‹ De la poterie gauloise;Chapitre 66 sur 107 · Nil ibl par ludum aimulabitur; omnia Hent · texte numérisé non relu

Nil ibl par ludum aimulabitur; omnia Hent

Ad rerum, quibus inceadî jam frigidua œvo Laomedontiades et Neatoria heraia posait.

Id., SatireVI, V. SS5, p. 72.

B. Tôt premit ordlaibua, tôt adliuo oompasibua altum

iEdiflcat caput : Andromachen a fronte videbie; Post minor est, credaa aiiam.

Id., Satire VI, p. 81.

B. TuDC nuda papiUia,

Prostilit auratÎB, titulum menUta LyciscEe, Oatenditque tuum, gensroBe Britannice, Tentrem.

ld.,5atire VI, p. Bl,

LES INSTRUMENTS DB LA aviUSATION (lA COLONIE, BT^.)' 167

jouissant, mollement étendues sur des coussins de soie, la goi^ retenue dans des résilles d'or, des supplices variés du cirque, entre leur nourrice et leur confidente, et lançant, au milieu des égorgements de gladiateurs, un sourire lascif au danseur Bathylle, au comique Urbicus, au joueur de fliite Ambrosîus, au bel Euryale, ou à Pollion, le pinceur de lyre.

Femelles que l'approûlie d'un fine n'aurait pas effrayées ', qui rapportaient au palais des empereurs eux-mêmes l'odeur des antres du quartier de Suburre, qui rentraient ivres à la maison conjugale, et riaient bêlement en voyant leurs époux glisser sur les marbres salis par elles, à l'aurore naissante \

Quelle admirable'civilisation que la civaiSATioN romaine I

i. Si deaunt bomlnes, mon ouUa per ipiam,

Quo minus imposito dune m submitUt uello.

Jovéail, Satire VI, p. 72.

Quel demmage qu'une n belle bite ait Isa sabots si durs. S, Fœda, lupanaria tulîl ad pulvinar odorem.

id., p. m.

Tu calcas, luce reversa.

LES HOMAINS ARTISTES

SomiiiBE : Les Césars des académiciens et tes Césars de rijistoîie anecdolique et de l'archéologie. — But de lii digression des chapitres précédent;. — J.-J. Kousseau et le Paysan du Danube. — De h métliodc do raltrlcation des poteries rougeK de Toscane. — Le surmoulage romain. — L'art du camp de Chàlons. — Le bout de l'oreille. — Le Grec vaincu civilisant soji vainqueur. — Les Grecs fabricants de statues iconiquej à Rome. — Nullité de l'inlluence ro< maine en Gaule. — Occupatiou militaire de Lutèce d'après les monuments.

Pourquoi nous raconter l'histoire do la conquête des Gaules? Pourquoi nous narrer les crimes des empereurs et les infamies des mpératrices à propos d'une simple ^tude sur la poterie nationale ?

Parce que nous l'avons dit plus haut, l'art est un reHet, et la poterie étant l'expression la plus franche de ce reflet, nous devions trouver dans les produits italiens de ce temps, l'image de la société romaine, non pas telle que l'ont représentée les historiens pompeux qui nous servent de guides, je ne sais pourquoi, dans nos études ; mais teUe que

170 POTERIE OAULOISB.

la donnent ceux qu'on nous cache à dessein, sans doute par respect pour la dignité humaine.

Dans l'éducation française, en général, on passe assez rapidement sur ces empereurs, sur ces impératrices, sur ces courtisans et sur ces courtisanes, à peine un mot de blâme à propos des persécutions chrétiennes.

Puis on nous vante les grandeurs inénai-rables de la ville éternelle et nous y croyons de confiance.

L'impur Octave n'est plus que le héros clément qui pardonne à ses ennemis; Tibère, — un profond politique; Caligula,— un original plein de fantaisie grandiose ; Claude nous a donné le titre de citoyens, a

Flf. M. frvtil d'un uean do poio^an de Is [abriqoa de Libcriua. GnndcDr d'ei^cution.

ouvert la porte du sénat à la Gaule " chevelue et lui a distribué toutes les dignités de l'empire.

César, enfin, le grand ennemi, grâce à cette « conjuration contre la vérité u, comme dit M. de Maistre, cstrhomme le mieux fait de aon temps. (Vertot, Révolutions romaines.) Plein de valeur, de courage élevé, vaste dans ses desseins, magnifique dans ses dépenses x formé par la nature pour commander au reste des hommes n, qui mêlait à la dignité de ses manières, un air de grandeur tempéré par la douceur et la facilité de ses mœurs. {La facilité de ses mœurs 1 1 !}

Qui donc pouvait être assez dur <i pour résister aux charmes de sa personne, à son éloquence insinuante, invincible, à tant d'aimables qiîalités 1) en un mot?

Et voilà qu'au milieu de ces périodes sonores et vides de ce langage académique, nous admirons ses éclatantes victoires, sans songer que c'est de notre sang que sont faits ses triomphes.

« Il joignit la gloire des lettres à celle des armes, » (La Harpe) et Toil& qu'en lisant ses Commentaires, nous nous intéressons à sa gloire et nous prenons parti pour ses légions.

Rome, c'est notre patrie, ne Eommes-nous pas de race latinb?

a Salve, magna parens fnigum Saturnia, Tellus magna virum. ii

L'Italie, c'est la mère féconde (Mtchelet).

