Hitloire de Franc», Henri Martin, 1. 1, p
i. Voir l'Elstedfod de Carnarvon, Voyage dam te payi de Gallet, par M. Alfred Erny. Twr du monde, letJott«wi de Tetya, p. 264 et 280. AoDée 1867; premier ■emestre. Paris, Hachette, 1867.
S. Le dimanche de Piques et la nuit de Nœl.
pure et nous ramener aux sacrifices humains, aux dolmens couverts de sang, aux boucheries de prisonniers et d'esclaves. Qui donc osBrait se lever pour accuser nos pères? Ceux qui se disent « peuple de Dieu » et comptent parmi les exemples à donner aux génératious futures, Abraham qui lève le couteau sur la tête de son fils, et Jephté qui massacre froidement sa fille, ceux dont l'bistoiro est pleine de villes incendiées, de lâtes coupées, de femmes dévorées par des chiens, d'exterminations de tribus, de massacres d'enfants nouveau-nés, de prisonniers épargnés par des rois et tués par des prophètes.
Qu'ils regardent la poutre qu'ils ont dans l'œil avant de chercher la paille qui est dans celui de leur voisin, et s'ils se sentent complètement innocents, qu'ils nous jettent la première pierre.
Le Romain peutr-être , qui enterrait vivants ses prisonniers, tuait ici toute une assemblée de vieillards chez les Vénëtes, là tout un camp de femmes chez les Gimbres; le Romain qui laissait pourrir sept ans d'illustres vaincus dans des cloaques pour les montrer à la populace au Jour du triomphe; le Romain qui jetait des esclaves à ses poissons; qui éclairait ses jardins avec des torches vivantes et br&lait des villes pour jouir du spectacle d'un incendie. Il a trouvé fort étrange chez des races qui avaient, enracinée danç le cœur, la croyance de l'immortalité, que des amis et des femmes se fissent tuer pour k continuer à vivre ensemble '. u Mais il a considéré comme très-naturel qu'on lui dressât des théâtres commodes, où, tranquillement assis, il pouvait repaître ses yeux blasés des spectacles de milliers d'hommes s'égorgeant entre eux pour son plaisir.
Pouvait-il se douter qu'ici la mort était « comme un fossé » 3 qui sépare une terre bienfaisante d'une autre terre moins féconde et plus triste, et qu'on n s'élançait en souriant de l'autre cAté de ce fossé » pour continuer sa route sur l'autre bord , aussi facilement que l'on franchit un ruisseau pour aller serrer la main d'un ami et marcher de concert avec lui sur un chemin plus agi-éable.
Pour eux nous étions des barbares !
Et s'ils n'avaient pas mis en oubli à cause de leur esprit militaire, les traditions de ceux dont ils se prétendaient issus, ilsaurnient compris nos sacrifices que poétisèrent les Grecs, et placé nos femmes dévouées au rang des Ipliigénie et des Polysène qui descendaient en reines parmi les
1. De la morl, Euprit de la Gaule, <Jo Jean Reyoïud, p. 63. S. U., p. 67.
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morts « déchirant leurs voiles et découvrant leurs seias, beaux comme ceux d'une statue, disant aux héros qui les immolaient, en posant àterre leur genou blanc et regardant sans peur le couteau doré sorti de sa gaine : « Voici ma poitrine, jeune guerrier, si c'est là ce que tu veux Il frapper; si c'est à lagorge, la voici prête et tournée comme il faut i.u
Des Barbares 1 mais nous n'avons jamais eu pour Dienx ni des Saturne, ni des Molocb, ces dévorants qui ont vu périr pour eux plus d'enfants qu'il n'en faudrait pour peupler dos régions entières. Et notre sublime Hésus n'était pas un infernal vampire, mais un générateur bienfaisaut ^.
Ab I quand donc arriverons-nous à comprendre les mystères transformés par dos conquérants en sauvagorios sanguinaires?
Des barbares I
Mais, lorsque retentit du sommet des Alpes à la mer Océane le cri des guetteurs gaulois; lorsque l'on vit dans ta nuit sombre flamber au pied du menhir, le signal d'alarme et que les hurleurs des Houppes de Champagne et des promontoires bretons le redirent aux échos paisibles de ces contrées diverses ' : ce ne fut pas au milieu d'un charnier de
1. Voir la trftgédie i'Héeube d'Euripide et Ee lacnlloe de Polyiine, par le (Ils d'Acbille Néoptolème.