‹ De la poterie gauloise;Chapitre 16 sur 107 · Rig Veda, IV, p · texte numérisé non relu

Rig Veda, IV, p

LE REPAS FUNËDRB. 49

Et l'on chantait aa mort :

Il toi, va trouver la terre, celte mère large et bonne, toujotav jeune.

u Qu'elle soit pour toi douce comme un lapis moelleux.

« Terre soulève-toi; ne blesse point ses ossements; sois pour lui prévenante.

Il Couvre-le comms une mère couvre son enfant d'un pan de sa robe.

a Que la terre se soulève pour toi; que sa poussière t'enveloppe mollement.

H J'amasse la terre autour de toi, je forme ce tertre ' pour que tes osse-

(( ments ne soient point blessés, que les Pitria gardent cette tombe; que

H Yama creuse ici ta demeure. »

Plus tard, lorsque la veuve quinc voulait pas, après la mort de l'époux, Il prononcer même le nom d'un autre homme, » viut, omËe de bagues, couronnée de pierres précieuses, s'appuyant au bras de son frère, ae coucher & côté du mort, sur le bûcher, et saisit au milieu des flammes, dans un baiser suprême, de ses bras blancs pleins de vie, la tête froide du cadavre de son mari *,

Les brahmanes continuèrent la tradition du Sraddka.

Ce fut au milieu des bois, dans une clairière silencieuse et solitaire, au bord d'un humble ruisseau, que la famille indienne se réunit alors; assis sur des sièges de gazon, couverts d'habits blancs, lisant leurs saints livres, les brahmes, parés de guirlandes de âeurs, accueillaient le mendiant à cette table sainte et le chef de famille élevait la voix vers les ombres chères, qui planaient au-dessus des vivants.

On mangeait des lentilles noires, do la chair de poisson, des gâteaux de riz, on buvait dos liqucin^ parfumées, puis commençaient les chants.

<c Lève-toi, pourquoi dors-tu? me voici arrivé tw ton ordre, moi Bharata. Il D'où vient qu'autrefois, à mon retour de quelque pays éloigné, tu me fai- « sais monter sur ton son, tu me donnais sur le front un baiser, lu mecom- « biais des caretset de ton amour, et pourquoi, dans ce moment, ne m'adresu ses-tu pas la parole ?

1. Od voit pu M tette que le tertre étui dam l'Inde plus rïeux que le bbchw, que riDhuniation précéda la crématioa.

Voir, sur le ttupa, les tumuli et les topes de rindnuataii, le chapitre XXII de M. Feydeau: (Jtagei fanéhrea dti peuples anciens, t. I, p. 393, et U chapitre VI, t.I,p.2!l.

3. Voir, dans Diodore de Sicile, liv. XIX, XXXIV, ta dispute dta femme» de GéléuB, la triomphaate immolation de la plus jeune, « ipeotacle qui excita dans toute l'armée autant de pitié que de louanges, u p. 258. Loc. dt.

OO POTERIB OAULOTSB.

« Pourquoi ne pnrles-tu pas, mon père, à ma mère gîte voici ? « Pourquoi t'en vas-tu? pourquoi no-is as-tu délaissé* '?

Chez les Hébreux enfin, lorsqu'on avait porté les corps sur des lits couvOTtsd'aromates et de parfums, jusqu'à la vallée de Josaphat, lorsque la foule, revêtue de vêtements sombres, île front co'ivert de poudre, avait murmuré des chants funèbres et brûlé devant le mort des plantes odoriférautos, on rentrait au logis du défunt, on rompait le pain ensemble, on buvait dans la coupe de la consolation ', on faisait la banquet avec toute la multitude et alors s'élevait une voix triste qui psalmodiait langoureusement :

— Devant le sang des hommes tuis'.

Devant ta graisse des héros ,

L'arc de Jonathane n'a jamais reculé en arrière; Le glaive de Schaoul ne revenait pas vide.

