S. p. IB, 1« teroure relatif k Saint-Hervé
dans la verdure des prairies des fleurs nouvelles, voyant au foud des grands bois l'églantier parsemer le feuillage de ses coroUes élégantes,
— Pronnuiiie Cologne,
Fig. Tl. Vmi«a sa l«rio p'iiMrt, omij d'una agora grotaièr* en rali«t, ippliqaée en birbotias li{aDDie à l'tbauehoir. HaatSDra, 14 tt 15 MBlimètrci ; Urggun, it et IB. — pTaT«iiin» Co logna st Ui}tn«, n" SO et 31 du Culalogtia.
apercevant au milieu des rochers gris les foagëres aux dessins réguliers, et sur les eaux des fleuves les longues plantes aux formes aigaSs et grêles, il cherclia à imiter dans ses traits naïfs et le fer de lance du liseron {fig. 73), et la symétrie de la fougère {/ig. 60), et la grâce de la rose, et la variété dits primevères. Plus tard, lorsque la vigne eut cou-
DeiiMDl«(ioD ■nalogne. Hinteara, T et B eentimètrM; e Miyanoe, n» SI M 81 du Catalogao.
vert ses coteaux de ses grappes bienfaisantes, elle devint le principal motif de toutes les ornementations des vases de ses festins joyeux.
Mais toujours dans toutes ses conceptions, le potier gaulois, dédaigneux des procédés faciles, même lorsqu'il garde les profils traditionnuls de sa race, môrae lorsqu'il cherche à figurer les visages étran-
ges * qui décorent quelques-uns de ses vases (/tg. 70 et 72), ne s'astreignit jamais au moulage banal que devaient plus tard chercher à lui imposer les imitateurs serviles de ia trop puissante Italie.
Ce qui caractérise l'art de terre en Gaule, c'est l'absence du poncif.
Vig. n, Vug ds Icrrc noire, oroà de maucbelnra MDtimllTU ; lârgaor, t5 uulicDètree. — Pronm
Vu« de Ism rons* eJur liue, gairUnde al point bua, tnnilUe ï l'èbtDeboir. Baalaar, II «dI N« » et »t do CkUlogaa.
Le Japonais qui refait vingt fois un dessin bleu sur ce bel émail blanc qui Qt tant rêver le grand Bernard 3 , le Japonais ne suit pas un
1 . Cas TiBes k DguKS étaient déjà connus à Rome, du temps de Murtisl, ooinroa particulier» & ceux que les RomaJna appeluont des Bataves. — C'était la poterie bollandaise du temps.
Suis Gguli Igioa mB penou BiUvi :
Qiia tu deridei, lise timeL, ori, paer.
Martial, 1. iiv, l«l.
S. La grande préocoupalioa de Palin; était la recherche de l'émail blnnc, a parce que j'avaie oui dire que le blanc était le foudemeot de tous les autres émaux. > (De FArt d« f«rj-e, dialogue entre Théorique et Praclique).— P. 313, ÛEuiire* complèlti de Bernard di Palùiy; Paris, Dubochet, lB4t.
Philibert Delorme, dans son grand volume ds l'architecture [Ai-cUiltclure de Philibert Delorme, eoDseiller et anmdnier ordinaire du roy, et abbé de Saînt-Serge-lea-
103 POTERIB GAULOISE.
trait posé d'avnncc : il laisse courir librement son pinceau. Moins habile, mnis tout aussi artiste, le fabricant de ces grossières faïences qui brillent encore aujourd'hui dans les dressoirs de chêne de nos fermes enfumées, trace de même sans esquisse pointillée, ces coqs à la queue jaune, au ventre Heu, h. la crête étincelante, qui, debout sur une rustique barrière, regardent passer dans le ciel des ourbeaux noirs s'enfuyant à tired'aile.
La tradition des vieux ouvriers s'est conservée dans ces villages qui, presque tous, portent des noms significatifs i, et si l'on veut se faire une idâe parfaite du mode de fabrication, de la nature du travail, de la façon de vivre des potiers gaulois anciens, il suffit de visiter eocoi'e de nos jours quelques-uns do ces villages.
