‹ De la poterie gauloise;Chapitre 77 sur 107 · La Religion dea Gaulois, de Dom Uartin, t. I, p. ST · texte numérisé non relu

La Religion dea Gaulois, de Dom Uartin, t. I, p. ST

3. Les druide* eurent beau s'y opposer, le gros du peuple s'y opiDiA,traît n, p. 26, D. M.

a Chaque fl^re passa pour une divinité difTérente des autres >, p. 23, D. M.

« On oonrondait les symboles celtiques avec les divinités des Grecs et dea Romains, qu'on voulait absolument trouver dans les Gaules n, p. IV, D. M.

n On travestit les dieux gaulois en dieux grecs et romains b, p. IV, D. M.

Castor et Pollui étaient deux frères qui s'aimaient ai tendrement, que Jupiter ayant donné l'immortalité ï Potlux, celui-ci la partagea avec Castor, et qu'ils vivaient et mouraient aiteroativcnicut.

On en Ht le type de la Brodeurde gauloise. (Autels de Paris.)

Vuicaiu était IllB de Jupiter, i'Hephaialoa grée, le révélateur et l'initiateur par excellence. Les Romains l'avaient fait descendre au rang d'une divinité grotesque, il n'était plus pour eux que l'amant malheureux de la belle Vénus.

Les Gaulois voulurent y voir quelque chose de plus grand, quelque chose de semblable au Ptha des Égyptiens, le grand coordinateur, l'inventeur de la philosophie, t'or^nisateur du monde (mêmes monuments^, le (Ils d'Ammon.

Les fables grecques où puisèrent les Romains, éiatciit primitivement semblables ani mythes égyptiens. Si donc nous voulons avoir les analogies vraies de cet

l'ère des antonins (les philosophes). 193

Le temple à colonnes, au bout do bien peu de temps, fut abandonné lui-même et à son collège de sacrificateurs. Les augures se morfon-

loir. Marque) dm poinçotll ! PASTOilCE lis tnr le ptD> psiit des plituni. Hiuss; Urg8ur, îi. — ProTBniDOs iDoonniu.

m^lhea, de cas fables et d«Ji09 traditions personnelles, ce n'est pas au récit roroun chargé de détaîlx, fruits de l'imaginalion sacerdotale, ce n'est pas mime au récit grec plein de conoeptious élégantes enfantées dans lo cerveau des poètes, qu'il faut ramonter, mais bien ï la fonne primitive égyptienne. L* est la clef de la mythologie celtique.

(I) Voir pour la marque Pastorce, page 'i2 de l'ouTragc de M. Edmond Tudot.

194 POTBRIB QAULOISE.

dirent près des sanctuaires vides, et l'on retourna vers les hauts lieux consulter les vieux Druides '.

Les prêtres romains jetèrent les hauts cris.

Claude ordonna le massacre des blancs vieillards.

Les légats rétablirent l'ordre et la discipline, Krâce à des flots de sang généreux.

u Le druidisme, sïùgnant et mutilé, se retira dans les landes soU-

tfùres de l'Armorique et dans les montagnes de la Cambrie (le pays de Galles), conservant de vastes ramifications dans tous les pays gaulois. 11 brava les édita de Claude, resserra dans l'ombre ses secrètes affiliations et conserva pure, intacte, indépendante, mais cachée, toute sa force et toute sa puissance *. n

i. Le culte des hauts lieux, des fontaîiien, i de l> lune, resta permanent en Gaule pendac de Recliludine cafhoiicis conversnUonis, recommande aux cbrétieuH de ne pai célébrer les Bolstioes, do ne pas se rendre aux Termes (menhirB), de ne pas quallQur le soleil de seigneur, ni la lune de ilavie, de ne pas aller aux foDiainea, etc., eta, <Dom Martin, t. I, p. 10 etsuiv.j.

Ed cherchant bien dans beaucoup d'usages locaux, on trouverait sDcoredes traces du culte de nos ancêtres, et les superstitions de l'ouest, entra autres, sont pleines de trace* celtiques.

S. HiHQire de Franct, Henri Martin, t. I, p, S30.

l'ère des ANT0NIN8 (lBS PHILOSOPHBS). 1^

Lorsque parurent les Antonins, et qu'on entendît les initiés parler avec le Luct'us d'Apulée de « la mère de toute la nature, rerum nalvrœ parmi, de la reioe des disparus, regina martium, de celle dout l'univei-s adore l'unique déité sous mille foimes, mille noms et des rites divers ', il y eut comme un immense soulagement. Ce qui restait encore de pur en Gaule, ceux qui ne s'étaient pas vautres à la suite d'une soldatcsqutt ignorante et grossière derrière les pontifes de la cité des Césars, prê-

Couïerta Iverl luncé) inconlesloblo. Hiulaur, M contimclroi ; Urgaur, II — Provononca, Atlei. N«133duCll<i]ogae.

tèrent l'oreille et s'écrièrent e» se regardant étonnés : u Ceux-ci, ce sont des frères l »

C'était la philosophie grecque qui retrouvait sa sœur aînée, la philosophie gauloise.

