‹ De la poterie gauloise;Chapitre 31 sur 107 · LE GRAND (EUF SACRE · texte numérisé non relu

LE GRAND (EUF SACRE

L'Égyptien Ht sortir de la bouche de Cneph une des Formea d'Ammon- Ra, le dieu par excellence, un ceitf a qui coutenait la matière dont devait se composer le monde visible et l'organisateur, l'ouorierde cette

Fig. SU. Qniid TUe de Iflm grin mate, arnanHDt en faaille* de foiigin, dui 1m deni iddw cnoi peu acMnluéii. Hauteur, IT centimètran, l&rgeur, U ceotimètret. — Pmeotnce B(Tiy, D" 33 da Calalogoe.

Petit nue da terra rouge taaoé, mat fraet«. Hauteur, 11 oentimètrsi, largeur, S esntimètrai. ProTBDUiw CûlogDe, a" 93 du Catalogue.

matière, Ptha, l'esprit crAi^^ut-ac'i/', l'intelligence coordinatrice, qui, dès l'origine des choses, entre en action pour accomplir l'univers en toute vérité et avec un art suprême'. »

t. Les GreoB ont bit de Ptha, HephûstOe, Vuloain. Cette imltatioa décolorée, comme l'appelle si bien Cb«mpollion (p. (25, Lettres f Egypte et de Nubie), ouvrier de minte, mais ouvrier mÉprigê par des dieux trUlOcrstee qui le chaeseot du ciel &

Us représentaient Gneph, le père de Ptha, daaa leurs bas-reliefs mystiques, sous la forme A' an serpent, comme dans l'Inde'.

Et alors ils l'appelaient, esprit vf^na, souffle qui anime le monde.

Les Phéniciens, de même, adoraient l'être suprême sous cette étrange figure du serpent et symbolisaient sa création, son œuvre par un œul sacré, germe premier de la nature entière ••

lelëeg t r£b*uoboir. Hautaur, 18 eentimèlr», Bimy, QO H du CalBlogue.

sur, S «nlimètm. — ProTïntoea Cologne, n» 3e du CaUlogae.

coupa de pied ; triste époux trompé de Vénus, à peine bon pour fabriquer les foudrea menafaQlcB, mais lauliles du grand Jupiter.

Voir pout- rjuterprélatloQ réelle du Ptiia égyptisn le Panihéon de CliampoUion, p. 2S. Ptha (i:nuit ea mûQ l'ingtrumeDt tppelA Nilomâtre, surmonté du sceptre ï tâte de koukoupha. Plha SlabUitor debout sous un naos orné d'urcnus.

1. Panihéon de ChampollloD. Nef Doub, oouin, cneph, chnouphia agslhotlœmou.^ p. Bjflul signifie flare, offlare, pénétrant.

î. Origine de Ions les eullea, par C.-T. Dupuis. Paris, Décombre-Alonnier, 1869, p. 307.

La Religion des Gaulois, par dom Martin. Paris, Sausr^n> t. II, p. 108.

Mag. piit., t. I, 1833, p. 75.

Lli: GRAND ŒUF SACRE. 89

N'y auralt-il pas, dans cette fablo de l'œuf anguinum, que nous rapporte Pline', un ressouvenir de cet œuf de Coeph? Nous serions trèsporté à le croire. C'est, comme le fait si bien remarquer le savant bénédictin que nous citions (outàl'heure : «La doctrine des druides roulait h pou près sur celle des Phéniciens et des Égyptiens, u et comme II ils ne s'expliquaient jamais que par énigmes, » il y a tout lieu do soupçonner que le naturaliste latin « n'a pu rapporter que les dehors, dont les philosophes enveloppaient, pour les yeux profanes, les myslères sacrét de l'œuf du serpent. »

Tout nous confirme dans cette opinion ; tout, jusqu'à l'étymologie du dieu gaulois, le grand, le seul qu'ils admirent à l'origine ; Fsu$ ou ffésus, qui ne signifie ni terrible, ni sacrificateur, mais bien ntupi, esprit, s/Hrt/uî', souffle, et partant, tout aussi bien que Brahma et Cneph. — Essence de la génération*.

1. Voici en quoi conaisfait la BUpcrstîtioti de Va-at rapportée par Pline. Cet œuf qui donnait gain de causa dana loue les procès qui Taisait avoir ud libre accès auprès des rois (on voit que nous sommes en pleine décadence celtique) ; cet rauf que portaient dans Jeur sein les chevaliers romains du Daupliiné (Claude, pour cetl« raison, en Ht mfme mourir un], était le produit d'une quantité énorme de serpenta réunis, enlorlillés ensemble, au moment des olialeurs de l'été. Lorsqu'il s'élevait en l'air soutenu par les siniements des serpent*, il Tallait le recevoir dans un linge blano sans qu'il touchllt la terre, prendre un cheval et B'cnfïur ausMlôt pour échapper aux serpents Turleux, dont on n'était enfin délivré qu'après avoir passé une rivière. On faisait l'essai de l'œuf on le jetant dans l'eau où il fallait qu'il Burnascït avec le cercle d'or dont on avait soin de l'entourer.

