‹ De La Précocité Intellectuelle Étude Sur Le GénieChapitre 8 sur 29 · Michaut. Biographie universelle · texte numérisé non relu

Michaut. Biographie universelle

2, Emile Boutroux, Pascal, page 9.

par la moindre variation de température. Fils d’une vieille famille de magistrats auvergnats, il avait bien hérité des qualités de cette antique noblesse de robe, chez qui la droiture s’alliait à la plus grande fermeté. Son père, Etienne Pascal, second président en la cour des aides de Clermont-Ferrand, savant mathématicien, versé dans la physique, lié avec les plus habiles gens de cette époque, eut à cœur de donner à son fils une solide éducation. L'influence féminine fut peu exercée par sa mère, qu'il perdit à l’âge de trois ans ; mais ses sœurs Gilberte et Jacqueline y suppléèrent largement.

Ses relations avec la famille du célèbre avocat, Antoine Arnaud, ennemi des jésuites, ne fut pas sans influences sur le jeune Pascal. |

La principale maxime d’Etienne Pascal était de tenir toujours son enfant au-dessus de son ouvrage. Soit spontanément, soit sous l’influence de cette éducation, le besoin de comprendre s’éveilla vite en lui. Non seulement il demandait les raisons de toutes choses, mais il était difficile à satisfaire. Il faisait voir une netteté d’esprit admirable pour discerner le vrai du faux. Il ne se bornait pas à questionner : il cherchait par lui-même.

C’est de ce moment que datent les premières manifestations de son intelligence. Avant de savoir lire, il distinquait la cadence des vers de celle de la prose.

Quelqu'un ayant frappé un plat de faïence avec un couteau, il prit garde qu'il se produisait un grand son, mais que si du doigt on venait à toucher le plat, le son s’arrêtait aussitôt. Il en voulut savoir la cause, et se:mit

à faire mainte expérience sur les sons. Il y remarqua

tant de choses, que bientôt il composa sur ce sujet un traité en règle, qui fut trouvé tout à fait bien raisonné. Et, de fait, cet enfant de douze ans avait pratiqué, dans toute sa précision, la méthode expérimentale : remarque d’un fait curieux, comparaison des différents cas, conjectures sur la cause, expériences (1).

Etienne Pascal tenait particulièrement à ne point parler à l'enfant de mathématiques avant que celui-ci fût âgé de quinze ou seize ans. Or, le jeune Blaise était curieux d’explications sur les sujets mathématiques et posait des questions à son père. Celui-ci refusait de répondre, promettant à l’enfant de lui donner cet enseignement comme récompense quand il saurait le grec et le latin. Un jour pourtant, Blaise n’ayant encore que douze ans, son père le surprit occupé à démontrer la trente-deuxième proposition du premier livre d’Euclide. C’est par une série de déductions qu’il était arrivé à la solution des problèmes. Etienne Pascal lui avait dit un jour que la mathématique donnait le moyen de faire des figures justes et de trouver les proportions qu’elles avaient entre elles.

Pascal se mit à rêver sur cela à ses heures de récréation : avec du charbon il traçait des figures, cherchant à les faire justes. Il appelait un cercle un rond, une ligne, une barre. Il se forma des axiomes et des définitions, et il les combina en démonstrations successives. Cest ce qu'il expliqua à son père, lorsque celui-ci épouvanté lui demanda comment il était venu à la question qui l’occu-

pait. Il répondit qu'il avait préalablement trouvé telle

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