‹ De la poterie gauloise;Chapitre 37 sur 107 · Id., loc. cit., Triade, XLIII et XLIV · texte numérisé non relu

Id., loc. cit., Triade, XLIII et XLIV

4. Ua jour que nous nou9 étioan laissé conduire à l'un des Hinkiaeret de Goutvsn, dans le pays de Lfun, en arrivaut nu bout itu sentier, sur le haut dit foasé de geDéts verts, nous aperçûmes les grandes pierres se détachmt sur le lointain bien de la mer, et près d'elles, à l'ombre, trois femmes qui Qlaient leurs ijueDOuille» et gardaient une douzaine de petits enfants qui traçaient, avec les cailloux roulés par les vages el les blance coquillag-ee, des cercles réguliers sur le aable. Ge fut cette vue qui nous r6v£la pour ainsi dire la tradition de ces choses que noue expliquèrent ensuite ceux qui avaient bien voulu nous servir de guides.

A propos de ces chants que nous mettons dans la bouobe des aliarumnes giuloiaes, il nous vient un rapprochemtnt. Une femme, lady Charlotte Quesl, avec M flair que possèdent senles ces charmantes savantes, a appelé Mabinogioit, les récits légendaires de Qalles, que nos pédants classent sons le nom de Ci/eie arihurien. Mabinogion vient du radical Mabik, diminatif de Mah, petit enFaDt. Récits et chants pour tes peUts enfants. Ces messieurs trouvent nécessairement cela ■ Inexact el arbitraire, a C'est leur droit, le nôtre eal de remercier Lady Cbariotte Ouest.

LA PBERONNAtlTâ OAULOISB. 111

L'enfaot avait grandi. La mère le présentait à l'époux. Il était digne de lui. Alors, plaçant sur son épaule sa main ferme, il l'appelait son fils et l'amenait au clan.

Ce n'étaient plus les chants mystiques que devaient murmurer dès lore ses jeunes lèvres.

Aux t&iet succédait le Bardit de guerre :

Deomp, Deomp, Dtomp tfar gad.

Allons, allons, allons au combtit'.

Pour danse, il n'avait plus que celle du glaive bleu, roi de la bataille :

Tan, tan, dir, oh dir, tan, tan, dir ak tan.

feu, ô feu, ô acier, ô feu, t feu, ô acier et feu 2.

Il montait sur les <( coursiers gris qui reniflent de froid, » courait au travers des bois après l'élan rapide, après le castor ou l'urus, après le sanglier au poil rude, et lorsqu'il rentrait à « la maison forte du père, précédé de ses grands chiens foUtrcs, tenant en main son arc, et la dépouille du sanglier, du chevreuil ou de l'élan sur l'épaule, s le père a essuyait le sang frais qui coulait de la gueule de l'animal sur sa main blanche, » et lui disait : — C'est bien fait, mon flls^.

Alors, il se choisissait un chef, se laissait couper une mèche de cheveux sur le front^ et devenait Breur du Front de fer ou de la Tête de cheval, d'un Tal-Houam ou d'un/*en-Af(ircA,recevait son bracelet et sa bague de bronze, peignait sur son bouclier son emblème ; et, la chevelure vierge au vent, grimpait à cru sur sa monture, balançant ses deux gai» ou le grand glaive qui pendait à sa cuisse droite, et poussait le cri de guerre de sa nouvelle famille.

Le jour où l'on tenait le conseil armé, près des huttes rondes, dans les grands bois, il prenait place derrière les colliers d'or.

Lejouroii, sous la lance, à la pierre levée, on rendait les jugements, il était là.

Et le jour où, derrière la montagne, on entendait le cri des ennemis, il devait se trouver le premier à son rang, car il était appelé dès lors à l'honneEir de défendre sa patrie.

Si le calme de son esprit le poussait au contraire vers l'étude des

1. Baie Knav, la Marche d'Arlhur,ChanU populaires delà Bretagne, f. il, t. l. i. Karot ar C'hloie, la Daiut de Cipée, p. 17. Id., t. I. 3. Le tribut de NomiDoC, 189. Id., t. I.

t. Voir le roman oelUqne de Kilwkh et Otweo, Anwe britatmùpie. Juillet 18t3, et Henri }Aat^n, Hitioire de France, L I, p. 3S.

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causes et la recherche des pourquoi, on )e dirigeait vers les hauts lieux, et, peu à peu, il pénétrait dans les mystères des cercles de pierre. Revêtu de la rohc blanche, il apprenait les propriétés des sept plantes qu'ilavaitchantées tout enfant, dusélage, delajusquiame, dusamolus, de la verveine, de la primevère, du trèfle et du gu\ de chêne qui donne l'immortalité'.

Puis, quand il était parvenu & connaître n la signiflcation des plantes dan^' inscription des choses convenues, n quand il avait marqué les rameaux sur la table des sentences, n qu'il avait étudié <i les pointes des arbres imitateur?, n celle du bouleau qui dit fçénératioo, celle du chêne vert qui dit jeunesse de TiUe, celle de la bruyère qui dit rêve brisé*, qu'il avait expliqué les triades que lui apprenait autrefois sa mère, il devenait Eubage, apprenait à calculer la hauteur du>£oIeil audessus de l'horizon, la grandeur des lunes, et l'époque du retour des grands flots.

Si le souffle de la poésie avait touché son front, il ceignait l'écharpe bleue», et s'en allait concourir aux grandes assemblées de la TV/yn*.

Si la science pure était son fait, il restait avec les anciens, et quand arrivait la fête des rameaux du Gutf, qui précédait celle de la renaift* sance de l'année, il recevait dans une nappe blanche la plante sacrée, qu'avec une faucille d'or coupait le grand Druide aux endroits les plus cachés de la forêt sombre.

C'était lui qui faisait au mois de mai le feu nouveau sur ta montagne. C'était lui qui allumait au solstice la flamme sainte qui marquait le temps aux laboureurs. C'était lui qui indiquait le sixième jour de la dernière lune d'hiver et la grande nuit du mois Irit-noir*.

Puis, après vingt ans de labeur, il recevait la coupe et, Front rayonnant, à son tour découvrait aux nouveaux adeptes les enseignements ef les sublimités des mystères de la nature.

; Et qu'on ne vienne pas nous dire que tout ceci n'est qu'imagination

t. Bariaa Breit, t. I, p. 19. Henri Mtrliii, Hùioire de France, 1. 1, p. S3.

3. Voir »np l'écriture végétale des Druides, lea comme nlaîres do M. Jean Roynaud aur to Cdd goddeu, de TaliesiD. Eapril de la GaïUe, p. 33f, et Henri Martin, Hùioire de Fronce, t, I, p, 68.

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