Dom Martin, la Reiigion det Gaulois, tirée des plus pures sources de l'antiquité, 1. 1, p. 2(11.

2. Il est une Ile à l'cilrémil^ de la terre, au delli du Peu-ar-Bed, qu'on appelait Bnei Hatasa, qu'on nomme actuellement Ile d'Ouessant, dont le nom dérive de HeuBH, de Ouez, qui veut dire souffle, — Ile sous le vent, tle qui reçoit en plein le vent. Celte tle est pleine de monuments celtiques.

Il est uoe ville au sommet des montagnes d'Arrez, ville jadis fameuse, slégB de la domination romaine qui succéda à l'aulique domiiintion des chefs gaulois, qui se nomme Keraez, Carhaii, Aez, vent, soufQe, ville qui reçoit le vcnl, et certes, aussi bien que l'Ile dont nous parlons, elle mérite ce nom.

Le radical Aet, He:, flem, Oufs avec i'aapiralion an breton armoricrin, veut donc dire Bouflle, vent. Quant^à la termiusison tu elle est ordinaire dans les adjectifs qualillcatifs. Poan, peine, douleur; Poanius, pénible, douloureux; Poai, cuit; Poasiu, cuisant; S'erz, force, vigueur; Nerius, vigoureux, robuste; Aezen ou Es«n, zéphyr, exhalaison ; Aezenus ou Ezenia, qui produit le vent, qui exhale te zéphyr.

ïi'oii Etui ou Hetas, soufflant, — mtli/M, spiritas.

3. Un ^mpte rapprochement dont noua laissons aux savants l'explication complets. Dans la vallée de l'Ohio, parmi les muimmenls décrits dans le savant ouvrage

de M. Squier :

{Artdtnt monuTiunls, ofTke MUsisiipi valky . SmiUiSoniani, tmlilvtion. — Citg of

00 POTEEIB GAULOISE.

Les Grecs, ces fantaisistes, qui humanisèrent tellement leurs dieux, qu'ils arrivèrent h en faire les plus aimables des scélérats, dénaturèrent les traditions d'Orphée sur l'œuf, et ne gardèrent des données de cet initié d'Egypte, que l'œuf du cygne de Léda, que Castor et PoUux, qu'Hélène et Clytemncstre *.

Les Japonais croient encore au taureau qui brise l'œuf du monde, et ouvre, comme dit Volney, l'&ge de la création et l'équinoxe du printemps'.

Nous, en Gaule, nous avons la légende cosmogonique deHu-Gardan. En voici les principaux traits : « Koridwen, la nature engendre la belle Greiz Viou, le milieu de l'œuf, le germe, le principe de vie et le hideux Avank-Du, le crocodile noir, le dévorant, le principe de mort. Le Typhon celtique, en se jetant dans le lac des Grandes-Eaux, fait déborder le lac et la terre est submergée. Un seul couple humain échappe & l'aide d'une barque Hu-Gardan; Hu le Port, mari de Koridwen, prend ses deux bœufs et les attelle à la cogw du monstre. Ils tirent si puissamment qu'ils arrachent le monstre du fond du lac. Ils meurent tous les deux dans l'effort; mais le lac rentre dans son lit et la terre est délivrée des eaux ". »

Ceci est déjà un mythe de seconde main, mais dans ces bœuf^, dans cette coque, dans ce germe du milieu de Pœuf, il est facile de retrouver etle bœuf japonais et les bœufs de l'Egypte.

CreJz Viou n'est qu'une émanation de Koridwen comme Ptha n'est qu'une émanation d'Ammon.

Les Gaulois, qui avaient tant de respect pour la femme, devfùent,

Washington, June, IStT), It s'en trouve ud qu'il appelle The serpent (Adams Countï Ohio), où sur le «ommet d'une colline au-dcasus d'uD ruisseau, tmail run, serpente un talus de terre élevé, llgurant parrailemenl Tsiiinial qui nous occupe; l'eitrémité du reptile, h l'endroit qui doit ètru la tfite, te bifurque et embrasse, comme le ferait la bouche m£me de Cneph, un monticule de terre en forme d'œuf.

On sait que les monumcnls dont nous parlons sont remplis de haches de silei, de colliers de bronze, de poteries semblables i nos paieries gauloises.

1. Plutorque commentant le système d'Orphée ^oule, « que le théologie dea anciens rapportait à cet auf la priorité du temps et le germe de toutes les créatures. a

Page 103, dom Martin, loc. cil.

S. Les Ruines. Paris, Déoembre-Alonnier, ISG8, p. ISO,

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