LES INSTRUMENTS ))E LA. CIVILISATION (LA COLONIE. - LES EMPEREURS
Souhaibe: La Colooie impériale inpoldoDienue, — La Colonio impériale césarienne. — Centralisatinn. — Rome, ventre de l'univiirs. — Le Peuple. Panetn et Cireen»ei. — Les grauds. Luxe et gourmandise. — Les empereurs. Parricides, assassinais et autres joyeuselés. — On les tue, puis on leur élève des temples. — Les prêtres. — Les Dames romaines. — Grandeur admirable de la civilisation latine.
Un écrivain moderne, observateur profond s'il en fut, Honoré de Balzac appelle colonie cette bande d'administrateurs que le pouvoir central dépëcbe dans nos provinces, préfets, procureurs, receveurs, percepteurs, contrôleurs, etc., etc. Honorable compagnie qui quelquefois renverse les gouvernements, mais n'est jamais renversée par eux, et que vous retrouvez invariablement sur ses pieds, après chaque révolution, assez semblable au cube de géomètre qui, de quelque côté qu'on le jette, ne retombe jamais que sur sa base.
Balzac s'étend assez longuement sur l'état de suspicion dans lequel les habitants des petites villes tiennent d'ordinaire ces représentants de l'autorité et décrit avec la verve satirique qu'on lui connaît, l'isolement peu sympathique dont on les entoure.
C'est au premier empire que nous sommes redevables de cette colonie et de son esprit.
Tout alors se faisait à la Romaine.
On avait en haut Vimperalor couronné de lauriers, revêtu de la toga palmala et du manteau de pourpre, armé du glaive et chaussé du cothurne <. On eut en bas des préfets, des questeurs, des édiles et un sénat à l'instar de Rome.
t. V. Bùtoire de Napoléin I", par P. Lanfrey. Pari», Cbarpcntier, 1S63, t. III, p. S3S. VHùioire Jet Poupéet de boit dl>ab,y. — De* Perionnaget a tmbarratséi de leurs Iraoetlitirmenh, * el de rimmtiae aeeit dkUariti de rarelievAjur de Malinea.
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Peutrètre dans la haine qui entoura la nouvelle colonie, retrouveraiton comme un ressouvenir de celle qui dut accueillir la première. Ceux qui avaient provoqué l' affranchissement des communes, et l'élection libre des municipalités; ceux qui avaient résisté aux. empiétemente de tous les Louis de France, depuis Clovis jusqu'à Louis XIV ; ceux qui avaient accueilli avec des huées et des pierres le gros duc deChaiilaes, le brillant duc d'Aiguillon et les autres, ne devaient raisonnablement pas faire un plus cordial accueil aux empanachés de 1810 qu'ils n'en avaient fait aux ifs de 1765 ', qu'ils n'^i firent jadis aux togaii du premier siècle.
Quoi qu'il en soit, par celle-ci, nous pouvons juger a fortiori de celle-là.
Qu'était par rapport à nous, la colonib au temps des empereurs? Qu'était Rome?
Une monstrueuse bête, assez semblable h ce vampire des contes fantastiques, qui s'abat sur les dormeurs et leur boit le sang jusqu'au bout, insecte gigantesque dont la tète microscopique se cache sous un ventre infecte, horrible, immense, et qui étend ses innombrables pattes armées de suçoirs partout oii elles peuvent atteindre.
Rome absorbait la terre entière. Là où s'abattaient les aigles, le vide se faisait aussitôt. Elle aspirait tout et n'inspirait rien.
Malheur aux villes qui ne veulent être que des ventres. Gomme a péri Rome, elles périront de pléthore et d'embonpoint.
La vie de l'humanité se compose surtout d'intelligence 1
Certes, la chose importait peu aux potentats des sept collines.
Pour leurs jeux, leurs gladiateurs, leurs spectacles, leurs festins, leurs courtisanes, leurs affranchis, leurs parvenus, ils voulaient de l'or, on envoyait un gentilhomme ruiné dans la province, il refaisait sa fortune, et donnait de l'or à l'insatiable Rome, iV colonisait/ que fallaitil de plus ?
Le légat arrivait à Autun, à Trêves, h Cologne, à Lyon ou ailleurs. La ville avait un nom Auguste, nous l'avons dit plus haut, pris dans la famille des Césars ou des Jules ^,
Il assemblait au Forum tout le peuple des campagnes et tous les bourgeois de la cité, et lisait les décrets du sénat et de l'empereur.
1. Les Ifs (J.-F.). Voir les Pamphlets et les Caricatures, publiai pu Pitre-Chevalior. Brelnyae moderne. Parie, Didier, 188», p. 61 et Boiv.