‹ De la Prétendue Atrophie de la ProstateChapitre 12 sur 39 · PR RE · texte numérisé non relu

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sestructive du testicule survenue après puberté, la glande régresse vraiment, perd ses éléments glandulaires et

conserve son stroma fiBro-musculaire plus ou moins diminué. Les expériences faites sur divers animaux ont dé-

montré cette vérité jusqu’à l'évidence et c'est même la connaissance de ces faits qui avait déterminé les chirurgiens aux différentes opérations pratiquées sur les testicules ou le cordon en cas d'hypertrophic de la prostate. Mais comme l’hypertrophie de la prostate ne porte malheureusement pas sur la prostate ces opérations n'eurent qu'un résultat c'est de congestionner la région sans produire réellement d’atrophie. Les cas de soi-disant atrophie signalés de même par Bazy/chez des prostatiques porteurs d’une sonde à demeure sont probablement susceptibles de la même explication et ne relèvent point d'une atrophie par pression instrumentale comme le pense BurxHArDT. La prostate est atrophiée chez les eunuques, des exemples très nombreux sont rapportés à ce sujet dans les” travaux de Gauparp et de Launois. Enfin le Rôntgenérisation des testicules normaux peut produire le même résultat que la castration : Sasaki (1913) a fait quelques expériences démonstratives à ce point de vue.

Donc l’atrophie fonctionnelle de la prostate est un fait certain, mais pour nous son seul intérêt est de savoir si elle peut, à l'inverse des formes précédentes, créer des troubles urinaires et sexuels, si elle peut en un mot provoquer le tableau clinique que les auteurs allemands prétent à l’atrophie de la prostate.

Remarquons d’abord qu'aucune observation démonstrative n'en est donnée. EncLiscn rapporte des observations d’enurésie avec petite prostate auxquelles on pourrait parfaitement trouver une autre étiologie ( tuberculose

rénale infantile, incontinence dite essentielle) ses observations ne sont nullement démonstratives, elles ne sont fon- - dées que sur des documents cliniques de valeur très contestable. Aussi ne les rapporterons-nous pas. Encziscx d’ailleurs accuse Fl'atrophie prostatique de provoquer la formation de valvules du col, d'entraîner une atrophie concomitante du sphincter et de provoquer par ce mécanisme une incontinence, parfois liée à de la rétention. Or nous savons ce qu'il faut penser de ces formations valvulaires auxquelles on ne prête plus aucun crédit de nos jours. Quant à l'insuffisance du sphincter provoquant l’in-

continence, l'interprétation est assurément fausse d’abord parce qu'il y a de la rétention assez souvent associée, ensuite parce que, même si le sphincter interne était insuffisant, le sphincter externe serait capable de retenir l'urine par sa simple tonicité comme il le fait quand on a enlevé le sphincter interne au cours d’une prostatecto-

mie.

Notre malade de l’obs. 37 aurait certes paru un exemple démonstratif, de l'importance clinique de l’atrophie prostatique pour les partisans de cette conception : il avait un lobe complètement atrophié du côté d'un testicule ectopique, il était jeune et déjà rétentionniste. Or il a gué-

ri complètement par énucléation du col.

Quant à l'influence de l'atrophie prostatique sur les fonctions sexuelles, elle peut être vraie en principe : HAR- RISON a signalé le cas de deux individus restés inféconds parce qu'ils avaient une prostate atrophiée ; cependant en général une prostate atrophiée est le corollaire d’une atrophie du testicule et- c'est bien plutôt à cette dernière qu'il faudrait rapporter tous les troubles prêtés à la pre-

