‹ De la Prétendue Atrophie de la ProstateChapitre 21 sur 39 · AR · texte numérisé non relu

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nerveux, porteur de paquets hémorroïdares développés, retentionniste complet obligé à 4 à 6 catheterismes dans la journée, L'urine recueillie par cathétérisme contenait 0 gr. 5 d’albumine 0/00 et de nombreux leucocytes dans le sédiment, Au toucher rectal la prostate se montrait non augmentée de volume, lisse et de consistance normale. A la cystoscopie on ne trouve aucune altération du col vésical, mais des colonnes très développés avec des cellules. Signes de cystite. Aucun signe d'affection du système nerveux centrai, ni syphilis, ni blénnorragie.

| D'après ces faits j'ai pensé qu'il s'agissait de troubles de prostatisme sénile sans hypertrophie de la prostate et ai jugé indiquée une intervention opératoire. Celle-ci fut faite le 2 mai 1908 à l'anesthésie chloroformique. Une sonde est placée avant l'opération et on remplit la vessie d'une solution boriquée, après lavage. La paroi vésicale est d’une épaisseur considérable. La région de l'orifice urétral profond avait l'as pect d’une dépression en entonnoir conique au fond duquel se trouvait l'orifice urêtral gros comme une tête d'épingle, cet orifice s’élargissait d'ailleurs facilement sous la pression de la sonde. La muqueuse était à cet endroit fortement plissée dans le sens radiaire. L'index gauche soulève la prostate par le rectum et la fixe, de la main droite on incise la muqueuse vésicale juste en arrière de l'orifice urêtral et on entreprend l’énucléation de la glande. Ce temps est d'une exécution très difficile surtout pour libérer la glande de la paroi postérieure de l'urêtre avec laquelle elle fait côrps. Un moment je crus que je devrais me borner à l’ablation des lobes latéraux de la glande, tout en craignant que le lobe moyen abandonné n’engendrât des troubles fonctionnels ultérieurs et ne vint mettre en doute le succès opératoire. Aussi je résolus à déatcher la paroi urêtrale postérieure avec l'ongle ce qui fut difficile à la vérité, mais me donna la possibilité d'enlever la glande en totalité. L'hémorragie fut assez importante pour qu'une irrigation chaude ne puisse l'arrêter, si bien que je dus tamponner la vessie pour l'arrêter et placer une sonde de Pezzer à demeure dans le segment DORE de l'urêtre. Pour faci-

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liter l'accès de la cavité prostatique en cas d'hémorragie on suture à la peau le bord postérieur de la plaie vésicale par des fils au catgut. On laisse ouvertes les plaies vésicales et abdominale.

La glande enlevée a la forme d’un as de cœur et pèse 10 gr. 5, elle est donc plus petite qu’une glande normale qui pèse 15 à 20 gr.

Suites opératoires apyrétiques mais sérieurses. Pendant les

8 premiers jours vomissements chloroformiques, ensuite pendans 15 jours diarrhée opiniâtre, malaise général, anorexie. La plaie se cicatrise très lentement, aussi la vessie ne peutelle reprendre ses fonctions qu deux mois après l'opération et la guérison complète de la plaie ne survint que 4 à 5 mois après. Actuellement le patient vide sa vessie complètement sans difficulté en un jet puissant, bien nourri. Au début il urinait toutes les 2 heures le jour, toutes les 3 ou 4 heures la nuit, plus tard tout revint à la normale. À remarquer toutefois que durant un certain temps une goutte d'urine vint sourdre au niveau de la cicatrice au moment de la miction, attestant qu'une fistule filiforme persistait malgré la guérison apparente de la plaie, celle-ci fort probablement due à la fixation de la paroi vésicale à la plaie abdominale. Cette fistule s’est fermée complètement après quelques mois et apparemment après issue d’un petit calcul phosphatique qui avait dû se former dans la cavité prostatite, En ce qui concerne les fonctions sexuelles le patient déclare que l'instinct est conservé, que l’acte sexuel est normal, mais à la fin de celui-ci l’éjaculation n'a pas lieu, elle se fait à reculons dans la vessie et aucunement en dehors.

Examen histologique (fait par Ciecanowski.) — La dispersion des faisceaux musculaires au sein du stroma fait penser que les coupes intéressent les parties antéro-latérales de la prostate. Les préparations ne contiennent que de rares glandes presque toutes réunies à la périphérie de la coupe. Dans la lumière de ces glandes d'assez volumineux corps amylacés concentriques : parmi ces corps les uns remplissent la lumière glandulaire, les autres ont à leur côté des cellules épithé-

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fiales exfoliées et de petites cellules à noyau arrondi et foncé. Certaines glandes sont dilatées et n'ont plus les festons normaux. L'épithélium glandulaire n'est pas partout conservé, il manque dans plusieurs glandes sur une étendue importante de leur paroi. Nulle part au voisinage des glandes on ne trouve de petites cellules rondes inflammatoires dans le stroma. On n’en voit qu'autour d’un vaisseau.

Dans une préparation au Van Giéson on voit çà et là au voisinage des glandes des traînées de tissu fibreux coloré en rouge, ce qui, joint à la diminution générale de la glande, reppelle un peu l'atrophie inflammatoire de la prostate.

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