— Schaoul et Jooathane I

Aimables et agréables pendant leur vie, Non séparés dans li mort.

Plus agjtes que des aigles, Plus forts que des lions t

^ Filles d'hraël.

Pleurez sur Scliaoul

Qui vous revËtait d'écarlate,

Vous bisait vivre avec délices,

Qui surmontaitde parures d'or vos vAlenenls.

1. Râmdyana, i. lit, p. 19G et bdîv. Histoire des usages /Uitibres, de M. Ernett Peydeftu, t. I, p. 34S.

Le^ brahmanes, qui Boubsitaienl aui miaee, comme les Celtes, de ne pns retonmer daut le oerate des Iransmigralions, de ne pas renaître dans un autre monde, mua d'aller directement dans Ica mondes 61crneU, où sont ceux qui assurent la sicnnti dei peuples, p. 293, amiincclaienlauBHÎ sur le oorpfl Us vases du saorillce. P. 337.

2. Jérimie, chap. XVI, p. 1. Et non frangent inier eoa lugenli panem ad consûlandum tuper mortito: et non dalianl eis potum talicis ad consolandum super pairt suo rf maire.

Bibliasaera. l-W^ndccffifinnû. Parîaiia, GautLier, t. II, p. 60Si

3. Lft Bible traduite par Cali eu, Samuel, III, 80. Bmesl FeydeaD. Loe. eit.

LE REPAS FUNÂBRE. 51

— Comme les héros qui eodI tombés dans le comtwtj

JoiuUune, but tes hauts lieux blessé à |mort.

Je suis dans la peine au sujet do loi,7onatiiane mon père.

Ton amour pour moi Tut eitrème. . .

Comme ils sont tombés les héros

Et diqtersés les foudres de guerre * .

En Gaule, lorsqu'on avait porté jusq^n'au tertre d'abord, jusqu'aux

mu par la suite, le mort couvert d'un grand drap blanc, qui flottait

au gré de la brise *, lorsqu'on l'avait couché, la face tournée vers le

1 , Ja ne puis rétîiler an déilr de rapprocher de os chant oompléitmeDt «ïental dei renelB dss chanta de mort en mage chez les bardea. La parenté est tellenwDt flagrante dana la tonroure, dans le Usa, du» les images, qu'il est inulile d'io^ter dartntage; le lecteur en jugera:

J'ai nt ls> ohevtDX bUnca d'toiusa.

Du MD^JiuqD'aui dsni genoux,

Dnul ruuul du grand flii d'Erbin.

..... Le ail da Pibo ns recala janub.

LortqiM le Hug coaltil, comoM du ient* il Uuahiit

Lm gagrrkra. U ae reonla Jamaii.

■— C'iUil 00 aigle poiaHnt, briTe, gantreui,

Ud poonoinat leajottr* Tiinquaur,

Kaadelaa, •ugliar ïohc«, Uod belliqnaoï.

O OrwtB I to Mai* l'aigla qui l'alut

A ramboashon dea flaoTSi.

— Laru-Tovi, jeun«a flU«i, et ragardet le pe^ de Kiodolau,

Kndelan, la cœur mainteDant frofd,

Qui pcodigout Is carvoiia de True

Blaneba Freet, las [rères que lu aTtia, Qund ila entnndaieol la cri de gnarr«,

— La «allé de Kaoïlelao ml xiiiibre cetU unil.

Quand ja peina que dea planchai noirea

Preiaent la chair da Kendetaa, le eliet de oaol amiéea.

le* Bardes bretons, pur le vicomte Ilersart de la Viliemirqué. Paria, Didier, ISM. ^ Patsim, Chant de mort de Ghereot, Qla d'Erbin; ohant de mort de Kendelann Bla ds Kendrouen.

S, Solpiee Sévère, Vila lancti Martini, c, 9. — ta retigion des Gauloù, Urée de ploa pore* sourcea de l'antiquité, livre V, cJiap. II, t. Il, p, 314. — Dom Martin.