mière,

E. Atrophie sénile. — L’involution sénile de la prostate se fait généralement sous forme de cirrhose hypertrophique opposée à une cirrhose atrophique du testicule. Mais il est possible que l'élément glandulairé disparaisse sans que l'élément fibro-musculaire s’hypertrophie franchement et au total une prostate sénile peut fort bien être plus petite que normale. C’est ée que tendent à démontrer les nombreuses statistiques cadavériques faites par Soc, Taompsow, Messer sur des sujets ayant dépassé 5o ans. Mais tous ces sujets étaient morts d’autres affections, et il n’est dit pour aucun si cette atrophie avait provoqué la moindre gêne pendant la vie. Ces statistiques n'ont donc aucune valeur pour l'étude du prostatisme, seul Bur- KHARDT s’est attaché à rechercher parmi les urinairés ceux qui étaient porteurs d'une petite prostate et déjà lé pourcentage qu'a donné cet auteur est des plus minimes. Comme d’autre part il ne donne pas les observations qui pourraient corroborer ses dires il est probable que ces petites prostates masquaient, comme pour les cas que nous allons étudier par la suite, une petite hypertrophie.

Monrz et ARRESE ont signalé de ces petites hypertrophies prostatiques se transformant en cancers et ayant été cause de prostatisme. Ces cas rentrent en réalité dans la classe des petites hypertrophies, la transformation can: céreuse étant tardive et probablement sans influence sur le complexus clinique. Nous n’avons pu en tout cas trouver aucune observation de cancer primitif de la prostate caractérisé par une atrophie de la glande : il n'existe pas

ici comme pour le sein de squirre atrophique.

Conclusion

L’atrophie vraie de la prostate est donc ‘un état qu'on rencontre assez rarement, et dont l'existence peut soulever quelques problèmes intéressants de physiologie pa- ; thologique. Cet état a une expression histologique connue, mais n’a pas de traduction clinique et il est injuste

d'en vouloir faire une entité clinique. Les symptômes que les auteurs allemands décrivent comme appartenant à l’atrophie sont donc liés à une autre cause, c’est-à-dire à Fexistence de ces petites hypertrophies enlevées chirurgicalement sous le nom d’atrophie inflammatoire ou sénile. La plupart des cas de ces deux affections doivent donc être distraits de l’étude de l’atrophie vraie et trouver leur place dans l'étude des fausses atrophies qu enous allons

entreprendre.

Parts

Fausses atrophies de la prostate

Les diverses opinions scientifiques que nous allons dis- cuter ont toutes eu le même point de départ, c'est-à-dire que les divers observateurs poussés par la même curiosité scientifique et le même désir de guérir, ont recherché la cause de ces rétentions chroniques d’urine, en apparence essentielles, simulant celle de lhypertrophie prostatique et que Guyon avait appelée provisoirement « prostatisme sans prostate ». Ces recherches ont porté surtout sur la prostate ou plus exactement sur la région du col de la vessie et grâce aux tentatives opératoires devenues courantes sur cette région on a reconuu la fréquence de la lésion cervicale. Les uns ont reconnu l'obstacle en faisant un toucher intracervical et en sentant à ce niveau un anneau résistant qu'ils ont nommé : contracture du col. Les autres ont perçu cet obstacle par palpation de sa surface : ils ont senti une petite tumeur qu'ils ont énucléée, et la petite tumeur ainsi enlevée a été appelée soit prostate atrophiée, soit petite hypertrophie.

Le nom seul de l'affection change car dans tous ces cas comme le démontrent les observations rapportées ci-après, on à retrouvé la même petite tumeur cervicale, donnant dans tous les cas les mêmes signes essentiels du protatisme, nous voulons donc établir que dans tous ces cas :

1°) le processus est localisé au col ;

2° les altérations histologiques sont voisines et de méme sens ; |

3°) le tableau clinique est le même, consistant essen- . tiellement en rétention d'urine et non pas en incontinence sans rétention ;

4°) Qu’enfin le traitement à adopter doit être fondé sur les données précédentes .

Une seule question reste et restera peut-être longtemps encore discutable, c’est celle de l’origine de ce processus : les uns y voient une inflammation (atrophie inflam.) les autres un spasme (contracture du col) d’autres enfin un processus sénile d'origine indéterminéee comme l’hypertrophie (atrophie sénile). Toutes les opinions peuvent être soutenues à ce sujet.