Les fils des disciples d'Aristote et de Pythagorc reconnurent les sentnotbée» dont leur avait parlé jadis avec admiration leurs anciens maîtres.

Les lecteurs de Siodore de Sicile revirent les Saronides que signalait autrefois le grand historien.

Avec Suidas, avec Polyliistor, avec Diogène Laerce, avec Lucain, ils rendirent hommage h ceux « qui connaissaient la vraie nature des

1. Cujua Diuncn unicuni muttirorml spccic, rîtu vario. Domine mullgugo lolua veneratur orbis.

VAne •Tar, Ut. XI, p. 263 et 367. Apuli?ii mettunorphoBeos, aivo Lusus Asini. Paria, obez Jeaa-FraDçols Baatica, MDGCCXXII,

196 POTERIE GAULOISB.

dieux, qui était de ne pas ôtrc dieux ' n et récitèrent en commua la même prière, la grande oraison de la nature :

« Reine da ciel, toi que je nommerai, soit la bienfaisante Cérès, mère primitive des moissons... soit la céleste Vénus, unissant dès l'origine du monde et propageant éternellement* les deux fiexes par l'amour... soit la sœur de Phœbus, qui, soulageant les femmes dans leurs couches, donna l'être à tant de peuples... soit Proserpine, la

>. Vue à pied muDi d'au

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l'iulérieur) i,

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.n»iiM, DyOB. N» Ï3Î d

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triple Proserpine qui reçoit, selon les forêts où elle porte ses pas un culte différent : d toi dont l'équivoque flambeau parcourt l'univers et, dispensant une lumière incertaine, nourrit par l'humidité de tes feux les richesses végétales; quels que soient le nom, la forme ou le rit sous lesquels on puisse t'invoquer, Isis, daigne enfm nous secourir*, n

Aux enfants, pour apprendre, il faut ce qui entre par l'œil tout d'abord, ce qui pénètre après jusqu'à l'intelligence, l'enflamme et l'illumine ; il faut rtuAoE.

1. V. tur les texles de Diodore, d'Ariatote, d'Ëtienau de Byianoe, de Snidu, de Pulyhiitor, de Dlogène Laerae, de LucaiD, etc., la ohapitre de lldf c ds Dieu, du nom de Phlloiophee donné aux druides par lea anciens ; — dans CEspn'l de la Gavit, de M. Jean Rcynand, p. 13 et suiv.

2. Regina cœli, eive tu Cœres aima Trugum parene ori^nftlis....; seu tu «ceteaUs . Venus quae prlmis rerum eiordiis, aexuum diversitatem ^nerato unore Booiasti; sen

Pbcebl Boror quœ partu fœtarum medclis lenieutibua reorealo populoa taub» educasli ; eea Proaerpina, quie lucos diveraoe iuerranB, varia cultn propitiaiia et udis ignibus nulrieuB Ista Bemius, st boUs ambagihua, dispeneana incerla lumina : guoqno nomlne, quaqua facie, quoquo ritu, te Tas est invocare, tumeis jam nunc extremis iate, etc. (tonu Àsiai, liv. XI, p. 3S1).

l'&kb des antokinb (les philosophes). 107

Aux peuples jeunes, il fallut de même une forme à leur culte, un signe frappaut, un syml>ole.

Les religions étant nées du culte des morts, comme nous l'avons dif

plus haut, ayant TU lejour sur les tombes des pères regrettés de tous, lorsque l'on chercha parmi les êtres survivants la représentation la plus complète de l'espoir de la résurrection, de l'idée de l'immortalité,

Tif. m. Coup* «D t«m nage, > Il MDlimètr».

les yeux se tournèrent naturellement vers celle qui portait dans ses bras entrelacés, le fils de celui qui était parti pour des régions inconnues.

Chez les peuples purs, le culte de la mère fut l'unique, le premier, le grand culte.

Toutes les races primitives ont déifié la hère.

