DISPARITION KT SOUMEIL DE L AUT GAULOIS. 2S
Dieu s'est ressouvenu de vos iniquités. Vos crimes sont montés jusqu'à lui.
Vous serez traités comme vous avez traité les autres.
L'abîme ! l'ubime ! voici l'abîme I
Et les chevelus se signèrent et prirent grand'peur.
Lo jugement avec le feu, la flamme, le fer rouge, les tenailles et les couleuvres dévorant des chairs vives.
L'on mil!
Ceci arrêta les monstres, mais en même temps les erts s'éteignirent, un grand sommeil s'empara de l'humanité dans cette immense nuit provoquée par toutes ces traverses sans nombre.
Tout est moi-t, un grand linceul couvre au loin la terre attristée.
Plus tard, au douzième siècle, survint la Renaissance, rentùssance entièrement gauloise, uous l'avons indiquée plus haut, qui absorba complètement l'élément germanique et parvint k en faire sortir la nU' liona/iié française.
Lorsque l'on parcourt les galeries du Louvre, dans les salles des esquisses des grands maîtres, parfois l'on s'arrête, étonné, devant un simple coup de plume de Raphai'l, un crayon de Rubens, une sanguine de Michel-Ange.
L'esprit rêveur on s'en va, l'œil encore plein de souvenirs: ici c'est un pun de robe traînante du peintre de la7or^on</;,'plus loin, une main fine d'Holbein; ailleurs, la bouche souriante d'une femme de Léonard, ou le regard pensif d'un jeune homme de Lorenzo di Gredî.
Un rien vous a ému.
Ah ! c'est que, devant ce pan de robe, devant cette bouche, devant cette tête, il a peut-être rêvé, lui aussi, le grand penseur des ilges écoulés, il a peut-être pleuré, aimé peut-être, et dans ce simple carton, sa pensée, son rêve, son amour se développent, et vous les resscntczavec lui, et vous rêvez, vous pleurez, vous aimez avec lui.
De même quand on se passionne pour la simple profil d'un vase, dans ces petites lignes on retrouve tout un monde disparu. Le Frank, grossier, lourd, barbare, sauvage, soulève le cœur; le Romain, régulier, mouleur, soldat, ami des jouissances brutales, vous fait honte; le Gaulois enfin, fou de nature, délicat, chercheur, amant des grands bois, des plantes suaves, des fleurs odorantes, vous réjouit.
Ceci est le pourtiuoi de ce livre.
Après avoir maoic pendant bien des jours ces modestes débris des potiers d'argile d'auti'ïfois, nous nous sommes senti pris d'amour pour
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eux. Noas avons cherché à les faire connaître à leurs descendant. Nous avons essayé de réhabiliter ces dédaig^nés, qui furent les seuls pères de la IVation,
Fort de la parole d'un savant, nous y avons tnis toute notre ftmo, croyant fermement avec lui que, pour celui qui sait voir, comprendre et sentir,
L'Histoire de l/l céramique est l'histoire de l'huuamtë tout
ENTiâRE.
La ri-habilitation de la race gauloise, tel a été l'unique but de cette étude.
Lorsqu'aux jours bénis de notre enfance, il nous arrivfùt d'atteindre, dans nos courses, un de ces grands Menhirt qu'ont semés les ancêtres dans la terre de Bretagne, nous demandions souvent à ceux qui nous accompagnaient: «Mais qui donc a planté là ces pierres?» Et l'on nous répondait : a Des hommes grands, mon ills, des hommes trèsgrands, des géants. » Et nos mains caressaient les petites plantes ver- ' dfttres qui tapissfùent le Peuloan, cherchant comme à découvrir, audessous de cette mousse sèche et dure, le signe de la grifTe de l'homme grand, la marque du géant sur le granit.
Le vent soulevait les feuilles mortes et faisait gnncer les branches des chênes. La bruyère de la lande se courbait sur la terre aride. La llcur d'or étiucelait dans les genêts, et les iragues au loin, gravissant les rochers rouges, jetaient au ciel des flots d'écume blanche, en ajoutant aux soupirs du vent je ne sais quelle note immensej sonore, majestueuse, qui laissait notre jeune âme dans une inexplicable rêverie.
La terre grande et imc, le bois sombre, échevelé, la mer énorme,
20S l'OTERIB OADL0I3E.
profonde, insondable, l'Océan sans bornes et des hommes grands remuant des pierres colossales !
Plus tard, dans nos promenades do collège, nous nous arrêtions assez souvent près d'une petite borne qui se cachait dans la fougère, le long d'un fossé de terre élevée, sur laquelle on lisait :
IMP. CAES
PIAVONIO
VICTORINO