52 POTEItlK CAULOISK.

soleil levant, ayant à son côté ili-oit sun glaive, à sa gauche ses lances et son bouclier, revêtudcsisayc brillantc,leeou orné de son collier d'or

on de bronze ciselé, les bras garnis do ses bracelets, la taille entourée de aa ceinture d'anneaux, on posait doucement près de lui les vases

rig. i*. Vue de (erre noirllni, uns urni^mtnt, rcii.lMlù, [si;i>nnû ï la main. Hautour, Il cantimètrei, lerecur, (0. - N» 9 du C^ilaluguo.

qoi devaient contenir sa part du repas {fig. 33, 34, 33, 36), sur sa poitrine la coupe qu'il ^imait(/î^. 51,52), à ses pieds des urnes pleines (/îy. 37, 38, 39, 40), dans sa main le baume qui guérit les blessures '.

ParfoisTépousemontraitauprêtre son Rcin blanc et lui disait: «Frappe là, vois comme il frémit, mon cœur, frappe, » et l'on ne séparait pas le

LE REPAS FUNàHRE. 53

chef de famille de sa chère compngnc. Parfois les dévoués venaient la main dans la main, se tuer pour partir avec le chef, et l'on ne séparait

Fig. 3!t- Vue it terre m qna le hw. lUolenr, ' CatalogDfl.

pas les dévoués de leur compagnon d'arme^:. Puis on rentrait dans la . hutte solitaire; autour de la table ronde se groupaient les vieillards;

derrière eux, debout, se tenait le premier rang des servants d'armes, la lance au poing, et plus loin le second, le bouclier peint sur l'épaule.

54 FOTKRIE OACLOIGÈ.

Autour de la table basse circulait la coupe, les plats se SDCcédaieatt apportés parles serviteurs, le banap, rempli de nouveau, se passait de

Tig. 37. Vus 1 coonnai ta lam noirUn, omé de nie ntoUtioa uD* MitC). Htalsur, tO ceotimètn*, lugear t

à coDMFTtr ta tarre grina

UNËBRB.

main en main ' , puis, touché de l'Awen, le barde prenait sa rote suapendue à la solive de la demeure jadis pour lui si souvent hospitalière ^i-s'écriait :

Fig. 3«. VtM t«iiuiirt«r«iilsrr« jannii Cl«ra>ODl-Fnnni], n> Il du Calalo^ne.

otifxe, 8. — PnneD«]K« Albano

1, PosidoDiui. CitépapAmédéeTbieiTï. Histoire det Gaulois, 1 1, p. lOBetniit-

« A Guened, j'ai vu couler le sang et les cadavres devant les armes ef les hommes rouges de sang devant l'assaut de la mort.

« A Guened, j'ai vu les l'perons d'hommes qui ne reculent pas devant la peur des lances, et qui avaient bu du vin dans des coupes brillantes.

« Ils étaient légers, les coursiers sous les cuisses de Morvan, hauts sur jambes, nourris d'orge, impétueux comme le feu des broussailles sur les montagnes désertes.

<i Ils étaient légers, les coursiers sous les cuisses de Morvan, hauts sur jambes, rouges, impétueux comme des aigles bleus.

« Et son corps délicat et blanc sera couvert d'épais gazons, de mottes de terre surmontées d'un signe,

« Malheur à moi, le fils du Brenn csl tué,

'I Et son corps délicat et blanc sera couvert de pierres choisies.

« Malheur à moi, à quelle chute étais-je destiné ?

« Elle est triste, cette nuit, Eurzcl ; ù Guened, a été tué son frère.

« Elle est triste, elle est dans la douleur, Eurzcl privée du chef de l'année; à Guened, a été tué Morvan.

«Silence à toi, souHIe dupotitc, lisseront rares les chants d'éloge. Morvan n'est plus.

« Que tu es sombre, salle du Lech', quel silence règne autour de toi, plus de compagnons, plus de cornes circulant dans ies banquets. morti prends-mot vite.

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