Le culte de la grande génératrice inconnue est universel duis le monde, et vous retrouverez au Pérou', comme en Egypte a, comme

1. VoIrenlM antreB les numéroi 8S9 el suiv. du Miuée rtAnojropAiflue.ptrtleamïrlctlne : uttiquitéi pèruTteoDeB, masér du Louvre.

i. Voir au mutée égyptien, ulle des dieux, toutes les déeues, mires d'Egypte, et le* luaires de l'oamge de M. Tudot en Oiule.

en Grèce, comme en Gaule, d'innombrables statuettes de mères allaitant des enfants et protégeant le foyer sacr6 de la famille.

De là à l'idée d'une conception spontanée de la femme, il n'y a qu'un pas. Neith ou Isis qui est une de ses émanations, étend ses grandes ailes

de 7autour|; le vent, l'esprit, le souffle {spiW(«s)pa féconde ; Koridwen avale le grain de blé et enfante Gwion.

ïlg. HT. Coope dslïrrt bUnths, «pport probtbte liu tsb S csDtimèlresi (Tes In Teborâs, II.— Provenance, CIcri

Il ne faut pas chercher ailleurs l'explication de la légende des autels druidiques, de Chartres et de Chilons-sur-Marne à la vierge qui devait enfanter, viRonn PARrruB^'.

i. Chartres n'est pas le seul endroit qui ait vu s'flover une statue & la VicrEW mbre.Un savant du dix -septième siËcle] qui s'est beaucoup attschê k l'étude des antiquités druidiques, uous apprend que tes druides êievaieut dans le secret de leur sauotuaire dos statues ï Isix, c'est-à-dire il la Vierge de laquelle un lllsétait attendu, savoir le libérateur du genre humain ; /fine druidiv statuas, m ititiniis penetralibitt erexerunt Isidi seu Virgirti es qua filius illic prodilums erat, ntmpe gmtrù hxtmani redempior. (Elias Schedius, De Diis germanicù, cap. XIII, p. 3i6.) En 1833, ou a trouvé & Chïl on s-sur- Marne, sur l'emplacement d'uD temple paleo, une pierre avec cotte inscription : Vù-gîni Pariturw Druides. {Annales de philosophie chrétienne, tome Vil, p. 328.] — Du reste, !b croyance d'une Vierge mère a été Qonuue des Indiens, des Thibétains, des Chinois, des Japonais, des Égyptiens, des Grecs, des Mexieains, des Péruviens, des Siamois, etc. Voyez sur ce sujet la troilièmi lettre de M. Drach, rabbin conrertt, H ses coreligionnaires, publiée en 1S33. [Deseription de la cathédrale de Chirtrex, par M. l'abbé BultBau, p. 9, note i. Chartres, 1850, Qamier.}

l'ère DBS ANTONINS ( LES PHILOSOPHBS). 199

Le Christianisme pouvait venir, les initiés avaient préparé la Gaule à le recevoir.

Mais la tradition qu'apportaient d'Egypte, sur les femmes, les philosophes grecs eux-mêmes, était bien affaiblie.

Le relâchement des mœurs avait fait, dans tout l'orient, descendre celte sublimefigure du rang élevé où l'avaient placée les ancêtres, à un état complètement inférieur.

A Rome, nous avons vu ce qu'elle était devenue. Le temps des Lucrèce et des Clélie avait disparu avec l'oubli des Ëgéries inspiratrices.

Chez les Hébreux, Vtmcilla r^omtnt régnait dans toutes les castes.

Jamais, dureste, le Juif n'avait eu pour la femme le respect incroya-

ble que nous avons tant de fois signalé dans le caractère de nos pères.

Que sont les femmes de la Bible? Des héroïnes féroces qui coupent la tête à des généraux, les écrasent à coups de pierre ou leur enfoncent des clous dans les oreilles. Esther, la reine, se trouve mal pour avoir pénétré sans permission chez son époux. Je ne parle pas desBethsabée, des Pufiphar, des Hérodiade, des Dalila, des Satomé, ni des autres. Le fils de l'homme lui-même ne parle à sa mère qu'avec un ton de supériorité très-marqué. «Pourquoi mecherchicz vous? «(Évangile selon saint Luc, chapitre n, v. 49.) « Femme, qu'y art-il de commun entre vous et moi ? » (Evangile selon saint Jean, chapitre il, v. A.)

n y a loin de là k ces nobles figures des cathédrales, où l'enfant gracieux et souriant jouant avec une fleurette, un petit monde, un petit oiseau, cherche des lèvres le sein de sa mère qui, les yeux inondés de bonheur, le caresse tendrement de la mEtin et du regard. (Vierge dorée du portail d'Amiens '.)

