‹ De la Prétendue Atrophie de la ProstateChapitre 11 sur 39 · À. FORME INFLAMMATOIRE ET TRAUMATIQUE · texte numérisé non relu

À. FORME INFLAMMATOIRE ET TRAUMATIQUE

Nous retrancherons d’abord de cette variété tous les

cas de contracture du col d'origine inflammatoire ainsi ‘que tous les cas opérés sous le nom d’atrophie inflammatoire, cas dans lesquels on enlève ou on sectionne non

pas la prostate mais le col de la vessie.

Des autres variétés nous dirions' que la prostatite aigüc suivie d’abcès de la prostate laissera évidemment aux lieu et place de l’abcès une cicatrice rétractile, foyer scléreux au niveau duquel la glande sera complètement détruite, inais si cette cicatrice ne crée pas un rétrécissement urétral, son existence n’a aucune importance relativement

aux fonctions vésicales.

La prostalite chronique cause d'habitude une tuméfaction de la glande mais rarement le processus scléreux peut l'emporter si bien que la glande paraît de volume normal ou plus petit que normal. ArBARRAN n'a jamais observé une telle forme : « personnellement je n'ai vu l’atrophie qui consécutivement à la destruction de la glande par prostatite suppuréc. » Pourtant il reconnaît l'existence de cette atrophie prostatique d’origine inflammatoire « l’un de nous a décrit : enfin une prostatite chronique hypertrophiante dont les caractères sont les suivants prostate généralement pelite ou moyenne sans déformation du col et sans lobe médian : à la coupe prostate plutôt molle de consistance ferme ou spongieuse, sans corps sphéroïdes; structures de prostatite chronique sans développement adénomateux marqué. Evolution longue déterminant plutôt dés rétentions incomplètes que de grandes rétentions. Echec probable, complet ou partiel, de la prostatectomie, tout au moins dans les formes avec rétention incomplète et prostate de médiocre volume. » (AzBarran et NoGues). Cette atrophie prostatique inflammatoire très rare apparemment pourrait alors devenir

par transformation fibreuse et rétraction « concentrique » une prostatite « oblitérante (Le Fun) » rétrécissant l’urètre « dans l’urêtre prostatique le tissu glandulaire joue visà vis des rétrécissements un rôle analogue au tissu spongieux pour les rétrécissements de l'urètre antérieur » (LE Fur). Telle serait donc l’origine de certaines de ces rétentions attribuées aux prostatites chroniques, mais celte rétention peut aussi bien s’observer avec une prostatite hypertrophiante, telles les observations de JANET, GoLDB8ErG, qu'au cours de prostatites atrophiques dont Morz et Ar- RÈSE ont cité des exemples. Mais ces auteurs ne signalent pas de rétraction concomitante de l’urètre postérieur. Il est probable qu'il s’agit ici comme dans les rétentions que nous étudierons plus loin (fibro-myome cervical), d'une lésion de sphincter interne causée non point par les glandes prostatiques mêmes trop éloignées de lui, mais par ces glandes sous-urétrales qui pénè- ‘trent dans la couche musculaire longitudinale, donc voisinent d'assez près le sphincter lui-même ; ce sphincter réagirait, s’hypertrophierait ou se -scléroserait, fermant un vrai rétrécissement cervical d'origine urétrale. Mais alors nous avons quitté le domaine des affections prostatiques pour entrer dans celui des affections cervicales, objet d’une discussion ultérieure.

La tuberculose prostatique, nodulaire ou même suppurée puis guérie par transformation fibreuse put rétracter la glande tout comme une cicatrice d’abcès chaud. Bur- KHARDT a rapporté trois exemples convaincants, mais dans aucun d’eux il ne signale une conséquence clinique, un trouble fonctionnel.

Et que l’inflammation soit provoquée par une chute

sur le périnée, par un traumatisme interne (fausse route)

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ou même par périnéotomie suivie de drainage (cas de Harrisson), le fait est le même, l’atrophie existe mais elle n’a pas plus d'intérêt pour le clinicien.

BB. L'atrophie cachectique, observée au cours des maladies graves, est une sorte d'amaigrissement de la glande proportionné à celui des autres organes : tous les tissus se raréfient également d’après les constatations microscopiques. Mais quelle influence a cette atrophie sur le cours de la maladie causale ?: Ë

D'ailleurs ne pourrait-on considérer aussi bien ces cas « comme des exemples de développement incomplet méconnus jusqu'à la mort et plus dignes de figurer au chapitre des vices de conformation » (Vorrcemier et LE DEN- TU).

C. L'atrophie par compression provoquée par le voisinage de tumeurs volumineuses est un simple épiphénomène surajouté à l’histoire de ces néoplasmes. Un kyste hydatique du petit bassin peut bien comprimer la prostate sur sa base (obs. de M. Maniow, 3. d'Urol, 1914) mais ce contact avec la prostate n’a qu'un intérêt diagnostic : la tumeur vient-elle de la prostate ou est-elle simplement ad jacente, — De même au cours d'un cancer du rectum Île problème de l’extension à la prostate est plus intéressant que celui de la compression possible de cet organe. Vorr- LEMIER €t Le Denru ont rapporté un exemple d’atrophie d'un lobe comprimé simplement par un cancer du rectum, — D'ailleurs les tumeurs prostatiques elles-mêmes, qui semblent hypertrophier la prostate, l’étalent en réalité, l’amincissent et la réduisent : tel est le cas des kystes de la prostate, et surtout de l’hypertrophie prostatique: l’'adénome prostatique refoule la glande, s’en enveloppe comme d’une véritable capsule si bien que, comme le dit

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Pisrre Derser, « la maladie connue sous le nom d’'hypertrophie de la prostate est caractérisée par l’atrophie de cette glande ».

Le rétrécissement urétral serré en arrière duquel se dilate l’urètre en entonnoir produit évidemment le même effet sur la glande et l'antagonisme du rétrécissement avec l’hypertrophie de la prostate est un fait reconnu, malgré l'opinion inverse de Burckardt. CABOT à apporté récemment 30 observations confirmant cet antagonisme et à ce sujet W. Brirr Burns a cité un cas, un seul, d’as-

sociation de ces deux lésions.

D. Atrophie congénitale. Cette forme correspond à - deux ordres de faits différents. Dans tout un groupe de cas il n'y a non pas atrophie d’une prostate qui ne s'est jamaig complètement développée, mais absence de développement au moment de la puberté, et ceci en raison généralement d’une malformation quelconque, portant en général sur l’un des deux testicules (ectopie, atrophie) ou encore en raison d'affections congénitales (syphilis héréditaire avec haricocèle) ou mème du fait de maladies infectieuses du jeune âge compliquées de localisations testiculaires, telles que les oreillons. La prostate ne se développe pas parce que le testicule reste lui-même dans le même état. — Enfin il se peut que la prostate se développe plus ou moins suivant la constitution générale de l'individu, mais dans ce cas Les rapports de proportion sont conservés et il est vraiment injustifié de prétendre alors que la prostate se trouve dans un état pathologique, si l'individu est normal par aïlleurs. — L'autre catégorie de faits s'adresse bien effectivement à une atrophie vraie de la prostate ; ce sont les cas d’atrophie consécutive à une castration, une épididymectomie ou une affection

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