Etpril de la Gauie, p
POTERIE 0ACLOI8E.
§ 11. SoHiiinii : — La Coupe ao mojen ftge. — Les dtevaliers de la Coupe. — Peredurde Cornousille. — Peronik de Bretigne. — Parceval des HinDeûngers, — Peiceval le Gallub. — Li Coupe des Akalis au Peojab. — La Ccupa & l'OiieDt.
Le moyen âge, cette nuit épaisse, formée de deux obscurités réunies Rome et la gothique Germanie, chercha à détruire le symbole de la coupe. N'y pouvant réussir, il le transforma, comme il avait fait de la plupart des croyances celtiques; comme il avait fait des fontaines, du culte des arbres, du respect des pierres levées, de l'amour des cercles bénis, de la dévotion des hauts lieux.
Le Bassin de l'immortalité devint pour lui le Graal.
Mais, sous la couche épaisse étendue sur ce Graal, un œil exercé reconnaît facilement la coupe antique. En grattant un peu du bout de l'ongle, on la retrouve pure encore, malgré son nouveau travesUssemcnt.
La quête duGraal est la grande^'préoccupation des chevaliers errants; les plus illustres se glorifient de porter le nom de chevaliers de la coupe.
Ils s'appellent Peredur en Comouaille insulaire, Peronik en Cornouaillc de France ; Pereeval le Gallois dans le roman de Chrestien de Troyes; Parceval, père de Lohengrin, dans le minnesinger Wolfran d'Eschenbach '.
Peredur du pays de Galles, après d'incroyables prouesses, dans la vallée ronde, sur le mont des douleurs, dans le palais du roi des tortures, à la cour de la dame des exploits, Peredur, après avoir eu pour compagnon et frère d'armes, Etlim, rouge épée, comte d'Orient; après avoir combattu des gucrriors noirs portés par les squelettes de chevaux, fait rencontre d'une fille aux cheveux noirs bouclés, montée sur une mule fauve, dont le visage et les mains sont plus noirs que le fm, qui lui donne un talisman, avec lequel il bat l'Avank (crocodile) de la
1. Le radical Per qui m retrouve dans lus diSérenU noms de ms ohavalien, vont dire BD lan^e celtique ; buain, coupe.
LA COUPE DE l'immortalité. 79
caverne et qui lui jette en réponse à une promesse d'amour infini ce dernier cri de rendez-vous : « Qaandtu mudras me retrouver, cherche-moi du cité de tinde I »
Peredur poursuit sa course à travers le monde, tuant des géants, poorfendant des dragons, massacrant des sorcières, heurtant de sa lance le seuil de tous les châteaux, délivrant des princesses, dont il refuse la main, » n'étant pas venu là pour se^marier, m traversant des déserts, chassant des cerfs qui portent au Eront des cornes aiguës comme des poignards, recevant l'hospitalité dans des moulins, comblant de richesses les meunières auxquelles il envoie: coupe d'or, corne de dragon, cruche merveilleuse pleine de vin fin, régnant avec des impératrices, détruisant des armées entières, et cherchant partout, sans en trouver, des nouvelles de la fille noire,
Enrin le (Ils d'Evroch du Nord arrive près d'une vallée, où habite un cavalier, vêtu à'habits de prêtre. Ce cavalier l'arrête dans sa course, le bénit et le retient une nuit, un jour, un autre jour et une autre nuit et lui indique le chemin du Château des merveilles bâti au milieu d'un lac. C'est là qu'il devient possesseur de la coupe ot de la lance et atteint de la sorte le faîte de ta renomma humaine K
Dans le conte armoricain Peronik qui est un idiot', c'est-à-dire <i qui a les pieds dans ce monde-ci et les yeux dans l'autre,» prend en croupe, sur son poulain noir, une dame vêtue de satin noir, n dont la figure est jaune comme celle d'une mauresque » et qui s'appelle la Peste.
Dans ce mémo conto, c'est la dame jaune, qui tue le géant, et les portes d'argent du souterrain s'ouvrent devant la fleiu- qui rit que tient à la mùn l'innocent.
La lance de diamant tue tout ce qu'elle touche, et le bassin rend la vie aux morts dès qu'on l'approche de leurs lèvres. A la fin du récit, Peronik épouse la fille de l'empereur des Sarratins et donne à tous ses fds des royaumes en Orient *. '
Dans le poème de Wolfram, te Graal gartU dans un temple splendide
1. Lea Romani de la Table ronde, pu M. Hersart de 1» Villemarqué. Paris, Didier, 1BG0, p. 140 et Buiv.
i. Les idiots en Bretagne sont l'objet d'une et|iëce de culte. Ils vivent entourés de la vinératiou du peuple. Tont le monde connaît l'Iiîstoire de Salaun, lu tuu du bois, et la légende du lis, qui sortit de sa bouche aprts sa mort et motiva la construction de la magniiique église qui porte aocore son nom : Foi goat.
3. Le Foyer breton, par Emile Souvesire, édition L«vy, IS3B, t. II, p. 137
Difiitizftdby Cl OOQ le
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a pour serviteurs des prêtres armh. De lui s'exhale la vertu qui donne la gloire éternelle. Il se couvre par instants de caractères de feu, visible» pow ceux-là seuls qui miritent de les lire. Parceval « qui a deviné Dieu, au spectacle de la nature, » Parceval, le voyant, le fils d'Herzeloïde, l'époux de Conduiramur, bat le païen Peirefiz dans un combat où les âmes se mettent de la partie, délivre Aufortas en lui arrachant du cœur la lance enchantée, conquiert le Graal, u source immortelle de salut, b et parvient enfin « au royal sacerdoce de la coupe » '.
Dans le roman &ançtÙ8, le bassin est devenu le paropslde dans lequel le Seigneur fait la cène avec ses disciples. Catino ille vel paropside in quû Dominvs canavit cum discipuiis suis, La lance qui pleure est celle avec laquelle Longus perça le sein du Christ, mais tous les deux conservent des propriétés parfaitement orientales.
Flg. M>. Gcops pl«t«, ds lern ooirllre. — PrOTtDuiM Vmderiiiourt (Mtni«|, D« 61 du Citilogut
La ooupe de Parceval donne la sagesse, découvre la science de l'avenir, les mystères du monde, le trésor entier des connaissances humaines.
Elle guérit les blessures mortelles et rend muets ceux qui sont initiés à ses mystères, Tatiesin dans sou chant bardique, dît de même après les oârémonies de son initiation : n J'ai perdu la parole, net Peredur, après avoir déclaré son amour h la belle au teint brun, Angarad à la main d'or, lui promet de ne parler à âme chrétienne avant qu'elle n'arrive à l'aimer par-dessus tous les honunes. A la cour d'Arthur et de Guennivar, on l'appelle le jeune muet. On sait que le secret était le fond de toutes les religions primitives.
La sainteté du Graal est un mystère qui ne peut être expliqué en langue humaine sans que les quatre éléments soient bouleversés, le ciel fondu, l'air obscurci, la terre ébranlée, l'eau noircie, car il est la vie de la vie. Parceval le Gallois ayant conquis le Graal, grftce aux indications d'un prêtre, devient roi, puis il abdique, se fait prêtre à son tour, et Kuporte le Graal dans son ermitage.