‹ De la poterie gauloise;Chapitre 46 sur 107 · Histoire de* Gaulois, t. II, p. 323. Amédée Thierry · texte numérisé non relu

Histoire de* Gaulois, t. II, p. 323. Amédée Thierry

LES INSTBUMEÎITS DE Là CIVir.ISATION (lE SOLDAT). 137

Od devait attendre !o dépai-t de César pour l'Italie. Les Garnutes devaacèrent le jour Hxé, tant étiiit grande leur soif de liberté. César, comme l'ouragan, fondit sur la Gaule; il avait pour lui la

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'. Vue de lerre rongs loitrôe. [Paierie dite «igilléo.) Ornem

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igeur de flùle (Tibicen), un UDElier passiml, une figure do

oppemenl de l'ornemenUlion à lu (Ig. 101).— PfOïenanoa Col

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discipline, il vainquit. Rassasiés de meurtre, les Romains étaient dégoûtés de tuer toujours impunément; d'ailleurs il était prudent de ré-

server leurs forces pour des actes plus glorieux. Le général appela près de lui les malfaiteurs, les gens sans aveu de toutes les contrées voisines; ilconvoqualescavaliersSicanibrcs, ces Allemands, et leur dit: Nous sommeslas de tuer ; allez, vous autres, pillez ! tuez I volez 1 br&lez ! A la curée, mes braves; noua allons juger des coups, nous vous re-

138 POTERIE OÀULOiaB.

garderons faire. Et l'on commença le sac de tout un peuple. Pauvres Belges, paisibles laboureurs de Namur et de Tongres, le proconsul vous appelait race infdnie, vous qui aviez osé les premiers revendiquer la liberté. Vous deviez disparaître de la surface du monde. Et il en fut ainsi'.

1 . Voici comment César raconte lul-mènie ce premier maetacre des Ebarons. — Al Ln ejusmodl diriicultaUbua quantum diltgealia provider! polerat, providebatur potiua in nocenda aliguîd pnetermitterotur, et »\ omnium animi ad ulcisceodam audebanl, quani ciim aliqao mililam dolrimento nocerelur. Dimiltil ad ilnitimaa civitales, nuntios CiRsar omnes ad se cvocat spe pnribe ad diripiendot Eburonei, ti( poilus in silvis, Gallorum vita, quam IpgioDarius miles pereclirelur; aimui ut, magna mullitudinn circumfusa, pro tali facinaro slips ac noinm dvilatis lollatur ma- . gnus, undique numerua celcriler convenil.

En présence de ces dimcultés, César prenait toutes les précauliona que pouvait Itiapirer la plue active prévoyance, car il valait mieux Taire un peu moins de mal à l'enuami, si grande que fut l'ardeur des soldats II se venger, que de lui faire beaucoup de mal en éprouvant des pertes. Il envoya donc dea courrier* aux cités voi* eines, et les appela toutes \ lui, par l'espoir du butin, en leur promettant le pillage dci Ëburons, alln d'eipoier dans les Toréls la vie des Gaulois, plutùt que celle des légionnaires ; il voulait aussi, en lançant des masses de tous cAtés, faire disparaître en punition d'un si grand crime la population et le nom même de la cité. Une Tonlo immenae arriva bientôt de toutes parts. — Commentaire», liv. VI, XXXIV, p. S85.

a Mettre une nation hors la loi de l'humanité i. — u Assurer l'impunité d'assas- BJne ■. — u Moyen dont l'idée aeule eût révolté le conquérant le plus sauvage h. — A. Thierry, p. 227.

Trans Hhenum ad Germanos, pervenit fama, diripi Eburooea, atque ultro omnea ad prœdum evocan. Cogunt equituro duo millia Sigambri.., transeunlbi Rhenum navibns ralibuaque.

. . . Primoa Eburonum fines adeunt, multos ex Tuga dispersos excipiunt, magna pecoris numéro, cujus aunt cupîdiasiroi barbvi, potiuntur. luvitali prœda, longius, procedunt; non boa palus, in bello lalrodiiiisque natos, non silvx morantur

Cssar, ruraui ad vexandos bosles proreclus, magno coacto numéro, et Ûnitlmis, civilatibus, in omnes partes dimitiit. Omncs vici ulque omui œdeflcia qnz quisque conipexeral, incendebantur ; pratda ex omnibus locis agebanlur ; Trumenta non ■olum, a lanta mulliludine jumenlorum, alque homlnum, consumebantur, aed etiam anni lempore alqae imbribus, procubuerant; ut si quieliam in pnesentia ae occallasaenl, lamen ils deduolo exercitu, rerum omnium inopia pereundum viderelur.