Et l'empire romain, le plus bel empire qu'ait jamais vu le soleil (Id).

Battre les Gaulois, les massacrer jusqu'à plus soif, ce n'est que

. . . Manger mouton, canaille, sotte espèce.

Simple peccadille de lion.

Et nous nous écrions avec Jean-Jacques en soupirant : One ne auis-]o né Romain I... »

Eh bien I dussions-nous être traité de Paysan do Danube , nous dirons avec Lafontaine, un vrai Gaulois, celui-là, aux Romains d'au-

mitét. Orandenr d'eiicnlion.

jourd'hui comme à ceux d'autrefois : Qu'étiez-vous, vous autres, consuls, préteurs, etc., <[ Gens de rapine et d'avarice »? — des barbares.

Nous culUviooi an paix d'heureux champs, et nos msiûs Étaient propres aui arts ainsi qu'aa labourage.

Vous êtes venus nous apprendre, quoi ? — Le mépris des dieux, la violence, la brutalité, la mollesse et tous les vices.

Voilà le côté que présente l'histoire anecdotique, les pottes satiriques, les mécontents enfin, ceux qui refusaient de « se ruer à la servitude, I) voilà celui que fait valoir une étude approfondie de l'histoire, qui correspond aux mœurs vraies, à celles que révèle l'archéologie dans toute leur eHh>yabIe nudité, à celles que découvre particulièrement l'analyse de la poterie.

C'est pour cette cause qu'il ne nous a pas paru inutile de lever un instant le voile qui couvre les or^es romaines et de jeter un coup d'ϔl ' rapide sur les dessous de cette grandeur factice.

D'ailleurs, par le temps qui court, après la chute d'un empire, pas-

tiche grotesque d'un autre empire, copie étudiée et voulue de l'empire romain, après une invasion presque aussi formidable que celle des légions h casque de bronze ; il ne nous a pas semblé indigne de l'attention de nos compatriotes de leur montrer comment finirent autrefois les Césars divinisés sauveurs du genre humain, comment flairent aussi les coups de la force brutale et le peu d'influence qu'eurent les uns et les autres, sur la nation qui, a après les plus grandes défaites, après des territoires perdus, après la captivité de ses principaux capitaines... se redresse plus forte que jamais, tant est grande sa puissance et se crée d'autant plus de ressources, que la nécessité est plus urgente '. »

da Çilslogue ie l'Hisloice du luvail. Exposition

Oui, au moment où il y a des geas assez dépravés pour oser parler à la France de retourner à son vomissement, ' il nous a semblé bon de revenir sur ces hommes providentiels et nécessaires, autour desquels voltigent des aigles, de les montrer tels qu'ils furent, comme aussi d'affirmer par un exemple cruel, le peu d'importance qu'a la victoire d'une race de force sur l'immortelle race de l'esprit.

Revenons à la poterie.

Qu'était donc cet art superbe qu'apportèrent les conquérants?

Descendons, s'il vous plaît, dans l'analyse la plus minutieuse de ces coupes, de ces vases ronds, de ces amphores, devant lesquelles se pflmcnt les admirateurs qaaod même de tout ce qui sort de la glorieuse antiquité romaine.

1. Lettres des ambasudeur* véaitiena i leur gouverDement, seizièma siècle. Les archives de Venue. Histoire de la Chancellerie secrète. Le Sénat, le cabinet de» ministres, le Conseil des Dix et tinguisitian d'Étal dans leurs rapports avec la France, pM Armand Baschet. PloD, Paris, 1811. —V. le Temps, 31 octobre et! novembre, VariéUs, Manu» Topln, 1871.

L'ouvrier romain apportait d'Italie tout un arsenal de petits poinçons en terre cuite dure (fig. 81, 82 et suiv.), moulés probablement, sur des pierres gravées. C'est M. Tudot qui l'affirme et, si quelqu'un a profondément creusé ce sujet, si quelqu'un peut parler sciemment des fours, des outils, des procédés de la poterie romaine, certes c'est btcn lui>.

Muni de ses petits poinçons, l'ouvrier romain tournait sur la roue un moule semblable pour les coupes à celui de la figure 08 ; sur la terre molle, il appliquait çà et là ses figures, parfois il les variait, le plus

Fig. 9». V«M oblenuiiir le moule précédenl, terre rouge, el lemiioé d'opri» Le procédé romaia.

souvent, il les répétait avec une régularité pour lui l'idéal du beau, puis avec des roulettes, il confectionnait les ornements du cadre, reliait entre eux ses personnages, avec une ornementation, ici complètement de son crft et que nous allons examiner tout h. l'heure.

On laissait sécher le moule lentement et à l'ombre, puis il était soumis à l'action d'un feu tempéré'.

Quand on voulait avoir un exemplaire de ce moule, il éUit remis sur le tour, avec une poignée d'argile; le potier faisait prendre h cette pAte la forme du creux, puis, en appuyant successivement sur toute la surface intérieure, obtenait l'empreinte du dessin ; on laissait sécher. Plusieurs heures après, le retrait de l'argile pei'metlait de faire sortir l'épreuve. On modelait toujours à la roue un haut et un bas à la chose.

i. Collection de figurines en argile, œuvres premières de i'arl gaulois, aveo le* aomi des Cérimiites qui les ODt exéoutfee, recueillies, dessinées etdécrites, par Edmond Tudot. Pari", C. Rollin, Éditeur, rue Vivienne, 12. MDCCCLX.

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