A) L’'affection est cervicale. — Nous comprenons au point de vue pathologique le col, non pas comme le simpie orifice de communication de la vessie avec l’urêtre, mais comme une toute petite région composée de la muqueuse cervicale avec ses glandes, et les deux couches musculaires qui la doublent, la couche circulaire étant beaucoup plus épaisse et formant le sphincter interne. Cette région pourrait même se prolonger au bas jusqu'au véru montanum puisque le tissu spongieux de lurêtre n'apparaît qu'à ce niveau, elle a d'autre part des connexions assez intimes avec le trigone qui possède un groupe de glandes semblables et échange avec elle des fibres musculaires. Le col est donc une petite région tout comme l’est le pylore et l'anneau musculaire, le sphincter possède dans chacune une importance pathologique primordiale.

C’est dans le col ainsi compris que se développent les

petites tumeurs que nous étudions. Le fait est indiscutable

po

pour cet anneau resserré, retréci que les américains setitent au doigt à ce niveau précisément. Quant aux petites prostates atrophiées elles viennent aussi de cette région car du fait même qu'on peut les enlever en masse elles ne sont pas constituées par la prostate même qu'on ne put ainsi énucléer de l’avis des chirurgiens habitués à ce genre d'opération, (ZuckeRkANDL, MARION) mais bien par des lumeurs cervicales: «enlever d’un bloc la prostate par la voie sus-pubienne est chose impossible ; on peut l'enlever sous forme de deux masses séparées mais pas autrement ». (MARION).

De plus on enlève parfois tout le pourtour de l’urètre avec elles : or seul le sphincter entoure tout l’urètre, et l'on eniève ce qui est en dedans de lui et non pas ce qui est en dehors de lui. Il se peut que le doigt s’écarte un peu de la zone du sphincter, zone dans laquelle il ren- . contre moins de résistance et qu'il clive plus facilement bien qu’un peu artificiellement puisque tous les plans sont mis à Ce niveau, on enlève alors un peu du tissu. glandulaire voisin et la prostatectomie devient beaucoup plus difficile, mais jamais on n’enlève la prostate ellemême, car cette entreprise serait presque irréalisable à en juger par ce que l’on peut obtenir sur le cadavre. D'ailleurs quand on intervient sur la prostate même, témoin dans les prostatites chroniques, on enlève non pas toute la prostate, mais les lobes de celle-ci sous forme de deux corps en forme d'amende (MarroN).

Si en effet on enlevait la prostate elle-même on retrouverait sur les coupes les canaux éjaculateurs, ét les traces du véru montanum, or dans aucune des pièces dont l’examen a été soigneusement fait on ne signale rien de tel,

Enfin ces petites tumeurs, souvent très petites, occa-

= Pa

sionnent généralement une déformation du col nettement appréciable à la cystoscopie, or elles ne soulèveraient pas la muqueuse si elles en étaient éloignées et séparées par la couche du sphincter lisse. Le processus dont nous nous occupons semble donc bien comme l’hypertrophie de la prostate ou simplement le lobe médian suivant les avis, naître en dedans du sphincter lisse au voisinage des glandes sous-muqueuses. Rappelons à ce sujet que le point d’origine de l’hypertrophie de la protaste reste encore discuté, M. Cuevassu a montré l'existence d’adénomes vrais dans la prostate elle-même, alors qu’en général on admet l’origine intrasphinctérienne exclusive de l’hypertrophie. Cette dernière opinion s'appuie sur de nombreux arguments auxquels on peut encore ajouter. M. Caevassu admet que des adénomes peuvent naître en même temps de points très différents de la prostate et aussi bien en dedans qu’en dehors du sphincter ; il est dès lors difficile de comprendre qu’on enlève toujours d’un bloc une hypertrophie, et qu'on n'ait pas à rechercher d’autres noyaux, d’ailleurs faciles à méconnaître quand ils sont petits. Aussitôt se pose alors cette question : pourquoi l’hypertrophie de la prostate ne récidive-t-elle pas ? Les formations intra-prostatiques observées par M. CHevassu n'ont donc pas grande importance au point de vue opératoire, seule l’hypertrophie née en dedans du sphincter trouble le jeu de celui-ci d’une façon telle que la rétention s'ensuit, et ce mécanisme est précisément commun à l'hypertrophie et à la prétendue atrophie de la prostate. La rétention résulte d’un spasme du col bien plus que d’une inhibition vésicale.

