Btpril de la Gaule, par M. Jean Reynaud, p
3. Denkmaeler uonCnslra vetera and colonta.Traiana, etc. Von P/iilipp, Houben . Von Dr. FVani Ficdler, Xanten, 1833.
LA PBRSONNALITË QAULOISE. 109
do l'accordée, la pudeur de la première auit et la pudeur du premier lever'.
Oui, belles éducatrices, tous étiez réellement les fées bienfaisantes qui présidèrent à la naissance do notre belle France. Vous l'avez bercée 'aux doux sons de vos chants harmonieux, vous l'aviez chargije de tous vos souhaits heureux, et sans doute elle eût accompli, il y a bien long- ' temps, vos désirs, si de la caverne romaine n'était sortie la louve qui détruisît vos enchantements, et livra votre fille, pour de longs jours, bêlas ! aux géants du nord qui la profanèrent et la tinrent si longtemps captive dans leurs donjons funestes I
On peut dire chez nous que les femmes formèrent le caractère de la NATION, et lui imprimèrent ce cachet de galanterie qui la distingue au milieu de tous les autres peuples.
Elle a traversé, depuis, bien des barbaries, mais ainsi que l'enfant devenu homme se ressouvient toujours de celle qui le nourrît de son lait (comment oublier les lèvres qui vous initièrent aux douceurs des premiers baisers?), la nation, devenue virile, n'a pu de même, malgré toutes les phases par lesquelles elle a dû passer, oublier celles qui lui donnèrent, au milieu de « la féroce împudicîté n des païens, de la brutalité salique des Francs, les premières leçons d'amoui', de courage et de dévouement.
Quelle influence inOHÏe les femmes eurent dans les usages, dans lea mœurs, dans les constitutions de nos ancêtres!
Au conseil armé, Gorsed'^, elles s'avançaient au milieu des guerriers, venant mêler aux lances terribles leurs tranquilles fuseaux. Plutarquc ne tarit pas sur le compte de ces illustres Gauloises'. C'est lui qui raconte l'assemblée des femmes réconciliant deux tribus celtiques. Comme aussi celle qui ouvrit une route libre au Carthaginois Annibal, allant vers la Rome des consuls, et prépara les sanglantes victoires da Tésin, de Trasimène et de la Trébie.
Mais le grand rêle que joua surtout la femme en Gaule, fut celui de l'éducation de l'enfant.
I. Il y a trois pudeurs, dil le code de Galles, chez ta rétame : la première, quaod »0D père, en aa préseooe, dil qu'il l'a aeoordée au mari; la seconde, quand elle entre pour la première foi* dana le lit du mari; la Iroisièroa, quand, au lever, elle parait, pour la première fois, devant les hommes. Pour la première^ elle reçoit le don de l'unobyr ; pour la seconde, le cowril ; pour la troisième, l'agweddi.
Lois de Galles citées par M. Jean Reynaud, Etpril de la Gaule, p. 139.