‹ De la poterie gauloise;Chapitre 30 sur 107 · Magasin pitloreique, t. IV, 1836, p · texte numérisé non relu

Magasin pitloreique, t. IV, 1836, p

fâ POTERIE GAULOISE.

la divinité par leurs pratiques et leurs pieuses coutumes, chaque contrée, je Vai traversée, mais je n'ai tu nulle part la vérité divine, h

Entre chaque verset on répète la formule : < Succès au Gourou, victoire au Gourou, set l'initiateur s'écrie : « Cette boisson est le nectar, c'est r«au ikta vie, boiii-la . »

Le disciple vide la coupe et se laisse asperger par la boisson' préparée de la même manière.

Lance, coupe, temple d'or, bassin d'immortalité, prêtres guerriers et voyageurs, eau divine, vie de la vie, tout n'est-il pas semblable dans ces traditions?

Que dire devant une telle analogie ? Que dous sommes encore plos orientaux qu'on ne le pense ; que chez nous le religion de'la natwt et de la vérité est restée permanente au-dessous de tout ce qui est venu s'implanter sur elle, et que bien des initiés modernes, au lieu d'aller chercher pour patron SaJomon le Biblique, et pour temple celui de Jérusalem, pourraient se réclamer des Celtes, leurs vrais aïeux.

Eux aussi, ne sont-ils pas les Enfants de la coupe ?

LBl GRAND ŒUF SACRÉ

§ I. SoHMAiBE : — L'Œuf du scarabée égyptien.— L'CEaf dans le raahabarsta et dans les peintures indiennes. ~,L'(Euf sortant de la bouche de Cneph Plha itabtVttor.— L'CEuf cbez les Phéniciens. — Explication de l'(Euf onguimim de Pline. —L'Œuf des Grecs.— L'Œuf des Japonais. —La légende de QuGaTden et de la belle Cieiz Viou [milieu de l'ceuf). — Les Œufs de Pftques en Perse.— Les Œub de Piques en France.

L'œuf semble partager, avec la coupe dans les reliions orientales et par coneéqueut daos la religion gauloise, le privilège de symboliser la renaissance et la génération. C'est ce qui explique, sans doute, comment, chez ces races diverses, les potiers tinrent à s'inspirer, pour la forme de leurs vases de cet œuf que des traditions saintes rendaient presque sacré. {Fig. 57, 58 et iwB.)

Dans la contemplation de la plante, l'homme avait trouvé jusque-là toutes les formes de ses symboles, l'expression première de son art; mais une chose dans la seule nature végétale restait pour lui comme insaisissable : le pollen emporté dans l'air par le soufQe léger du vent, disséminé dans la nature par des milliers d'insectes, qui, voltigeant au-dessus des fleurs, le répandaient partout; le pollen impalpable et fécond, ne se laissait pas prendre, saisir et toucher par sa main. Au-dessous de ces plantes, de ces fleurs, de ces feuilles, sur la terre elle-même, sur le limon desséché du Nil, ses regards tombèrent sur une petite bestiole qu'il avait vue voler aussi dans les airs, prendre le suc des plantes; qu'il avait rencontrée comme l'abeille ou le papillon, toute couverte de ce pollen errant de tige en tige, humant la semence et la transportant çàetlà.

L"Ëgyptien, qui devait mettre aux mains de ces dieux le fouet aux trois anières, destiné à diriger, à exciter cette semence idéale à laquelle,

84 POTERIE OAHLOIse.

dans ses mythes sacrés, il mêla, par l'imaginatioD, la semence humaine elle-même, l'Égyptien vit cette bête former, de ses deux pattes de devant, une façon d'œuf tout garni de fange ; il la vit transporter sur l'arène, cet œuf, objet de tous ses soins, l'enterrer dans le sable etmourir auprès. Puis, quand le soleil revint pour féconder la terre de cet

r- S7. Vu» d8 tmo imirifrB, orné do cleiii lone» <io raits, l'ona CToitA», l'«oi™ ■implanuin Uiqag, pnlood reUef. Bsulenr; lï oODUmètreg, Urgeur, 14 »ntiiiièU«L— FcoTHium BiTir, » t' da CaUlogot.

