I.E RBFAS FUNÉBBB
« Qoe tu es sombre, salle du Lcch', accou tu mi^c jadis aux acclamations des grands chefs, aux concerls des bardes, aux cris des guerriers.
«La ronce, l'ortie, Tépine et la mousse envahissent le foyer, il n'entendra plus, autour de la table, le bruit de l'épée terrible de Morvan I mort! prenda-moi.
« foyer, plus de cervoise dans les grands vases, plus de gardiens près de ta flamme, plus de chants sur ta pierre bénie.
«Morvan est mort, ô mort ! prends-moi '. »
Puis l'on se séparait pour se réunir plusieurs fois en souvenir des trépassés.
En Gaule, l' ensevelissement, le convoi, le festin, tout était oriental.
Où il y avait une telle parité d'idées, d'usages, de coutumes, comment s'étonner de trouver identité de forme, de galbe, de tournure dans les vases funèbres ?
Tout ce qui est tradition du peuple proprement dit reste inébranlable et persistant dans les races '.
Et croyez-vous qu'il faudrait chercher encore bien loin, pour retrouver vivaces en France ces usages des temps passés?
Suivez cette longue file de Femmes noires, au capuchon replié sur ta face, qui soi! de cette ferme du pays do Léon et s'en va par la vallée mystérieuse, derrière un cercueil revêtu d'un immense hnceul blanc qui Hotte à l'air, commo celui qui vit autrefois Sulpice Sévère.
Suivez ce cortège d'hommes grimpés sur de petits chevaux an poil fauve, qui descendent par la lande sauvage, enveloppés dans leurs immenses manteaux bruns, les cheveux au vent, l'œil attristé regardant devant eux la bierre qui chemine attachée sur la croupe d'un cheval ou traînée dans une petite charrette tendue de noir.
Le soir, vous les retrouverez assis près du foyer, faisant le grand ser-
1. Ift Bardes bretons, par le vicomte Heraart da la Vilismarqué. Paris, Didier, 18U0. — Piissm.
3. s N'ayez pou dédain do la poterie ta plus grossière, dit Jonchim Lclewet, qui, itant uailÈ du peuple, n'en est que pliia persistante dans ses type», »
{L'nrlde terre chez les Pailevins, do M. benjamin FJIIon. Préface, H.)
Les enseignes dos boutiques de nos petits marchandn sont \k foar prouver la persistance do ce> traditions. Od sont ù prisent VArlire-Sec, VOrme-Snint-Geroaii, la Porle-Morilmarlre, la Puih-qui'-parle, la Gmitge-Bateliére, la Harpe-du-roi- David, et tant d'autres? Où sont les neigea d'antanT Qu'il survienne nn Ilaussoiann, tout disparaîtra croyci-vous. Revenez cent ans après et lisez renseigne qui porte bonheurvous ; retrouverez au-dessus de la boutique le souvenir de tout cela conservé malgré tes boule versemeDls, les changements et les transformations. Ah ', oroyei'le bien, tout passe, mâme les gouvernements, et la tradition ne se perd jamais ; elle a ses racines dans le sol, dans le peuple.
58 POTERIE OAUT.OISE.
vice; là trois beltkt, n invités d'une manière honorable, » selon ]es prescriptions du Veda, porteront bonheur h ce repas. Écoutez les pauvres, nous sommes dans l'Inde.
« Comme j'allais à la fontaine puiser de l'eau, le rossignol de nuit chantait d'une voix douce.
H Heureuses les jeunes filles qui meurent au printemps !
n Comme la rose quitte la branche, la jeunesse 'quitte la vie.
«Heureuses les jeunes filles que l'on couvrira de fleurs nouvelles! «
Et les pauvres prennent place à la table.
<i Et ces âmes qui, dans les clairières du Scorfou de l'Ellé, comme dans celles de l'Indus, « sont aussi nombreuses et plus pressées dans l'air que les feuilles flétries tlans le mois noir.j>
Baratha répandait, aux pays d'Orient, la libation sainte qui rassasiait l'Ame de son père.
Jamais, au jour du dimanche, le Breton n'oubliera d'aller répandre l'eau sur la pierre qui recouvre «son monde n etud^ comme il dit.
Et que de chants tristes, pour les morts, depuis celui du frère de laît avec son paradis de jeunes filles qui dansent sous des arbres chargés de pommes jusqu'à celui de la fiancée de la mort, qui passe cent ans à écouter la chanson des oiseaux dans un jardin couvert d'ombre.
Et l'on viendra nous parler après cela de bûchera à'mtrina de Pyra,. d'urnes cinéraires, de lacrjmatoires, de combustion, de balsamaires, de columbarium et A'unffuenlaria.
Des cendres, encore des cendros, et toujours des cendres.
Et les dieux mftnes, et les Parques, et Caron et sa barque, et quand nous prononcerons le mot de festin funèbre, et d'inhumation, un sourire railleur épanouira les figures, et l'on nous jettera à la face le cremabantur de César.
Nous répondrons simplement: Non I l'usage de briller les morts n'était pas général en Gaule. On a découvert nombre de cimetières antérieurs à la conquête, en Allemagne, en Champagne, en Armorique ', oïl sont enterrés les cadavres avec leurs vases, leurs coupes, leurs armes.
Pourquoi o'a-t-on pas pris jusqu'ici plus de soin de toutes ces choses ■ ? On en découvrira bien d'autres, si l'on veut, à Parie, en
1. Les MvantB du Morbihan ont tatme cru devoir donner h celui du la pointe d« Quiberan un nom oomplélement anglais. Ob! les savants!
2. Si l'un avait classé leB vases trouvËa dans oes dUTtrenta olmetières, la question