ELLES
Le 10 avril 1896, M. Régis (1) a lu devant la Société de Médecine et de Chirurgie de Bordeaux un cas de précocité psychique rare chez un enfant de 2 ans 1/2.
Le jeune Pierre M... est un bel enfant aux yeux expressifs, sans aucun stigmate physique de dégénérescence. Ses antécédents héréditaires ne sont pas mauvais : ses parents sont normaux.
Il a marché à treize mois et parlé à quinze.Dès ce moment, l’on s’aperçut qu’il était doué d’une mémoire prodigieuse
À quinze mois, son père lui ayant montré les images des rois de France, il était bientôt capable de les reconnaitre, de les nommer et de raconter leurs exploits. Si, par exemple, on lui désignait l’image de Napoléon I:, il répondait aussitôt : C’est Napoléon le Grand, et racontait les batailles d’Iéna et d’Austerlitz. En vain l’on essuye de le tromper, il rectifie toujours l’erreur ; si on lui demande par exemple, quel est le vainqueur d’Austerlitz, il ne se laissera pas induire en erreur, quoique la question soit prise au rebours, et répondra, c’est Napoléon I*,
Vers l’âge de deux ans il a appris en quelques jours et comme en se jouant les capitales de l’Europe et les chefs-lieux des départements français : il les sait imperturbablement,.
Son père au jour de l’an, ayant reçu une centaine de cartes de visite, lut les noms à haute voix, peu après l'enfant pouvait les distinguer exactement. Les images lintéressent particulièrement et il semble plutôt faire
appel à sa mémoire visuelle.