œuf OÙ s'était opérée la transformation delà larve, sortit un belii aux ailes transparentes, qui étendit, sur les bords du fleuve sacré, sa parure étincelantc et s'envola tôt après dans les nuages.

11 fit du scarabée l'image de la création.

On Btùt le rôle qu'il joue dans la mythologie des Pharaons. — Le scarabée rayonne sur les frontons des temples, et partage, avec le vautour de Neith, autre symbole de la génération* et le disque ailé flanqué

]. Le vautour, dans Ia croyaii>:c àos l^^gyptti'iia, ne comptait aucun mïle de aon espèce. — Pour devenir fécond, il s'exposait, aolon Horapoilon, & l'eoUon du vent du nord; du veal du midi ou de l'es), seion ^lien; sa geataUon durait cent viogt jour*. — Il noarriB»ait ces petite cent vingt autres jours, et se préparait h une nou- Telle gestation pendant cent vingt jours encore. Les cinq jours ipagomèna, il les employait ï l'acte de son exposition au vent.

U était donc le alsoe de la producUon inQualle.

LE GRAND ŒOF SACRE. g5

d'orœus l'honneur de décorer les frises des pylônes de Kamac et de Thèbes*.

H est la poitrine d'Ammon ; il pare la gorge sereine d'Athor, la nourrice des êtres ; il vole sur le sein de Tiphé, la déesse du ciel ; il est la tête de Thré, créateur du monde, et dirige la barque de Tho, dont la nom est Univers*.

I. Le plafond de la porte triomphale du sud, i. Kamao, est omâ d« dli-hult vautour».

Quant aux dlftjueB ailés et aux Bcarabées, Ils mot lanombrableB dans le* monnroents qui Doua resteol,

3. Voir la D^ure paothée d'Ammon. Fant/téoit égyptien de Champolllon, p. IS.

Tiphé. — Uranle, déeeae du ciel. Idem, p. Si.

Thré on Tboré. — Une des émanatiouB de Ptha. — Idem, p. 2S.

Tho. — Créateur et directeur. — Idem, p. 39.

86 POTBRIB GAULOISE.

Toutes les religions primitives ont, à l'aurore de leur mythologie, un œuf.

Le Mahabarata dit : « Au commencement, dans ce monde inférieur, privé de lumière, enveloppé de tous côtés de ténèbres, était un grand auf, germe impérissable des créatures,.., xigne grand et divin dans lequel sont, dit-on, la vérité, la lumière. Brahma, Veaence étemelle, admirable, incompréhensible, répandue partout également : eau$e mvmble, ayant en elle-même ce qui est et ce qui n'est pas . ' »

Lespeiotures indiennes devaient représenter Brahma, àtète de soleil, les bras levés au ciel, au-dessus d'un teu/" entouré par wn lerpenl, fécondant Maia, la douce femelle à l'œil calme *,

Chez eux, de la bouche du dieu créateur sortaient trois rayons ' qui produisaient, au-dessus d'un œuf entr'ouvert, ou figurait encore un terpettt, le bien, le mal et les deux premiers êtres de la création terrestre *.

1. Le Mahabarata, pu Ph.'Ed.Voaotut. Paris, Banjimm Duprat, 4BB2, p. 7. Oate épisode* Uréi de ce poème épique. — TraduiU pour I* première fois du sanscrit en fraosais.

3. Inde, pu XftWer Raymond, planche 2. Paris, Didot, MDCCCXLV.

3. Parmi le* coutumes tiardiques encore eiislantes, ces trois rayons, placés absolument de la même roQon que les trois rayons de Brahma, figurent eomme signe au-deaaoui de l'œit dont qoiu avoua parla plua liAul.

Voir le Voyage au pays de Galles. Loc. cit.

t. Inde, par Xavier Raymond, plaucba 3, idem.

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