‹ De la poterie gauloise;Chapitre 34 sur 107 · Au mois da juillet · texte numérisé non relu

Au mois da juillet

La faucille au poignel.

Juillet se nomme tioureiii en Vannes, ou Mezmennik ; Gorftiinan eu Qalles, Goiiéré ou Gouhiri ta Tréguier.

Pluie d'avril Remplit grange et tenll.

Avril ae nomme mis Eb Seol on Ebrel.

Et septembre, mis Guen-Golo.

Remplit caves et tonneaux.

Proverbes agricoles.

3. Loraqufl l'on étudie, «ans parti pris eolentinque et avec lai wulei IndioaUoua et icl^r^seinent* des traditions locales et d«s paireani qiii vous accompagnent, les

106 POTERIE QAOLOI8B.

Magnifique application, comme on voit, du principe républicain dans toute sa sublimité primitive. En haut l'intelligence délibérant dans an véritables assemblées de n représentants du peuple * » et faisant exécuter ses lois par les ctiefs armés des clans, protégeant par eus les libres agriculteurs', et puisant dans les familles de tous, leur renouvellement successif.

(( Le principe républicain, dit toujours M. Jean Reynaud, était si n profondément implanté dans le génie de la Gaule que celui de la

« royauté ne put en triompher La monarchie ne fut jamais une

« institution véritablement nationale : le droit de l'épée avait été l'ori- (( gine de cette monarchie ; donc, il lui demeura toujours impossible de n représenter la liberté, comme il eftt été nécessaire chez une race « qui compte l'amour de la liberté entre les caractères essentiels de sa H nature n Aussi cette institution ^^rmant^u^ fut-elle balayée radicalement comme l'avait été jadis la domination de Rome. Aussi vîmesnous, après des siècles, le peuple revendiquer ses droits et proclamer, « au lieu du culte de l'archaïsme, celui de la perfectibilité ; au lieu de

monumeots dits œltiquei, on voit, au-dessous de U fantasmagorie des •rchéologuns, une eiplicalion toute simple el toute naturelle.

Allez n'importe où, en Bretagne, regardez et écoutes.

A. Ploneour tret, \ Goulvsa, dans le pays de Guistmg et da Kerhuaa, par exemple, le paysan appellera Hinkineret les dolmens qui bordeut les grives (Hinklu, pointe de fer qui s'adapte au Tusean. LegoDÎdeo), et vous racoulera les belles légendus des rêes pour qui ces tombeaux turent construits. Puis il vous montrera ;ï et IL les pierres des olaos ou les ctoohers, qui les remplacèrent. Un peu plus haut ie creach' Goesnou, la montagne des Blancs, où sont les pierres des trois recteurs. Min on triperton, triple dolmen, d'où vous apercevez au loin le grand menhir de Kervtatott, la pierre du vivant a toujours, qui domine tout le pays, et d'où l'on volt le Mené Hvm, mate Haome ou Borna, la grande montagne de lumitre.

Il en est de mtme ï Ylle Grande, i Tregasttl et dans le TrecoroU ; de raSme au Kongaei de Quiberon, k Karnac, k Lockoai Uendon et dans la presqu'île de Rhuf s.

Au Peuliou, dans la Cornouaille, sanctuaire où la féodalité avait conservé les usages anciens, le don de la coupe ï la fontaine, si vous gravissez l'endroit où fut l'eaceinte, vous aurez tout autour un grand bassin que domiaont ' GarreJc an lin, montagne du feu, Mené Mi'kel, autre place ï Teu, comme loua les Sainl-MIobel de France ou d'Angleterre; Mené Hom enlln qui se relie au Mené Bré et & tout le pays de Guiogamp, par l'enceinte de Toul ar lœron et le grand Cromieeh des environs de Mur. (Notre-Dame de Lorette), appellation toute moderne.)

Notez simplement les places des feui do la Salai-Jean, et tout le pasai le dévoilera clair et limpide à vos yeux.

Qui donc rèooltera ces légendes et nous donnera la vraie carte gauloise de la France T

1. p. Ils, CEtprit delà Gaule. De la société gauloise et druidique.

2. La main qui gouverne la charrue est toujours libre. Idem, p. 13S,

LA PBRSONNALITÈ OADLOISB. 107

« l'antiqne fédéralisme, l'iDcUvisibilité du territoire ; au lieu de l'béré- « dite, l'unité ; au lieu de l'égoîsme et de la discorde, la frateraité.

« Après la Gaule de l'enfauce, après la Gaule des Romains, après « celle des Germains, apparut enfin, sous le nom de République fran- « çaise, la Gaule adulte '. »

Espérons qu'en possession, maintenant enfin, de cette forme traditionnelle de gouvernement, nons aurons la sagesse de comprendre qu'il est le seul qui convienne à la race de la pensée, et que nous saurons le préserver des aventures et dos aventuriers, et le maintenir, malgré les ambitions surannées des hobereaux, dans toute son idéale pureté.

