‹ De la poterie gauloise;Chapitre 76 sur 107 · ilittoire de France, t. II, p · texte numérisé non relu

ilittoire de France, t. II, p

l'ËRE DBS ANTONIHB (LBS PHILOSOPBEs). 161

Trajan avait vu le jour en Espagne, et Anlonin était né à Nîmes, dans les Gaules.

L'influence que le règne de ces philosophes exerça sur l'art, sur les sciences, sur la religion mûiiie dans notre patrie opprimée jusque-là, fut immense.

L'étude de la poterie la marque d'un cachet tout spécial ; nous allons essayer de le faire comprendre. Mais avant, 'remontons un instant à Auguste et bux vrais empereurs de Rome.

Auguste, au moment où Lucrèce, <i cet Hercule de la pensée, » comme l'appelle M. de Pongerville, venait de démolir tous les dieux

et décomposera une épopée toute nouvelle, l'Épopée de la nature', n Auguste, qui ne croyait pas plus aux dieux que son oncle César qui n'y croyait pas du tout, mais qui aimait la règle et l'uniformité, décréta une religion officielle et voulut l'imposer à tout l'empire.

Les Gaulois qui passaient pour mépriser les religions, islœ contra omnium religtonet, dit Cicéron, les Gaulois qui a faisaient la guerre personnellement & tous les dieux immortels, » c'est toujours l'orateur romain qui parle 2, reçurent l'ordre d'avoir à élever des autels à Jupiter. 11 était bon d'apprendre à ces barbares à craindre la colère du

1. Discoim de récepUon de M. X. Mnrmier A l'Acsdémie fraiifusP, séance du 7 décembre 1S7I.

2. La Religion des Gauloh Urée dea plus pures sources <le rwiliguité, p«r le H. P. Dom MirtiD. Parie, Saugrein, MDCCXXVII, p. 78 et 81.

Brennus se riait des dieuj ; e Scurriliter jocalus, a \et Oaulois rerueaieot les orfrandes et les saorinces, prsdam religioni, aurum offenaœ deorum immorlaliuin prf rersDs, quos nullis opibus cgere, ut qui eaa largiri hominibus soleant.

Les dieux n'ont pas beBoin de richesses. Ce sont eux qui en Tont présent aux hommes.

Une pareille théorie ne pouTBÎt que déplaire souvorùuement aui desservauls des temples et & toua l«nre suppôts.

102 POTERIE QAULOlse.

tonitruant maître de l'univers'. Comme à l'entrée des villes s'alignaient partout les tentes des légionnaires, qu'on avait appris, du reste, ce qu'il en coûtait de résister aux Mits du préteur, et que d'ailleurs, quand on est dans les affaires, on n'a pas toujours le loisir de se préoccuper de ce qu'il faut adorer, que ce centurion promcttnit aide et protection au commerce en cas de soumission publique, les bourgeois demandèrent aux flamines de troisième ordre, envoyés comme mitâonnaireê, ce que c'était que Jupiter.

On leur répondit :

— C'est le maitre du ciel et de la terre, et le chêne lui est consacré. Ils dirent :

— Chez nous, le clïène est consacré & Esus. Esus est le maitre du ciel et de la terre.

Processionnelleraent donc et pour « faire leur cour à l'empereur ', n les Naules à Paris, les marchands de toute sorte, ailleurs, posèrent publiquement, publiée, les pierres de Jupiter au milieu de leur clan et vinrent assister, la tète basse, au sacriUce du flamine.

Le culte des dieux romains, dit le P. Dom Martin, ne fut introduit en Gaule que par imitation ou plutôt par interprétation 3,

Mais les tueries de bestiaux et les égorgcmenls de poulets étaient peu faits pour enthousiasmer les Gaulois.

1. Timor Domini est toujours le signe de l'introduutioa du sacerdoce menteur dan» le culLe de la divinité, quelle gu'nlle boU. Le vengeur Tait alors sou apparition; succédant d'ordiotire û la main qui bénit, la maio qui Trappe Is remplaoe, et le Juge trâue au Tronton des Mocluaires.

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