>) Examen de la pièce. — Les petites prostates enlevées

opératoirement se présentent sous plusieurs aspects qu'on

an A us

peut cependant ramener à deux types schématiques. Dans l'un figure (1), la pièce a la forme d’une petite masse arrondie, traversée de part en part par l’urétre ; cette forme arrondie, circulaire, le contour lisse sur lequel se dessinent des fibres circulaires, attestent bien qu’on n’a enlevé que le col, un col hypertrophié, épais et non pas une prostate atrophiée, fibreuse entourant un col rétracté. C'est à tort que Escar a repris cette ancienne théorie au

congrès d’urologie de 1913 « cette rétraction du col vési-

Fig. (4) Fig. (2) Petite prostate, forme Forme avec petit lobe arrondie médian

cal s’observe également alors qu'il n'existe aucune saillie cervicale et que la prostate est complètement atrophiée, réduite parfois à un noyau fibreux impossible à délimiter entre les deux index qui tentent de l’énucléer. Le prostatisme est souvent le résultat de l’atrophie de la prostate et ces cas ne doivent pas être systématiquement rattachées à l’hypertrophie prostatique. » Ges cas ne doivent pas plus être systématiquement rapportés à l’atrophie, et il faut bien convenir que M. Escar n'’affirme son opinion que sur ce fait de l’existence d’un anneau

circulaire, qui semble rétracté et sclérosé, il n'apporte

aucun examen histologique montrant que de telles pièces sont formées par la prostate elle-même’ Nous verrons que ces hypertrophies annulaires sont essentiellement des myomes du col, Corsar donne le dessin (obs. 12) d’une pièce semblable dont il compare l'aspect à celui d’un jambon ficelé de cordes.

L'autre variété de petites prostates (fig. 2) enlevées chirurgicalement n'est plus nettement arrondie, mais bossuée par la présence d’un ou plusieurs nodules qui déforment son contour supérieur et son contour inférieur ; le petit nodule postérieur et supérieur, quand il existe, a en somme tout Flair d’un petit lobe médian ; l’analogie de l’atrophie avec l’hypertrophie est alors frappante et a été reconnue par les défenseurs de l’atrophie. « Au total, nous avons à faire à une formation analogue à celle de l’hypertrophie prostatique avec développement d'un lobe moyen, avec cette différence que tout est ici en miniature. » (SussenGuTa). C'est ce qu’EscatT appelle les cas mixtes « où l’on trouve une atrophie générale de la glande et une petite hypertrophie des lobes latéraux et des glandes sus-cervicales ; dans cette hypertrophie la formation de l’adénome laisse la glande à un volume insignifiant ; on extrait ainsi de petites glandes avec 3 lobes dont le poids ne dépasse pas 2, 3, 5 grammes » (Escat). Cette affirmation d’EscaAT est purement gratuite, pourquoi ces petits nodules, qui représentent pour iui les trois lobes de la glande, ne seraient-ils pas plutôt de petits noyaux adénomateux. On a déjà beaucoup de . peine à démontrer l'existence de ces 3 lobes anatomiques, il doit être pour ainsi dire impossible de les reconnaître avec le doigt au cours d’une prostatectomie. Mais accep-

tons cette interprétation pour un moment : l’anneau

: Fig. 3. — Coupe de la prostate de l'obs. 37 avec l'extrémité | } de la lumière urêtrale en haut, la couche musculaire longi- rs . tudinale contenant quelques glandes et des vaisseaux au mi- è de

; lieu ; en bas une partie de l'anneau circulaire périphérique,

Fig. 4. — Schéma général d’une coupe transversale de la prostate de l’obs. 37. Au centre : myome composé de fibres longitudinales et contenant la lumière urétrale étoilée avec quelques glandes aux pointes. Au pourtour, anneau incomplet et détaché de fibres circulaires.