Tali modo vastalis regionibm, exercilum Cataar duarinm cohorlium damno Du> rocortorum Remorum reducit.

Le bruit se répandit an delà du Rhin, chez les nations germaines, que le pays des Ëburons était livré au pillnge et que chacun était appelé ï prendre part au bulin. Aussiliil les Sicambres rassemblent deux mille cavaliers, ils passent le fleuve sur des navires et des radeaux... ils envahissent l'extrémité du paya des Ëburons, s'emparent d'un grand nombre do fuyards et d'un grand nombre de bestiaux, bulin dont les barbares sont Iris-avides. Attirés par le pillage, ilu marchent en avant : ni les marais ni les bois n'arrêtent ces honimes, nés pour la guerre et le brigandage...

César s'étant mis en marche une seconde foie pour poursuivre l'ennemi, rasKm-

LES INSTRUMENTS DB LA CIVIUSATION (lE SOLDAT). 139

Ambiorix, avec quatre cavaliers, ses dévoués, s'échappa seul à travers les forêts impénétrables.

Mais le cri d'iadépendance avait trouvé de l'écho de Guel en Guel, de Houppe en Houppe, de MontignU en Montignis; il parvint bientôt jusqu'aux extrémités les plus reculées de la Gaule '.

Ce que n'avait pu le nord, l'ouest et le centre le tentèrent : Chartres, Tours, Angers, Poitiers, Bourges, Melun, Lutèce; l'armée de la Seine, l'armée de la Loire, les contingents des Charcutes et les volontaires de la petite république des Cités armoricaines, vinrent se ranger fous lo signe de la noble Arvernie qui avait levé l'étendard de l'insurrection.

Il Je ferai que la Gaule tout entière n'ait qu'une volonté, avait dit le rds de Celtil, l'immortel Vercingétorix, et quand elle sera d'accord, l'univers lui-mfirae n'est pas en état de lui résister 2, »

César perdit son calme olympien, selon la belle expression de M. Henri Martin^, il jura do ne couper ni ses cheveux ni sa barbe avant d'avoir vengé la défaite d'un de ses lieutenants, Titurius. On lui répondit par un autre serment. Tous les colliers d'or promirent de ne

bit en ^and nombre les Ironpss des cités voisines, et le« envoya de loua cAlcs. Tous les boargs et toutes les maisons que chacun rencontrait sur sa route, étaient brûlés; tout était mis au pillage : non-seulement les grains Turent consommés par une si grande quantité d'bommGs et de chevaux, mus encore tes récoltes Turent versées, par le mauvais temps et les pluies; de sorte que ceux qui s'étaient cachés pendant l'occupation du pays, paraissaient devoir périr, aprfts In retraite de nos troupes, pur te manque absolu de toute espace de denrées. Après avoir ainsi ravagé le pays, César ramena l'armée qui avait perdu d.tux cohortes h Durocorlarum des Remois.— Commeaiairet, liv. V(. XXXV. XLlIl. P. 28G-29(.

(1) Celeriter ad omnos Gallife oivitotes Tama perfcrtnr : nam ubi major alque illuslrior Incidlt res, clamore per agros regionusque signillcant ; banc alii deincops exclpiunt et proxlmis tradunt; uE tam accidit : nam quic Genabi oriente sole gesta estent, aute primam conTeclam vigiliam, In linibus Arveraorum audita sunt, quod apatium est, millium circiter CLX.

Le bruit se répandit dsns toutes les cités de la Gaule; car du moment où il se passe un fait important et digne d'être signalé, les Gaulois l'annoncent par leurs cris dans les campagnes et le long des routes ; ceux qui reçoivent les nouvelles, les transmettent i. leur tour ï leurs voisins, comme il advint dans cette circonstance, car oc qui était arrivé au lever du soleil ï Genabum élsit connu avant la lin de la preraiÈro veille aup Isa frontitrcs des Arvernes qui sont éloignées d'environ cent soixante mille pas. — Commentaires, iiv. VII, III, p. 308,

C'est la Hucbée dont nous avons pnrlé plus haut.

