‹ De la poterie gauloise;Chapitre 78 sur 107 · Juvénal, Satire XV, v. 10, p · texte numérisé non relu

Juvénal, Satire XV, v. 10, p

2. Histoire tU France, (l'apri>3 les documents originaux ol les monuments de l'art do chaque époque, par MM. Henri Bunlier et Edouard Charlon, tome I"', p. SS. Paru, 13K2.

î;04 POTERIE nAULOISE,

doux parler, et par elles, comme autrefois par les grandes drnidessea, l'art s'iDfiUrait doucement à nouveau dans nos mœurs simples et naïves '.

Quelles délicieuses coupes façonnèrent alors les ouvriers de l'art de terre I

A Dijon, ils tournèrent ces vases élégants ornés de feuilles légères, munis d'anses délicates qu'ils surent revêtir de cette introuvable couverte, de ce vernis métallique, de cet émail que l'auteur des rustiques figulines eut tant de peine à reconstituer au dis-septième siècle

(Ay- "3).

A Arles, ils inventèrent ces hanaps à fond vert agrémentés d'ome-

Fig. 113. DiDi «lapH lonntnt an »al vase, celle da desaoui décorée inr le rebord dp feuillIgH en barbotine nliel, Lerrs ronge. H nntear totale, Il centimélreB ; largeur du couKrcI', li! centim. ProraniDce, Cologne. Ne 103 du Oilalogue.

ments en barbotiue en forme de graines de pin, vernis de même sorte {/?ir. H2).

A Orange, ils s'essayèrent à des marbrures d'une ingéniosité sans pareille {/ig. 121).

A Reims, dans les Ardennes, et jusque sur les bords du Rhin, ils revinrent aux procédés antiques, laissant de côté tout le système italien, et jetant, avec Vkumour et la fantaisie naturelle à leur caractère, leurs pointillés si gracieux, leurs guirlandes si délicates sur le

1. Oa a trouvé dans U villa de Sainl^Médard-deB-Prés, le tombean d'une famine, peintro du troisième siècle, ï cûté de laquelle on avait enseveli tous les instrumenta de son art.

Hiil. de Fronce. Bordier et Charton, t. 1, p. fiS. Arl de terre cA« let Poilevmi, — B. FiLlon, p. 31.

l'ère des antonins (lbs philosophes). 305

rebord des vases oa sur la panse de leurs petites tasses [fig. 120, \ ]9, 123, 124, 114, 118, etc.).

Le propre du soi-disant art romain était le moulage; la marque unique de l'art gaulois est la liberté de l'ébauchoir et du pinceau.

Du reste, bien avant cette révolution pacifique, les potiers gnulois

prufll M lOil BU fond du dessiD.— Proyenince, CologDO et Clermoul. X"" Îl3et ÎH duCitalosuB.

s'étaient emparés complètement de la fabrication des poteries rouges elles-mêmes dans toute la contrée. Il suffit, pour s'en convaincre, de reveniraux listes publiées par MM. Pillon et Tudot dans leurs ouvrages: De Ceu-l de Terre chez Us Poitevins et Des figurines du bassin de C Allier. .

La France peut revendiquer la plupart de ces surnoms de famille latinisés parla conquête.

Nous avons parlé des Cocisi, dont les Pwsci Pbisciani SEMUsétaient quelque peu cousins germains.

Les RuFi peuvent aussi bien se dire parents de ce Ru dont le signe se trouve sur des vases de Rézé, dans la Loire -Inférieure.

Les Leblanc descendent certainement de tous ces Albins dont les poinçons se voient partout.

Les Legtniil eurent sans doute pour ancêtres ce Jocdhdus, qui modelait dans les environs de Moulins.

Enfin, sans parler des Patern et des Patiuc, dont les noms sont encore gardés dans le calendrier celtique, les Lapierre sont issus des Mbihi, les Le Çorgne des Corn dii Poitou, les Bras des Vrech, les ffon/î/* des Map'.

M. Benjamin Fillon, d'après un triage fait par M. Julien Cardin, ne

1. V. Pillon, p. as et luiv., Tudot, 71 et suiv. Ru-Rouge, MeiD-Pierre, Koro- AdeIg, Vrech-Bras, Map. QU. Dictionnaire de Legonideo.

l'are DBS ANT0NIH3 (lB8 PHILOSOPEBS). 207

donne pas moins de cent cinquante-neuf noms de potiers étrangers certainement à l'élément grec ou latin. M. Tudot n'en trouve que vingt d'une origine celtique incontestable.

La part est déjà bien assez belle.

■ni» inconnue. N« S3 du CalalcKiic.

Une étude plus approfondie en fera certainement connaître encore un plus grand nombre.