scléreux représente la prostate atrophiée. Il faut admettre alors que le petit lobe médian est du reste non atrophié, hypertrophié au contraire et saillant du côté de la vessie. Ceci aboutit à admettre un double processus, une atrophie prostatique, une hypertrophie des glandes cervicales ; sans qu'on puisse comprendre pourquoi ces diverses glandes auraient subi un sort si différent. Au contraire, la théorie de la petite hypertrophie est bien plus logique avec elle-même : l'anneau est pour elle du fibromyome, les petites tumeurs surajoutées sont des adénomes ou plus exactement des adéno-fibro-myomes : ces deux formations étant des expressions diverses de l’hypertrophie comme le dénontre l'étude de quelques coupes. Cosar objecte qu'il est fréquent de trouver dans le foie, le rein, des adénomes alors que l'organe est sclérosé, atrophié, ainsi dans la cirrhose atrophique, la néphrite chronique. Mais, outre que l’atrophie n’est pas ici aussi facilement appréciable que pour les autres organes, nous ferons observer que la formation connue sous le nom d’adénome de la prostate n’est aucunement comparable aux adénomes d’autres organes : rein, sein. Dans ceux ci, on trouve une formation bien circonserite au milieu de la glande, alors que dans l’adénome prostatique il s'agit d’une formation plus diffuse d’une sorte de polyadénome. Cette opinion correspond d’ailleurs exactement à celle de VESzPREMI qui a coupé 38 prostates enlevées par STEINER et conclut que l’hypertrophie (l’adénome) n’est pas un adénome mais une multiplication de la glande sur son type primitif avec légère dilatation glandulaire, aussi l’appelle-t-il « une intumescence sénile nodulaire et diffuse de la prostate, intumescence glandulaire ou glandulaire kystique. »

nb

Examen histologique et pathogénique. — Si nous admettons donc comme démontré que les petites pros- tates enlevées opératoirement correspondent au col de la vessie et non à la prostate, leur constitution histologique, encore mieux que leur volume, démontre que ces forma-

tions sont dues à une hypertrophie des tissus de cette région : tissu musculo-fibreux ou glandes ; mais avec prédominance du tissus musculaire en général. Nous exposerons donc d’abord les résultats histologiques que nous ont fournis les examens de petites prostates enlevées récemment par notre maître M. Marion, examens faits par M. P. Masson dont la compétence en‘'la matière ne saurait être discutée — puis nous mettrons en parallèle ces résultats avec ceux des autres auteurs : Trois des pièces enlevées par M. Marion étaient des myomes presque purs, donnant à l’œil la même impression qu’une coupe de fibro-myome uterin. L’une d'elles est particu- . Hèrement typique et c'est elle que nous avons fait reurésenter dans les figures 3 et 4 la figure 4 donnant un schéma général de la coupe entière, la figure 3 représentant un champ d2 celle-ci (malade de l’obs. 33).

Ces coupes montrent que la lumière urétrale aplatie se trouve assez en dehors du centre de la coupe et qu’elle est configurée en T. Des extrémités de ce T partent quelques amas de glandes, lesquelles se disposent au sein d’un noyau myomaleux pur arrondi et constitué presque uniquement de fibres longitudinales, parallèles à l’urètre, doupf£es ici perpendiculairement. A sa périphérie ce noyau est entouré d’un anneau de fibres circulaires en partie détachées et clivées d’avec le noyau longitudinal, c'est pourquoi existe sur la figure un espace entre ces