!. Atque uuum consilîum tolum Gallife elteoturum, cujus oonsensu ne orbis quîdem terrarum, posslt obsidere.

Quand la Gaule sera d'accord, le monde entier na pourra lui résister.— Discours de Vercingétorix. — Commentaires, liv, VII, XXIX, p. 338.

3. Histoire de France, t. I, p. 162; Suétone, J. C*sir, n" 67.

coucher sous leurs ioits, de ne revoir leurs enfants et leurs femmes qu'après avoir chevauché deux fois il travci-s les bataillons romains'.

Gien avait donné le signal 2, en se débarrassant de tout ce qui avait d'Italien dans ses murs. Gien fut investi. Les légionnaires sa refirent la main en tuant dons les rues étroites une énorme quantité de femmes, d'eiifants, de vieillards, en brûlant les maisons, en pillant tout, en

répandant à nouveau des flots de sang. Puis, quand les bras leur tombèrent, on garrotta ce qui restait pour la vente.

i, Hialoire de Fronce, p. 178. — Coniinentoiiet, liv. VU, 64.

i. Genabum, GieD,et Don OrléaDï.— V. la note du t. II, p. !t7. HatoiredeJ. Cétar, Parie, Henri Pion, et l'AIlni, 6 la planche S et ^ lu planche 19.

GetiBbcoBeB, paullo ante mediam noclem aitentio ei oppido egresaî flumen Irantlre catperunt. QuA re per exploratorea nuntiala, C>esar legionei quas expedlLas esta . juBsorat, porlis incenEie, inlromitlil atque oppido potitur, perpaucis ex kastium numéro drtideralù, quin cunclî caperaitur, quod ponlii atque itiaerum angusliœ mullîtudini Tugam intercluBeraDt, Oppidum diripit alque inoendit predam mililibus donal, eicrcituiD LiKerium (raduoit atque in Biturigrum fines perveait.

Les habilauts de Gleu, un peu arant minuit, sortirent en silence et commencèrent ï Inverser le fleuve. César, prévenu par les éctaircun, (It entrer dans la place, après avoir brûlé les portes, les légions auiquellei il avait donné l'ordre de ae tenir prèles ; il s'empara de la ville, at peu s'en fallut que les ennemis ne lussent pris jusqu'au dernier, parce que le peu de largeur du pont et des routes avait empécbé la mullilude de fuir. Genabum fut pillé et brûlé : César abandonna te butin aux soldats. Ht passer la Loire à son armée et arriva sur les Tronllères des Biturigcs. — Commentais, liv. VII, XI, p. 317, 3. Voir la planche 6S d«a llgurinca ganloises d'Edmond Tudot.

LES INSTRUMENTS DE LA CIVIUSATION (lE SOLDAT). 141

Les confédérés avaient fait autour de César un désert immense, se résidant à brAler eux-mêmes leurs villes pour afTamer le vainqueur. Bourges seule, l'ornement, la gloire du pays, la plus belle ville de Gaule, avait été, malgré le conseil de Vercingétorix, épargnée, grâce aus larmes, grâce encore aux promesses de ses vaillants défenseurs. César fît le siège de Bourges '.

La garnison résista de longs jours ; il fallut construire des tours, remuer la terre, creuser des tranchées. Un moment. César, fatigué, proposa de lever le siège; ses soldats refusèrent. A mesure qu'on tuait des Gaulois, il s'en présentait d'autres, et les flèches des machines romaines trouvaient incessamment sur la brèche d'indomptables poitrines h rompre, à percer, h pourfendre. Bourges capitula.

Tant qu'&me vivante resta debout dans la cité, les Romains tuèrent, et ces avides ne songèrent au pillage que lorsque tout fut égorgé. Quarante mille individus nagèrent dans le sang. Vercingétorix s'était

1 . Avaricum, Boargev, — V. Hiiloire Je Jalet César, — Puis, Heori Plop, t. It, p. SS5, et plBDohe» 19 et 20 de l'Atlu.

