Deuxième rieil, l. 11, p
I. ... Ipsis prodeolibus FraocU, quibus ramilinrc est htlendo) ndeOi tetngcn. (ftot. Vapitc, l. I, p. 5il. AugusUnThioiTï, t. li, p. 77.)
OESTA DEI PEB FRANCOB. 277
de terre ; an milieu, sur une motte factice ou naturelle, s'élevait une tour basse, ronde, à toiture surbaissée, surmontée d'une guette ; devant s'étendait une grande cour {aula) serrant aux revues, aux réunions, aux assemblées < .
Dans la demeure centrale, on entassait les grands coITres, remplis de joyaux, de sacs d'or et d'argent, de ballots d'étofTee précieuses.
Les femmes se paraient d'ornements de tête, de colliers, de verroterie, de bracelets, d'agrafes de pierre, de grandes robes tissues de fîls d'or et de pourpre, de ceintures d'or massif et venfùent s'otlMrau seigneur.
— Le roi m'a appelée, qu'il fasse de sa servante ce qui lui semble à propos. Qu' Ingonde ne perde jamais ses bonnes grâces I
Après Ingonde^ arrivait Markowefe, puis aprè» Meroflede, puis Theodfkilde ou quelque autre, etle roi quittait celle-ci pour celle-là, épousait chacune k leur tour Aregonde, Ingoberghe, Audowère ou Frédégonde, La fille d'un cordeur de laine, la fille d'un gardeur de troupeau, la fille d'un lite (serviteur) de la cour, n'importe. Sous Louis XIV, qui chassait de race ^, cela s'appelait des demoiselles d'honneur, et la cérémonie nuptiale n'était pas de rigueur.
Il Je ne puis ce soir coucher avec ma femme, disait Hilpéric à Frédégonde. — Eh bien I alors, je coucherai avec toi *. n Et le lendemain, on avait une reine de plus.
Ah ! le mariage était chose facile à cette époque. On se donnait la main en présence de témoins choisis, c'était le handclang, A l'aurure pour prix de sa virginité, la femme recevait le morghen-gabe, le don du matin, le sou et le denier, d'après la loi salique. Son époux jetait sur elle un brio de paille, il avait acheté sa reine, elle était devenue sa chose, on dictait une charte à quelque secrétaire et le pacte était conclu*.
Quand l'épouse se montrait gênante, on la reléguait dans un cloître ou bien un serviteur dévoué l'étranglait pendant son sommeil '. Qu'il y a loin de là, aux nobles épousées de la vieille Gaule, à la coupe libre-
1 . Dictionnaire raisonné de rarchileehire fraa^aite. Paria, Bance, t. 111, p. 64, orliclc Château, par M. Violtet- Leduc, et tes Rdct'fi mérovinyiera, t. I, p. 193.
3. Surloul, diBail-il Da jour ï d'HozIer, na faitei pas de moi un Gaulois. Je Buie Franc, eiceasivement Franc, tout ce qu'il y a de pins Franc.
3, AuguBlîn Thierry, Premier riciî, t. I, p. ZM.
B. W.,p. ïas.
'■ilH POTERIB OAULOIBE.
ment ofTerte de la belle Ai-istoxènc, aux trois pudeurs, à la fldôlttû de Carama, à l'énergie de Kiomara,
Lns femmes franques, quand elles ne sont pas des monstres, sont de simples femelles, propres à donner des héritiers, à Tder de la laine etù complaire à leurs maris.
Clothilde elle-même, la douce Clothilde, a des regains de sauvagerie incroyable. Quand on l'amène à son mari dans une basterne traînée par des bœufs, suivie d'un cortège nombreux, elle apprend que ses oncles 1b poursuivent. Alors elle fait brûler de chaque côté de la route deux lieues du pays burgondien et arrivée sur les terres de son époux, s'écrie : a Dieu tout-puissant, je vois enlln commencer la vengeance de mes parents et de mes frères l. n Quant h Rigontlie, la fille de Frédégonde, elle battaitla reine à coups de pied et à coups de poing. Un jour que celle-ci cherchait une parure au fond d'un de ces grands coffres dont nous avons parlé plus haut, elle abattit brusquement le couvercle et s'assit dessus, broyant sous le chêne, pesant, bardé de fer, les épaules, le cou, les bras de sa digne mère ^.
Quand il faisait beau temps et qu'on avait signalé les traces d'un grosgibier dans la forêt, on sortait les équipages de chasse, les valets tenaient en laisse les grandes meutes, les serviteurs présentaient le poing aux oiseaux dressés à la poursuite, les nobles châtelaines grimpaient à cheval, les cornes recourbées portées en bandoulière, les hennissements des coui-siers, les appels des seigneurs, brandissant leurs épieux daoB l'air, faisaient retentir les échos des bois profonds *.
On prenait la béte, la capture mettait en goAt de galoper, — en chasse ! en chasse ! Si le fauve faisait défaut, on chassait l'homme, sur les grands chemins, alors on attaquait à coups de lance et d'épée tous ceux dont on voulait se venger *.
Clodowig, le jeune fils de Hilpéric « entendit tout un jour, derrière lui, le son du cor et les cris des chasseurs qui le suivaient à la piste comme un cerf lancé dans le bois *. »
Puis on rentrait au logis royal, se reposer, fourbir ses armes, jouer, jurer, s'enivrer et faire sa cour.
1, Ileori Mirlin, Hùt. de France, t. I, p. 417,
2, Augaslin Tlilerry, Cinquième récit, t. II, p. 191. Elle ne pouvnit se panlor d'i'trit la tille d'une Ancienne Berrante du ptlaia.
3, Id., Troisième récit, i. II,p. Oi; Cinquiém' f-i:il,i.\\,\>.iW. i. lit.. Premier réeil, t, 1, p. 312.
S. Itl., Deuxième récit, t. H, p. IB.