APAISEMENT DES ESPRITS
Mais soit par occasion ou autrement, c'est toutefois mal, et le zèle inconsidéré mérite punition.. . » Devant cette fermeté et ces menaces, les parleurs se turent et FEdit de Nantes fut enregistré le 25 février *.
Les esprits sages comprirent que la révolte était le pire des moyens pour arriver à leur but, et que la voie la plus sûre et la plus convenable était un appel respectueux au roi. Les évêques adressèrent à Henri IV leurs plaintes, au sujet des abus qui pouvaient résulter des nouvelles ordonnances à l'égard des huguenots. Henri IV, toujours préoccupé de la chaire, fait aux évêques certaines concessions, mais demande en retour leur surveillance sévère sur les prêtres qu'ils appellent à instruire les fidèles, et inscrit cet article dans l'arrêt qu'il rend à l'occasion de ces remontrances : « Les prédicateurs ne pourront obtenir la chaire des églises, même pour Pavent et le carême, sans la mission et la permission des
I La manière dont Henri IV s'adresse au Parlement de Bordeaux ^)our l'enregistrement de TEdit ne permet point de réplique : « J'ay faict un édict, je veux qu'il soit gardé ; et quoy que ce soit je veux être obéi, bien vous en prendra si vous le faites. »
II ne parle pas avec plus de douceur au Parlement de Toulouse : « J'aperçois bien que vous avés encore de l'Espagnol dedans le ventre... » et le reste. Voy. Lett. miss., t. V, p. 182.