Il y a dans la mystérieuse Afrique une race qui, comme celle de la Gaule, mais d'une manière plus permanente peut-être, a gardé, au milieu d'une aristocratie bien plus énervante, l'Aristocratie arabe, les traditions de ses pères, frères des nôtres : ce sont les Kabyles,

(1 Foncièrement républicains, fanatiques de leur indépendance religieuse et politique, » (le commandant Dubousset prétend que leur soumission de 1837 n'est due qu'à la promesse formelle de respecter leurs coutumes et leurs élections communales ^,) les Kabyles, isolés dans les Douars arabes, gouvernés aristocratiquement par des chefs héréditaires, ont maintenu depuis des siècles n leurs institutions démocratiques, appuyées sur l'élection et le sufh'age universel s.

Chez eux la justice est rendue par la Djema, conseil des tribus, formé par la réunion des Aminés, chefs élus de chaque village, présidé par Vamia el oumena ou aminé des aminés, nommé par l'élection et qui devient le chef de toutes les tribus *.

C'est le clan celtique, dit encore M. Dubousset', dans sa forme la plus ancienne.

Chez eux, chose incroyable au milieu d'une société soumise aux lois du Koran, la femme jouit de la liberté la plus étendue, « elle marche

I. Eipril de la Gaule, par M. Jean Reynaud, p. UT; — de ['Ordre toeiai, p. 17S et suiv. ; de la Décadence du druidisme.

1. Excursion dam la grande Kabylie (notes et croquis reoueilliB entre la Méditerranée elle Djurjura), parle comnaanJant Dubouaset, p. 2TG. Tour du monde, 1861, deuxième semestre. Parie, Hachette 1867.

3. Les Kobylei, leur race, leurs moBur*, leurs ioduslrie», organisation politique, religion, etc., p. 273. Magasin pUtoreiquc, Année 1863, XXXI vol.

*. Id, toc. cil., p. 27i,

S. Exeunion dans la grande Kabylie, p. 2U.

108 POTBRIB OAULOISE.

toujours à visage découvert, se mêle aux hommes, se charge des rapports de la maison avec le dehors, et reste entourée quand même de la plus grande considération. Elle peut aspirer aux honneurs et aux

pouvoirs dévolus à la sainteté chez les Kabyles seuls. On toit des

Koubbat (dômes qui couvrent les tombeaux vénérés] dédiés à des femmei maraboules.

Le plus souvent, elles suivent les hommes h la guerre et les excitent à la bravoure '.

Nous avons eu chez nous les Atiorumnes^ (prophétesses) Jetba, Velléda, la Spakona Thordise. A notre avant^dernière expédition de Kabylie, ces glorieux Berbères eurent, eux aussi, leur grande druîdesse, Lalla Fathma, qui releva le courage de ses compatriotes, leur communiqua son enthousiasme, ramena les faibles au combat ; et, après la défaite souB les yeux étonnés du vainqueur, soutint les découragés et consola les vaincus ^.

On peut juger du degré de civilisation d'une l'ace par le respuct dont est entouré chez elle l'être faible et beau que l'on nomme la femme'.

En Gaule u climat retenu » où « le règne de la chasteté protège davantage les femmes contre les passions, le type féminin semble

appelé à revêtir toute la grandeur dont il est susceptible^. »

Aussi, pour revenir aux siècles qui nous préoccupent, pendant que les Romaines, sur leurs gorges nues, suspendaient des colliers qui feraient rougir un roué de la régence, un mignon d'Henri 111; pendant qu'elles enlaçaient à leurs bras, lascivement parfumés, des anneaux d'or ornés de pierres gravées, que collectionnent en secret certains vieux amateurs spécialistes °, les épouses de Gaule apprenaient les trois pudeurs qui font donner : Vamobyr, le cowyll, et Vagweddî : la pudeur

1. Mag. pu., p. 27S, Ce lOBt elles qui fabriquent, oomme chex les sauTagm, des poteriei eioeBiivement ouKeuMt et Tort élégantes, presque analogues aux poteries tgïplieDQes des i^a primitifs et pw conséquent aux poteries gauloises que nous étudions.

2. Àlrumr ou Aliorumnes , prophétesie magioieDae) virut de Hait, saint, on Al-, tout, et Smta, mjstère.

Les latiDi ea Drent Âarenia.

Voie lea Pie» du moytH'àge. Recherobea aur leur ori^ne, leur histoire et leurs attributs pour servir & la connaissance de la mytbolo^e gaulolae, par L> B. Alfred Maury. Paris, librairie philosophique de Ladrange, 1S43, p. 91 et auiv.

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