David, Vie et œuvres de Bach. G. Fink. Etude sur Bach
ER avait vaincu les difficultés et s’en faisait un jeu. Son frère était jaloux de son talent et de sa précocité ; il cachait soigneusement dans une armoire grillagée des morceaux de musique qu’il ne voulait pas lui confier. Le jeune $. Bach, glissa sa petite main à travers les barreaux, s’empara des partitions, et se mit à les déchiffrer et à les
copier la nuit.
Rameau (1683-1764) fut l’un des plus célèbres musiciens de l’école française, Il apprit la musique en même témps que la parole. A sept ans il touchait du clavecin avec une rare habileté. Au collège où on le mit il ne put suivre les classes. Il fredonnait des airs de sa composition au grand scandale du régent, et ses cahiers étaient uniquement couverts de musique. Le principal du collège pria son père de retirer ce mauvais écolier qui ne rentra dans l'établissement que sous de sévères conditions. Il fut fouetté : Peine inutile ! Rameau disait plus tard en plaisantant que pendant l'exécution il pleurait en mesure.
Haydn (1732-1809) fut un des grands compositeurs allemands. Dès l’âge de cinq ans il commence à traduire ses sensations musicales. Il fut conduit à Hambourg, ét à huit ans il déchiffrait déjà avec facilité la musique et pouvait jouer de plusieurs instruments. A treize ans il avait jeté sur le papier quelques idées musicales et se mit à composer une messe. À dix-neuf ans il fit un opéra-comique
intitulé : Ze Diable Boiteux.
Cherubini (1760-1842) avait à peine atteint sa sixième
aunée lorsque son père qui tenait le piano au théâtre de
ze % la Pergola, commença à lui enseigner la musique. Ses progrès furent si rapides qu’à treize ans il avait déjà fait exécuter une messe solennelle de sa composition, À dixsept ans, il en avait composé deux autres, quatre psaumes, deux lamentations, un 7e Deum, un oratorio.….
En 1780, il donna son premier opéra, Quito Fabio,
Le père de Beethoven (1770-1827) remplissait la fonction de tenor dans la chapelle électorale de Cologne. Sa vocation se révéla si tôt, queson père n’attendit pas qu’il fût rentré dans cinquième année pour commencer son éducation musicale. En peu de temps, l’élève avait dépassé le maitre qui le confia aux soins de Van der Eden, puis de Neefe, les meilleurs organistes de l’époque. Dès l’âge de onze ans, ilexécutait avec une perfection rare le recueil d’études de Bach. Déjà il s’essayait à la composition ; des variations sur une marche, trois sonates pour piano seul et quelques airs gravés et publiés à Spire en fournissent la preuve; mais limprovisation, la fantaisie libre, étaient ses exercices favoris.
En 1790, il alla voir Mozart, qui après l’avoir entendu
préditsa brillante destinée.
Ïl n’est pas d'exemple, à quelque époque que ce soit d’une organisation plus heureuse et qui se soit manifestée avec plus de précocité et par des signes plus certains que chez Wolfang Mozart (1576-1791).
Son père était musicien chez le prince-archevêque de Strasbourg ; il fut le premier maître de son fils.
Wolfang avait à peine trois ans lorsqu'il commença à
re
prendre des leçons de clavecin. Dès ce moment, toute son attention se porta sur cet instrument ; il posait ses mains sur le clavier, y cherchait des successions de tierces et s’il venait à rencontrer quelque nouvelle combinaison, ses yeux rayonnaient de joie. A l’âge de quatre ans, il exécutait avec un qoût et une expression remarquables, de petites pièces qui ne lui coûtaient pas plus d’une demi-heure d'étude. À mesure que son talent se développait, il perdait peu à peu le goût des jeux bruyants de son âge.
Il répétait les gammes et les exercices que son père lui faisait faire. Mais il allait plus loin; obéissant à linstinct qui le dominait, il interrogeait le clavier et y cherchait d’harmonieuses consonnances.
Les tierces et les sixtes le ravissaient de joie. M. de Nissen (1) a publié vingt-deux petits morceaux composés par Mozart de 1760 à 1762, c’est-à-dire depuis Pâge de quatre ans, jusqu’à six ans, et qu'il dictait à son père. Il ne savait pas encore tenir une plume, la musique précédant chez lui le développement des autres facultés : ces petites compositions sont très simples et très naturelles. Son génie précoce rayonnait de toute part, n’attendant plus que le moment favorable pour prendre son essor ; son père avait dû cesser ses leçons, l’élève surpassant le maitre.
Wolfang était si étonnant, il jouait les pièces les plus brillantes avec tant de charme et d’éclat, les andante avec tant de grâce, les fuques les plus difficiles de Haendel et
de Bach avec tant de netteté, de décision et d'intelligence,