Lorsque le froid hiver tient la nature captive sous ses blanca frimas, au loin disparaissent les collines, estompantà peine leura lignes brumeuses dans un ciel do plomb. Le fiouvc arrête son cours, la route disparaît, le sentier lui-même s'cfTace et se confond ;hi milieu des jguérets, la terre est ensevelie sous un triste amas de neîgi', un immense linceul couvre tout de ses mornes replis, il se fait un grand silence.

Le voyageur suspend sa marche, rien ne le guide, il hésite, il s'égare, il se perd. Tout est mort.

Vienne le renouveau. La vie reprend son cours, la âeurctte s'épa-

208 POTERIE OAULOISe.

nouit sur le bord du chemin, l'herbe renaît et rbomme, revenant à l'espérance, rocommence sa course et s'échappe le long de la voie retrouvée, serpentant avec elle au milieu des prés verts, montant le coteau où frissonnent, au doux zéphyr d'avril, les liges naissantes des jeunes pousses. Puis, lorsque, parvenu sur la cime, il jette son regard au loin, il retrouve à l'horizon l'étape dernière et voit se perdre dans l'azur le chemin pai-couru depuis l'aurore.

Les mains des conquérants sèment la neige sur les peuples ; quand ils passent comme le tourbillon de décembre sur une race, tout s'efface derrière eux, tout meurt, tout disparait. Vienne une ère de paix, les races opprimées reti'ouvent le chemin, recommencent leur cQui-sc. A l'heure du repos, sur les hauts lieux, le chercheur mesure et juge la voie parcourue, il lu refait en esprit.

La grande famille de la pensée, toujours errante, hélas ! ici-bas, s'avance de nouveau vers son sublime but, le Progrès.

Les mains faites pour s'unir, se rejoignent; les cœurs faits pour s'aimer, se rapprochent.

Il y a printemps, renouveau, renaissance, dans la gi-ande vie de l'humanité I

Deuxièm* époque

SoHHiiHE : Révolulion des artisles laïques dans l«s sculptures des calhédrales à la lin du douzième ùècle. — Naluralisme daus l'iirt. — Flore locale dans l'ornemeiiUlion : — types nationaui : Celles et Gaulois dans la statuaire. — ilétolulion coïacidani avec l'atTrancliissemeat des (kimmunes. — AaalDgie de la Henaissance gauloise ï l'époque des AntoniDs. — Naluralisme dans l'oroementation îles poteries. — Abandon du poncif ramaioi —Accentuation très-caracléiisée de la Personnalité gauloise.

Il y eut à ,lu fui du douzièitie siècle, dana les ai-t», une révolution que le savant auteur du Dictionnaire raisonné de rArckitecture a ma- (^nifiquement résumée dans son article au mot ; Sculpture.

A ce moment, une école laïque s'empara, pour ainsi dire, de l'art en France, et rompant avec les traditions monastiques, laissa do côté tout le fatras desponcifs byzantins pour se jeter à plein collier dans l'étude de la seule nature.

On avait copié jusque-là les manuscrits, les étoifes de eoie, les dyptiques, les bijouic, les coffrets, les ustensiles d'ivoire ou de métal, fabriqués ti Constantinoplc, à Damas, à Antioche, à Tyr, importés dans les Gaules, avec le christianisme oriental.

Les artistes, moines pour la plupart, s'étaient byzantinisés. Les plis des draperies, la figure et la barbe des personnages, les poses des statues, les ornementations géométriques des chapiteaux, les moulures des archivoltes, les reliefs des tympans, ont un cachet fixe, régulier, positif, profondément empreint d'uu hiératisme très-caractérisé.

C'est le moment des mains nuageuses, des monstres apocalypti* ques, des dragons menaçants, des aigles vainqueurs de serpents, des

210 POTERIE QAULOIBE.

sirènes, des unipodes, des centaures, des éléphants, des griiTons, des chasses de bêtea fauves, des visions de Pathmos, de l'hydre à sept têtes, des agneaux nimbés, des monogrammes mystiques, des choeurs ailés, des auréoles, des sept Ëglises et des sept trompettes, des glaives flamboyants, des chandeliers d'or, etc., etc., ctc '.

imètrei. — ProTeDiDi» Cologi*, a» ST

Subtilités de docteurs énamourés de symbolisme, faisant suinter h la Bible tout ce que leur imagination asiatique peut trouver de flgures, de comparaisons, de distinctions et d'images.

Archaïsme poussé à l'extrême, et devenant incompréhensible à force d'être surhumain.

Mais « le Hiératisme est chose complètement stérile, et l'art Hxé s'abîme nécessairement dans une négation 3. »

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