Illi Bubilo ex omnibus parlibua cvolaverunt murumque 'celeriter compteverunt. Hosteï re nova psrterriti, muro turribusgue dojecti in foro ac iocia patentiorlbua ounettum constitaerunt, hoc atiimo ut siquaei parte obviam contra vQDir(nlur,ncia iaslructa depugnaretit. Ubi neminHm in ipquum tocum acss dumiltore sed lolii undique muro circusitundL videruat, veriti ne omnino spes fugœ tolleretur, abjeclis armis, ulUmuB oppldi parles continent] impelu pctivenint, ; parsque ibi qaum anguaLo eiitu portarum se ipVi prenorent n militibus; pars jam egressa partis ab oquitibus, est interrecla ; nec fuit qaiaquam qui pnpdre sluderel aie et Oensbensi casdc et labor» operia inoitoli non œlale onfectii, non mulienbm non infantiius percrperunl. DeniquQ ei omai nnmero qui Tuit circiter millium XL tji DCCC qui primo clamoro audito se ex oppida ejeccraot, incolumee ad Vercingetorîgem, perveneruDl.

Les soldats s'élancent rapidement de tous eûtes «t envahissent le rempart. Etfrayés da oella nourelle attaque, culbutés du rempart et dos tours, les ennemis se formirent en coin sur la place publique et dans les quartiers les plue larges, afla de combattre en bon ordre de quelque cûté qu'on se portftt contre eux. Lorsqu'ils tirent que personne ne descendait aur leur terrain, et que les nûlres les entouraient de tous cAtéa en occupant dans toute son étendue [c t«rre-ploin des remparts, ils jetèrent leurs armes, dans ta crainte que tout espoir de fuir ne leur fût enlevé, et ils coururent, sans e'arréter, jusqu'au! extrémités do la tille. Les uns Turent tués par nos soldats au moment où Ils s'écrasaient eui-mémes dans l'étroit passage des portes; lea autres qui étaient déjï sortis furent massacrés par nos cavaliers, ot personne ne s'occupa de faire du butin. Animés par le carnage de Qenabum et par les faLgues du siège, les Romains n'épargnèrent ni les vieillards, ni les femmes, ni les enfants. De toute cette population qui se ooroposait d'environ quarante mille individus, il y en eut \ peine huit cents qui, s'étant précipités au premier cri bors de ta ville, arrivèrent sains et saufs auprès do Vercingélorix. — Commenlairet, livre Vil,

XXVIII, p. su.

réfugié sur le plateau de Gergovie; César vint l'y poui-suivre. La fortune, & Gergovie, Ewllit abaiidonuer uq jour son iosatiablc favori.

Dana un combat qui fut une défaite, la rude main d'uo Arverne s'appuya sur la gorge délicate du fils des dieux, de la noble progéniture d'AncusMartius. Couché sur le devant delà selle, le Gaulois ramenait au camp César prisonnier. Hélas 1 un compagnon l'interpella, lui nommant sa victime. — On ne prend pas le roi aux échecs. — 11 lâcha

le général, qui jura do se venger d'avoir, dans sa vje, tremblé pendant une heure '.

César, vaincu, quitta l'Auvergne plein d'une haine sourde, d'une haine impériale pour le barbare! qui avait prouvé au monde que te céleste personnage n'était pas toujom'S invulnérable.

1 . V, pour le siège do Gergovio les plaiichcB 21 et 2'i de V Atlas de l'histoirt de

C'est Serviu? Maurus Honornlu», grammairien dii v« sitcle, qui rapporte celle histoire dsDs son Commentaire de l'Ènèide, \ïv. XI, vers 143.

Toutes les versions du manuscrit portent Ceeos, Cœsar, Ca-coi, ac Csesar. Le C itant le K des langues celtiques, ce mol ne peut se décomposer qu'ainsi : Ki ou Kè et Ciw. Or, Kè est l'impéralif du verbe Mont Aller, el ne peut signifier que Va, et Cos veut dire vieux; il se trouve dans la cumiiosition d'un grand nombre de noms propres; Kergos, Cos den mad, — Grand uombre de Tamilies portent encore le nom de Le Cos; il était d'usage en Gaule au temps de Cê^ar, comme l'indiquent les Poteries tles Cociii que nous dounons plus loin. Cozic, qui est le radical de Cocisi, est UD diminutir de Cos. — Cecos Cssar veut donc dire va Cos ou va fieui. C'est César que tu enlèves. — Quant au sentiment, qui porta le Gaulois h lAcher C^sar, M. Henri Martin l'appelle o une bravade de folle magnanimité », et nous sommes complètement de son avis.

Le cavalier était-il un vieillard ou portait-il le surnom de CobI C'est une question qui regarde la Cnesie d'interprétation des archéologues.

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