deux formations. Les connexions de ces deux couches de

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fibres devaient être peu solides puisque leurs liens se sont rompus au cours de l’énucléation. En somme nous avons à faire ici à un myome développé dans cette couche longitudinale lisse considérablement épaissie et au sein de laquelle existent les glandes sous-urétrales non modifiées, mais plus nombreuses que normalement. Le sphincter lisse a servi en partie de plan de clivage. Nous saisissons donc le processus à son début, chez un prostatique jeune de Ar ans sans blénnorragie antérieure ; le | processus est exactement limité au col, le fait est indénia- .ble d’après les coupes ; ét d’autre part l’obstacle a été enlevé en entier puisque la guérison a été complète. Une autre observation (obs. 38) concerne également un autre prostatique plus jeune encore, 30 ans, dysurique depuis un an et la coupe de la pièce présente le même aspect histologique général, c’est-à-dire qu'il s’agit ici encore d’un myome presque pur mais dont les k fibres sont orientées en tous sens, plexiformes. Ici encore la guérison a été complète. La même forme peut d’ailleurs se rencontrer encore à un âge plus avancé chez le vrai prostatique. Tel était le cas du malade de l'obs. 39, âgé de 68 ans, dysurique depuis un an et chez lequel il s’agissait encore d’un fibro-myome presque pur.

La part de l'élément fibreux peut d’ailleurs augmenter peu à peu et non point en proportion avec l’âge du malade, ni même en raison d’une origine inflammatoire de l'affection puisque ce malade de 62 ans (obs. 42) n'avait, jamais eu d’uretrite, mais plutôt du fait de la longue durée de la rétention. Une rétention chronique, en effet, oblige aux cathétérismes, ceux-ci sont l’origine d’une infection plus ou moins marquée, qu'on retrouve sous forme de foyers d'infiltration inflammatoire. C’est de la

sorte que les myomes prostatiques pourraient devenir en partie fibreux comme chez notre malade de l’obs. 42, rétentionniste depuis 5 ans, et infecté par sondages. En sorte que toutes ces formations néoplasiques, caractéri- ‘sées surtout par une modification du stroma musculaire - sont voisines et du même type, ce sont des fibro-myomes.

Ce sont essentiellement des fibro-myomes, mais on y retrouve toujours des éléments glandulaires, clair semés, d'aspect normal ou altéré, et souvent localisés en un point de la préparation, ainsi dans l’obs. 42. Evidemment la prolifération glandulaire existe à peine dans les cas précédents, cépendant elle y est déjà ébauchée en certains points et finalement on peut dire qu'il existe toutes les formes de transition entre le fibro-myome et, l’'adénome ou plutôt l’adéno-fibro-myome, car nous n'avons jamais observé dans ces petites prostates de formations glandulaires pures. Voici, par exemple, la pièce de l’obs. 40 dans laquelle existaient les deux types de néoplasies superposées ; en. bas un noyau fibro-myomateux, correspondant probablement au col lui-même, en haut un adeno-fibro-myome ajouré par de nombreuses glandes dilatées, festonnées, telles qu’on les rencontre dans l’hypertrophie vraie. Les glandes étant séparées par du stroma à type musculaire et à travées peu épaisses. Cette seconde portion constituait un adénome énücléé et saillant du côté de la vessie.

Enfin dans l’obs. 41 c’est partout l'aspect d'adéno-fibro-myome avec nombreuses cavités glandulaires plus ou moins kystiques. ; G

Dans toutes ces pièces on trouvait des corps amylacés dans les cavités acineuses et suivant les cas une infiltra-

tion lymphocytaire détendue et d'intensité variables,

Due

Enfin nous devons ajouter qu’à la périphérie de ces pièces on ne trouvait que très indistinctement en général une formation capsulaire se traduisant simplement par une bordure de fibres de même direction. Souvent cette délimitation manquait de netteté, parfois même la tumeur semblait vraiment arrachée. On $'explique cette particularité en se souvenant que dans toutes les observations on signale quelque difficulté d'énucléation, jamais une petite prostate ne s’énuclée aussi facilement qu’une grosse, le doigt sait cependant trouver une zone de moindre adhérence et c'est là qu'il doit passer pour isoler la néoformation, mais si ce plan de clivage est perceptible pour le doigt, il n’a pas, en général, d’équivalent histologique et c'est pourquoi on ne trouve pas toujours autour de ces petites prostates cette enveloppe de fibres circulaires laches qui entoure les grosses hypertrophies, précisément parce que celles-ci seules atrophient par compression les éléments prostatiques voisins pour s'en former une capsule. Cette adhérence des petites prostates peut donc s'expliquer sans qu’on ait à faire intervenir * des adhérences d’origine inflammatoire au pourtour ‘de l'organe, ou alors on ne pourrait vraiment plus s'expliquer qu'il soit possible d'enlever isolément chacun des lobes de la prostate au cours d’une prostatique chronique ancienne, comme l’a fait M. Marion, (congrès d'Urologie 1918) car ici le processus inflammatoire est beaucoup plus intense et plus manifeste,

