquoi t'es -tu laissé enchaîner? dit CIodowig.Tu es la honte de notre race, n — Et il lui fend la tète d'un coup de hache. — « Et toi, pourquoi n'as-tu pas défendu ton frère? » — Et il frappe Rikher de sa francisque sanglante,
« Je crois qu'il ne me reste plus de famille, s'écrie l'hôte du palais des Thermes. — Pourtant...» — Et il assemble ses fidèles. — « Malheur h moi, dit-il, qui suis comme un voyageur parmi les étrangers, n'ayant pas de parents qui puissent me secourirsi l'adversité me venait. » — H Et il parlait alusî par ruse, dit Grégoire de Tours, pour découvrir s'il avait encore quelqu'un des siens de survivant et le faire tuer '. >■
Ces monstres ont fait des petits. Clothilde les élève; un jour, on lui envoie une épée et des ciseaux, — » Plutûtmorts que tondus ■>, s'écrie-t-elle, et Clother saisit le Tils de Glodomir, jette l'enfant h terre et lui plonge son couteau dans l'aisselle; avec lui se trouve Htldebert, l'autre oncle, dans ses jambes se cramponne un second enfant, le bar* bare se prend à pleurer. — « Tiens, je te donne ce que tu voudras, mais
.1. Convive* du roi.
2. Cet ur êtttil du cuivre dor£. Après l'événement, lei nobles leudM a'eir aperçurent et s'en pltignireal i Clovis. Le roi leur répondit :— Celui qui TansM u Toi enverq son chef et le livre de bs propre volonté 11 Umort, mérite de recevoir du Taux or pour récoropente.
3. Histoire il^ Frnnce, de Henri Martin, t. 1, p. 1 57 rf suk'.
S82 POTERIE OAULOISB.
ne tue pas celoi-oi. u — Glother écume de rage, le pauvre petit corps est lancé en l'air et reçu sur la poîate du glaive.
Puis les rois remontent à cheval et font une course à fond de train, pour se remettre, jusqu'à Boissons. J'en passe. 11 faudrait transcrire toute l'histoire des origines de la dynastie mérovingienne. Gesla Deiper Francos < .
Et ce sont là les ancêtres de la nation 1
Ah ! qu'ils avaient bien raison, les pétitionnaires de 17S9, de demander que l'on renvoyât dans tes marais de la Franconie tous ces bourreaux et leurs sicaires. Ah ! qu'ils avaient raison de réclamer le nom pur do Gaulois, ces revendicateurs de la vieille race celtique.
Oui, nous ne sommes pas de ce sang, nous autres, jamais aucune attache ne nous a. liés à ces Germains maudits, sacrés par le ciel et les pontifes trcmbleurs, pour lesquels nous avons encore dans le fond du cœur une haine que rien ne pourra jamais éteindre.
1, Histoire de FVnnce, de Henri Martin, l. Il, p. 9 eituiv.