On y maoic l'ébauchoir et la glaise comme aux vieux temps, et la mémo fantaisie règne chez les descendants comme autrefois chez les ancêtres.
Où trouverez-vous, en effet, plus de variété, plus d'originalité que dans les ditTérents spécimens qui nous restent de ces siècles passés ?
Et certes, ils l'avaient bien, la fantaisie de l'ébauchoir et du pinceau, ceux qui tournaient ces zones irrégulicres, qui enroulaient ces guii'landes légères, qui trouvaient ces formes si variées et si neuves {/ig. 63, C4, 69, 70), pleines d'une élégance qui prouve assez aux yeux les moins clairvoyants un état de civilisation en dehors de toutconteste.
La Gaule, ditM. Jean Reynaud, « recherchait la forme avec un goût spécial. Elle sentait la plastique avec une vivacité dont témoigne lapro-
Angers, lG4fi), cherclie de mtme l'imail blanc. — Jesn Cousin, d'iprËe les conseils de Philibert, Toil, ds son oûté, des essus merveitleui de cet émftil blunc duns ses fameuses grisaille» efAntl.
Tout noua porte ï croire que ces grands artistes avaient ea entre les maius des produits chinois ou persans, et qu'ils rêvaient la porcelaine.
Les études sur o le polissemont vitrilloalit qui procède des corps mêmes de l'argile, n dans le chapitre des Terres d'argile de Bernard, en sont la preuve. — P. 300,
I. Il y a en France quantité de villages qui sa nomment la Poterie. La plupart sont encore occupée par des Taçonneurs d'argile, et dans quelques-uns même, on fabrique maintenant des vases semblables à ceux que nous trouvons dans les tombes de Cologne et de Cbampagne. A Vannes, nous avons rcoeontré, sur la- place du marché, des poteries exposées, avec ornements en barboline, analogues^ celles dont nous parlons dans ta seciinde partie de cet ouvrage. Et quand noua avons interrogé les vendeurs sur l'usage auquel Étaient sITeotés ces vases, on noua a répondu naïvement : « Ce sont des vases ï conservor. » — Aussi nous sommes-nous hAté de I qui faisaieut l'objet de notre
LA. PBRSONNALITâ GAULOISE. 103
fusion des ornements qu'elle a déposés sur tous les objets usuels et dans nn mode qui n'appartient qu'à elle. Son style décoratif, produit naTf de son génie, ne ressemble à aucun autre. Il porte en lui-même un principe 1.9
Si donc la fautaisie dans l'art prouve chez les Japonais dont nous parlions tout à l'heure, chez les faïenciers de Nevers, de Rouen, de Strasbourg ou de Rennes, si dédaignés jadis, si recherchés de nos jours où de grands artistes se sont occupés de collectionner et de mettre en lumière leurs admirables compositions >, si cette fantaisie prouve une civilisation supérieure, pourquoi ne serait-elle pas l'indice d'un
Pig, 74. Vm« »u \Mn bUoiilis mit. OnMOUDU <at«itt «n or*u k l'ébaoabair. PtoranuiDS CologDi, n» 191 du CaUk>|M.
même degré de perfection relative aux époques cachées de notre histoire?
Qu'étaitrelle en effet, la famille gauloise, avant la brutale invasion de César?
Pendant que les Druides, « ces maîtres vénérables, h travers les magnifiques jardins que donnent & l'homme, à si peu de frais, les vieux chênes, promenaient sur les gazons diaprés les Ilots paisibles de leurs tuniques blanches '; »
Le Pâtre, les cheveux au vent, le corps enveloppé de son lenn ", chantait aux roches brumeuses d'occident les sone» des pays du soleil en conduisant ses grands troupeaux de bœuls, de chevaux agiles ou de moutons à laine noire.
1. VEipntdela Gaule, p. 127, par Jean Reyoauil; Paris, Fume-Jouret, 1S06.
£. Co1l«otioD du sculpteur Levéel, au Musie de Cluny. 3. UEfprit de la Gaule, de M. Jean Reyasud, p. 121.