Les petites hypertrophies du col sont donc d’après nos examens histologiques des formations adéno-fibro-myomaleuses avec prédominance possible de l’un ou l’autre

élément. Quelles analogies ou quelles différences rappro-

chent ou distinguent ces néoformations évidentes des

petites prostates, des atrophies prostatiques ou de la sclérose du col ? C’est ce que nous apprennent les constatations ‘microscopiques faites et publiées auparavant, sur pièces obtenues opératoirement.

CARRARO qui à observé des prostatiques sans prostate : rapporte 4 examens histologiques parfaitement superposables aux nôtres et conclut à l’adénome. Dans ces 4 cas, il y avait au milieu d’un stroma fibreux assez abondant de petites glandes d'aspect à peu près normal. Donc forme mixte.

FayoL, Vrannay, BLANC, ont rapporté l’histoire de quelques cas de ces petites hypertrophies, mais ils n'en donnent pas l’examen histologique.

Pour les cäs dits d’« atrophie » 2. la prostate Barr, GROGSLIK, VESZPREMI, SUSESGUTH, Cogsar et PosnEr signalent le résultat de l'examen histologique de leurs pièces. BArTH donne peu de renseignements, mais il fait état surtout de l’infiltration inflammatoire et du développement du tissu scléreux pour déclarer qu’il s’agit d’une sorte de prostatite chronique. Remarquons que son premier malade était infecté et que le second (prostate scléreuse) était prostatique depuis 3 ans, celui-ci présentait d’ailleurs non point des glandes atrophiées, comprimées par sclérose, mais de la dilatation des acini, au total une altération assez semblable à celle d’une petite hypertrophie. |

Dans les 3 observations de Grocsiik la coupe est constituée par un mélange de petites glandes, de tissu fibreux avec nodules inflammatoires et de tissu musculaire, mais ces glandes ne sont pas du tout en voie d’'atrophie et si

elles sont peu nombreuses, leur aspect est normal, fes-

SO tonné, souvent même elles sont un peu dilatées « on ne trouve pas dans ces préparations de glandes en voie d'atrophie avec lumière étroite et épithélium bas, ni des restes de glandes atrophiées tels que corps amylacés dans des espaces conjonctifs comme cela s’observe dans les cas d’atrophie inflammatoire. » Inversement existent (obs. 4) de ces corps sphéroïdes, amas arrondis en tourbillons, corps fibreux de la prostate de Virchow, qui se retrouvent dans les hypertrophies authentiques de la prostate. Il existe même à la périphérie d’une coupe un plus gros foyer qui « rappelle un peu les formations décrites dans les fibro-myomes. » Il y a donc analogie complète avec

ce que nous avons pu observer nous-même.

Par contre SussenGuTa a observé et décrit (obs. 6) un cas d’atrophie qu'il appelle sénile dans lequel le revêtement épithélial des glandes est aplati, il est vraï, mais non par atrophie, simplement par dilatation des cavités glandulaires ; les glandes l’emportant sur le stroma fibro-musculaire non hypertrophié. Cette description ne ressemble guère à celle de l’atrophie sénile vraie de la prostate donnée antérieurement, elle se rapproche beaucoup plus du type de l’adénome : et précisément la petite prostate enlevée par Sussencurn présentait deux lobes gros comme des haricots qui nous semblent donc être