1. Viollet-Leduc, Mlicle Vierge, Dictionnaire de FarchUeelure, 1. 1, p. 310.

II y a loin de là h cette reînc des cieux portée par de» anges, dans une brillante et lumineuse auréole, aux sons des luths, des violes, des harpes et des cythares, îi la porte du paradis, reçue par son fils et couronnée par lui dans la cour royale où trônent les vieillards, les prophètes, les patriarches, les martyrs et les confesseurs '.

Comment s'opérn celte transformation de la femme juive? Nous venons de l'entrevoir. Il était réservi5 à ce beau pays de France, le paya des aliorumnes, des femmes du conseil armé, des glandes éducatrices, de créer le culte souverain des cathédrales, d'inventer notre-dame.

Et savez-Tous qui nous donne la clet de cette transformation qui constate de la façon la plus formelle l'introduction par les initiés

s eenliiDÈtres ; Isrgtur, 9.— [^vensni!*, Mslmy (Ardennea). No îi« dn'Cstilojue.

grecs, sinon du culte de la mère, du moins de la personnification matérielle de la femme nourrice?

L'étude des figurines gauloises en argile, l'étude des céramistes du bassin de l'Allier, du savant Edmond Tudot' .

Lorsqu'on jette en effet un- simple coup d'œil sur ces planches si curieuses, on reste étonné devant l'éternelle image, accompagnée de symboles variés qu'invoque Apulée dans la pièce que nous citions plus haut. Ici c'est Vénus dans sa petite niche aux ornements naïfs, caressantdesamainson ondoyante chevelure. (Planches 16, 20 et suivantes.)

Là, c'est Cérès tenant la coupe et supportant la corne d'abondance, chargée de fruits divers. (Planches 32, 'Si.) Ailleurs, la figure aimée flatte une petite colombe, (Planches 56 et 72.) Ailleurs, elle presse du bout des doigts «on sein rempli de lait, (Planche 71,) Ailleurs, la

1. Cathédrale de Paris, bas-relief de l'abside et porche oocidenlal.

8. Colleclina île figurines en argile, auvret premières de l'art gaulois, avec les noms des cérftmiates qni les ont exÉcutée«,recueillie3,desBiiiée9et décrilea, par Edmond Tudot. Paris, Rollin, MDCCULX.

l'ère des ANTONINS (lES PHILOSOPHES). ïOl

poitrine garnie demamelles innombrables, comme dansles mystérieuses statues antiques, elle tient sur ses genoux deux serpents ■,

Enfin la mère se retrouve à chaque pas tantAt avec un, plus souvent avec deux nourrissons. (Planches 25, 26, 27 et suivantes, pages 5, 31, 35, etc., etc.)

La première fois qu'un potier gaulois, maniant la glaise, chercha à reproduire une figure humaine et s'afA^ncbit de l'antique interâiction religieuse, il façonna une mère.

L'étude de la poterie vient du reste confirmer entièrement cette influence grecque et nous fait mettre le doigt pour ainsi dire sur l'in-

Fig. ItO. P«(il« Uue rouge i U parti* ■opéneara, brone

troductioR immédiate du génie des Hellènes dans t» civilixation gauloise.

Parmi lesA/tw (OP JULI) les Caii«(CAIVS FE) les Tlbenus (TIBERI M) les/'ompeiui(V.POMPEIVS) etc.', voici qu'apparais saut tout à coup les AprmiûS (APBONIOS), les Ainichiti (AINICHISI), les hepo (iZEnQ),

i . A propos d« celte dêeiie anx deux terpents, noas iDditfaoD* pour mémoire uns idole en bronze très.curieaBe du musée de Saint-GTmain, où t'isis faulolw est ésalement Oangnée de deux monstrps, comme la Bouto du Panthéon de ChampolloD (P. 61), comme lei Femmes des chapiteaux de MonlmorilloTi, de Sainte-Croix, de Bordeaux, de Salnt-Sernin de Toulouse, de Saint-Sauveur de Dlnaa, de Sainl-Jouin de Marnes, etc., elo. {Ahécédairt ou Hudimfnt d'archéologie, par M. de Cailmont, 1R59, p. 2Vi,] et le lexle d'Apulée: Dextra laivaque sulcis insur^ntium viporarom cohibita, spicis eliam cereslibus desiiper porrectis. — Descriplion d'Isis, Ane dur, livre XI, p. 363. A sa droite, &ia gauche, deux serpenta, tortillés en forme de sillons, étaient oactiéssous des épis de blé.