1. Le manteau appela Lmn est le manteau de uos bersert. Henri HarUa, BMoire dt France, t. 1, p. 33.
104 POTERtR CAULOISK.
Le laboureur, auquel Elldud ' avait enseigné la manière de tracer le sillcm dans la terre dure, couvrait de ses moissons dorées les vastes campagnes. Et sur le bord des ruisseaux, près de la fontaine sacrée, dans la vallée silencieuse et calme, que protégeaient les grands arbres des coteaux et que terminaient, à l'horizon, les frais paysages des grèves
dentelées de rochers rouges, ou les perspectives lointaines des prés verts, la Dleuse, cette ancêtre des fées bienfaisantes des mairœ couronnées de leur opuleute chevelure, emmaillottait, selon la belle expression
1 . « Blldud, le ehenlMF (uiat homme de Cûr Dewdws), qui ■mfUon U miDière de onltiver la terre, «oseigaa aoïKioiria une meilleure métbode que oells qui âUit ooQDae auparavant, et leur montra l'art de labourer qui rigne maintenant. Le troiaième bienfaiteur, avec Hugadarn et Goll-Frewi. Voir la note but Hugadaru,
Etpril de la Gaule, de M. Jean Reynsud, p. 281.
Elldud Teut BÎmplemeat dire comme AUudd, étranger. Voir Jean Refnaud , pagB 2S8.
Bl ou àU, autre. Dictionnaire de Legonidec. Tud. Peupla. Ce qui ferait supposer que la charrue fut importée eu Oaule, Voir sur a les instrumeuts classés août le nom de bachee de pierre, et de haches de brome u, qui ne seraient que de simples oharruea, la Bévue archéologique, p. S84, octobre 1868, et but las charrues araires des lutteurs de l'esprit dans la Traascauoasie. Le voyage de M. Veresobaguine. Tour du monde, 1869; premier semestre, p. 330.
Un tYp» complet de charrue celtique se trouve traoé soua la ^and dolmen de Loemariaquer. Car les Gaulois enterraient déjï sub aicia ï cette époque, et malgré toutes les haches que rêvent les savants en us, i'ascia n'est que la houe ou la charrue, signe des travaux que le mort avût ï faire, dans ses autres transmigrations, dans les domaines souterrains A'Otiris, comme disaient les Égyptiens,
Voir Dom Martin, La Religion des Gaalois, t. Il, p. Si].
Voir les MerveiUes de la peinture, de M. Louis Viardot. Première aérie, p. 7. Paris, Hachette, 1868.
Voir Ernest Fe/deau, Hittoire des usages fltnibret, t. I, p. 2I(.
hà. PERSONNALITÉ G-AULOISE. 105
da barde, les enfants de cinq ans, c'est-à-dire enseignait la jeanesse et préparait aux âges futurs des fils dignes de leui's aïeux.
Plus baut, à la pierre même du claa, dans le Caitellic, les guerriers, que décrit avec amour le transfuge de Mantoue', «couverls d'or, ornés de saies rayées & bandes brillantes, enlaçaient à leur cou blauc comme le lait, des colliers ciselés, brandissaient dans leurs mains vigoureuses, les javelots des alpes, et, protégés par leurs grands boucliers, » s'exerçaient au maniement des armes et se tenaient prêts à défendre au besoin les leurs contre les envahissements d'un voisin trop fier de sa force. Ils protégeaient le plat pays, où se disséminaient çà et là, séparées les unes des autres par de grands espaces de terrains cultivés, les huttes des laboureurs.
Plus haut encore, l'homme blanc, le beUk, qui avait calculé à la hauteur des astres, à la longueur des nuits, d'après la route régulière de la Lune et du SoleQ, l'époque de l'ensemencement des terres, delà coupe des blés milrs, faisait jaillir le feu sur la montagne et prévenait tous ceux qu'il avait reçu mission de diriger, de mettre faucille au poignet, au mois de Gourelin, et msin à la semence au mois de la blanche paille ; de ce qu'amène la pluie du mois lans souffle ou la sécheresse du temps qui le devance >.
Puis, le belek, h son tour, recevait du grand mené du cercle des hauts lieux, par des signes convenus, les ordres du chef des cheis, Tudtad, du père dé la multitude \