des adénomes. Les 3 obs. de Corsar (obs. 12, 13, 14) se | rapportent à des cas analogues : l’obs. 12 est un type mixte, l’auteur reconnaît. d’ailleurs lui-même la formation adénomateuse et n’affirme l’atrophie qu’en raison du petit volume de la pièce ; l’obs. 13 est une hypertrophie fibro-glandulaire avec glandes dilatées et infiltration in-

flammatoire. Dans l'obs. 14 l'organe n’a pu être enlevé,

. Poser (obs. 8, 9, 10, 11) se contente de procéder par affirmation quand il en vient à l'examen histologique : il affirme l'inflammation dans un cas, la « cirrhose »pros tatique dans l’autre observation. Quant à sa 4° observation (obs. 11) elle semble plutôt se rapporter à une barre interurétéral du genre de celles décrites par PAsQUEREAU et Deron. Dans tous ces examens se trouvent signalées des altérations du revêtement épithélial des glandes : dégénérescence, desquamation, auxquelles nous n'avons pas attribué grande importance car on peut les expliquer facilement par les nombreuses malaxations effectuées. au cours d’une énucléation difficile ou encore par une fixation retardée de la pièce.

VEszpREMI à examiné au microscope 38 prostates hypertrophiées énuclées par STEINER suivant la technique de Freyer. Sur le nombre 4 de ces prostates étaient plus petites, atrophiées (deux d’entre elles simulaient le lobe median), l’énucléation en avait été difficile. VeszpREMI pense lui aussi que ces petites prostates sont la cause habituelle du prostatisme sans prostate. L'atrophie s’expliquait par un processus inflammatoire, dont l’auteur retrouve les traces.

D'après lui les caractéristiques histologiques de l’atrophie se résument ainsi : «les glandes se trouvent toujours -en nombre beaucoup plus restreint que dans le type précédent, le tissu conjonctif et musculaire l’emportent,souvent ils existent en quantité égale, mais souvent aussi le tissu conjonctif prédomine ». Les glandes seraient en général petites, ratatinées, réduites à l’état de boyaux épithéliaux. Mais « il faut cependant remarquer que ces prostates présentent dans maints cas des parties où existent des glandes bien conservées ou même des groupes glandulaircs

PARIS ü

complets ». Ges portions auraient subi une hypertrophie compensatrice. Mais nous savons que ce sont en réalité des portions adénomateuses. Donc exception faite pour l'interprétation qu'il en tire, nous ne pouvons que souscrire aux conclusions de VeszPREMI qui Considère ces petites petites protates comme « une intumescence fibreuse ou

prostates comme « une intumescence fibreuse ou fibro- :

myomateuse ».

La majorité des petites prostates sont en effet à prédo-

minance fibro-myomatceuse, il en était ainsi dans 4 de nos observations sur 6. L'existence de ces myonies -presque purs est d’ailleurs un fait connu dans l’histoire de l'hypertrophie de la prostate : Morz et PEREARNAU en avaient trouvé 3 cas sur 64 prostates hypertrophiées. Et ils prétendent en avoir trouvé deux: fois de petits sur des prostates « normales », disons plutôt « cliniquement nor-

males ». D'ailleurs l’analogie des corps sphéroïdes avec

les fibromes utérins avait été signalée par les premiers

observateurs : VELPEAU, VircHow et a ioujours été ad-

mise depuis. Les hypertrophies dites « fibreuses » qu’Ar-

BARRAN considère comme très rares doivent correspondre également à la variété en question, les fibres musculaires et conjonctives ayant assez d'analogie pour qu'on puisse les confondre quand on ne prend pas le soin de les dis-

tinguer par une coloration différente.

L'atrophie de la prostate est donc une petite hypertro phie cervicale, en est-il de même pour les faits connus sous le nom! de contracture du col ? La solution du problème est ici plus diffcile car ceux qui ont opéré une telle lésion se contentent de sectionner ou dilater le col

sans l'enlever, aussi le contrôle anatomique est impossi-

ble. Seul Cnorzorr cite un cas d'examen histologique.

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