Bonio était li nourrice des dieux, la mËre de Phré, le Soleil, comme Laloneélait la mire de Phœbua Apollon, comme Kordwen était la mire et la nourrice de Taliesin le frout rayonnant, l'Apollon, te Phré de la Gaule.

a. Voici oommnntM. Tudot explique les abréviations qui ee trouvent d'ordinaire k la suite des noms des potiers, sur les vases ou les figurines. — O ou OF estfabréviation i'officina (fabrique d'un tel), M ou MA, placés ft la suile d'un nom, exprime

les Glaoi (TOA^r), ce deraier même écrit en fotM/ra/iAedon, comme disent les savants, c'est-à-dire tout simplement à l'en^'ers '.

Puis, au milieu de poinçons portant le nom de Gallvs, nn grand nombre où se trouve écrit en cieux celui de Gracia tGRACUS GRECUS.)

Le latin, comme à son ordinaire, disparaît pour faire place non-seulement à la personnalité grecque, source àe la personnalité gauloise, mais même aux usages anciens de cette dernière; confirmant ie lilteris gracù ulantur de Ci^sar, qui se garda si longtemps parmi nous, ainsi que le témoigne l'inscription de cette servante chrétienne des catacombes, Theophila, qui ensevelissait pieusement ses maîtres étranglés pour leur foi sous la persécution des empereurs.

HIC GORDIANVR fiALLI^ NVNCIVS

JVGVLATVS PRO FIDE CVM FAMILIA TOTA

-QLIESCVNT IN PAGE

THEOPHILA ANCILLA FECIT '.

Le Grec seul, nous venons de le voir, pouvait fraterniser avec le

MANV (de la main d'un fel). Brongniart Bdmst que eetle abréviation peut aussi vouloir dire magnario {du magasin d'un tel). Noqb n'en connaisions aucun exemple, tandia que la signilication du mot manu est précise, puisqu'on lit ce mot en toutes lettres. F, FB, FEC et FECT, tiennent lieu de fecil. M. de Longuemar donne les lettres PIC comme étant l'abréviation de FICTILIS {inventé) ; il ne noua a pas été donné de constater l'cTactitude de celte assertion. Au musée de Narbonne, sur un Tragment de vase, le nom d'un potier est suivi des lettres C F, que l'on croît être l'abréviation de curavit facere {qui a fait cantectionner). Nous ne oonnaîssons pas non plus do marque semblable dans notre région. Enfin, sur piurieurs vaseaen terre rouge, trouvés k Néris, mais de provenance probablement étrangËre, restampille du potier prend la forme d'un pied humain et les doigts ligurnit l'F ou l'E du mot ^ci'f qui suit le nom. Quelquerois, au lieu d'un pied, c'est une semelle ou encore un poisson. Figurines gatihis^s, d'Ed. Tudot, p. S8.

(. Id., p.Tletsuiv.

2> Cette inscription latine est écrite en caractires grecs. Elle a été publiée dans la Roroa soblerranea, puis par D. Mabillon, et enUa par le Pire Uom Martin, dans le premier volume de sa Religion dei Gaulois.Cc dernier lit Ylhsilaau lieu de Theophila. — Voir p. 39, t. I., la Religion de! Gaulcis, tirée des plus pures sources de l'antiquité.

Voir les Alpliabeti des anciens Bretons armoricains, publiéspar H. Micffceo de Kerdanct, par Grégoire de Rostrenen et par Dom Louis !e Pelletier.

Rien ne ressemble plus aux lettres de nos potiers que (celles de ces Alphabets, prises du reste sur des objets trâs-anciens des monastères de Daoulas el de Landé-

l'ère DBS ANTONINS (lES PHILOSOPHBs). S03

Celte; les deux grande vaincus se reconnurent et se tendirent une main loyale.

Aux écoles de Marseille, de Lyon, d'Autun, de Bordeaux, les lettres grecques, tant était barbare cette pauvre race si calomniée, deviurent bientôt florissantes.

u Le flambeau de la philosophie d'Athènes, comme dit Juvénal,

M aoueoupe do lerro mugeAlrr,

éclaira l'univers. Le Breton lui-même reçut du Gaulois des leçons d'éloquence, et l'on perla jusque dans Thulé d'y gager un rhéteur, n

Nddc lotus grùas nostrasque hftbet orbis Atbenaa. Gftilia causidicos doouit facunda Britannoa : De coaduccndo loquitur jam rhetore Tbule <.

La lumière d'Orient renaissait au milieu de l'obscurité latine. Elle éclata de nouveau, brillante, admirable, étonnante, en Gaule.

A Bourbon-Lancy (Saône-et-Loiic), on élevait à un peintre grec une stèle funéraire.

D M DlOGENl ALBIN! PICTORIS'.

Les femmes écoutaient docilement les conseils de ces artistes au

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