OBSERVATION XXXI (DE GRAEUWE
La prostate n° 4 ne pèse que 12 grammes. Elle est, comme la précédente, constituée par un lobemoyen. Le malade, aictuellement âgé de 58 ans, a ressenti les premiers symptômes de son affection il y à 4 ans. Quelques jours avant son entrée à l'institut, le malade, à la suite d'un premier sondage pratiqué par un charlatan a contracté une cystite ave pyélonéphrite ascendante, et il nous a été amené dans un état tellement déplorable que nous lui avons pratiqué d'urgence une cystostomie sus-pubienne, en vue de draîner l’appareil urinaire. Sous l'influence de ce traitement, les fonctions rénales se sont rapidement améliorées et, après 3 semaines, l'élimination de
lindigo-carmin se faisait au bout de douze minutes, à ce moment les urines renfermaient encore de l'albumine (cylindres hyalins et granuleux).,
La prostatectomie fut alors exécutée et elle S'accompagna d’une hémorragie assez forte. Remarquons également chez : ce malade l'absence d'hématurie avant l’opération et la difficulté du cathétérisme malgré l'absence d’allongement du
canal de l’urêtre.
OBSERVATION XXXII (CARRARO)
E. B.., ouvrier, âgé de 58 ans. Rien de remarquable dans ses antécédents héréditaires ; aucune maladie de l'enfance et de l'adolescence ; fièvre typhoïde à vingt ans ; jamais il n'a contracté aucune maladie vénérienne ou syphilitique. Le malade souffre de troubles urinaires qui débutèrent il y a 15 ans sous forme de cuissons pendant les mictions, accompagnées de l'émission de gouttes de liquide blanchâtre et de mictions fréquentes. Ces troubles s'aggravaient à la suite de fatigues : ou désordres diabétiques. Le malade fut soumis à des dilatations uréthrales et à des ne oo de la prostate sans aucun résultat.
Dans ces derniers temps, tous les phénomènes se sont accentués ; le malade urine toutes les demi-heures ou toutes les heures au maximum, si bien le jour que la nuit, et l'émission de l'urine est difficile et douloureuse.
A l'examen objectif on n’observe rien d'anormal dans les organes thoraciques et abdominaux ; le système nerveux apparait indemne. L’urètre, ni allongé, ni dévié, est perméable au numéro 18 ; le cathétérisme est facile et indolore ; la vessie indolente et Hoi contient un résidu de 100 cc. La prostate explorée par le rectum, est de volume normal, molle, indolente à la palpitation ; l’urine, limpide et acide, a un poids spécifique de 1020 ; 18,50 % d’urée ; 17,25 % de chlorures et ne contient ni pe ni glucose, ni à l'examen He : éléments figurés.
Cystoscopie. — Vessie à colonnes, muqueuse rouge avec vaisseaux sanguins injectés, méats urétéraux normalement situés, bien visibles et sans aucune altération.
Le col vésical apparaît fortement déformé ; dans les parois latérales on observe un soulèvement très marqué de la muqueuse, qui apparaît, dans la, figure cystoscopique, FAINERE, aussi bien à la droite qu’à la gauche.
En regardant la partie inférieure du col (bec de l'instrument dirigé vers le bas), on observe que les soulèvements de la muqueuse forment une ouverture en forme de V à l'embouchure de l’urètre. Ces saillies, dues selon toute probabilité à la présence. d'adénomes prostatiques, sont légèrement irrégulières. La muqueuse qui recouvre le col est très congestionnée ; quelques bulles d'æœdème se rencontrent au fond de la vessie.
Diagnostic clinique. — Prostatisme vésical.
Diagnostic cystoscopique. — Adénome prostatique cystoscopique. |
Opération. — Rachianesthésie stovainique, epicystotomie. Après avoir constaté à l’aide de l'exploration digitale la présence de petites masses déformant le col de la vessie, on enlève en bloc deux adénomes prostatiques faisant saillie dans la cavité vésico-urétrale, du volume d'une grosse noisette, recouverts de muqueuse vésicale. Hémorragie minime ; mèche dans la loge prostatique ; tube de Zuckerkandl ; suture partielle des paroïs abdominales : suites post-opératoires normales ; au quirzième jour la fistule hypogastrique est déjà fermée et, après avoir ôté la sonde urétrale laissée à demeure depuis six jours, le malade urine normalement en vidant complètement sa vessie et sans aucun trouble.
La masse enlevée pèse 10 grammes et elle apparaît consti- : tuée par deux lobes à consistance fibreuse réunis l’un à lPautre par du tissu conjonctif ; au point de réunion, qui correspond à la paroi inférieure du col, on rencontre un sillon profond. A la coupe,la masse montre une consistance uniforme, ne crie pas ét laisse couler très peu de liquide laiteux fluide.
À lexamn histologique la néoformation apparaît constituée par ün stroma conjonctif très développé, contenant de nombreux tubes glandulaires, tantôt isolés, tantôt réunis en groupes. Ces tubes sont constitués de une à trois couches d'épithélium cylindrique ou cubique bien conservé et disposé régulièrement ; ils se présentent parfois. arrondis réguliers ; parfois, à cause de la confluence de plusieurs tubes, ils ‘sont … très grands, à bords irréguliers, et ils contiennent alors une : substance amorphe, qui se colore faiblement en rose par l’eosine. ;
Rarement les tubes présentent l'aspect de dilatations kystiques ; ils sont dans ce cas tapissés d’une seule couche d’épithélium très aplati, et ils contiennent, en plus de la substance amorphe décrite, des épithéliums desquamés.
Dans le tissu conjonctif, toujours compact, les vaisseaux sanguins sont peu nombreux, minces, remplis de sang, de très petits foyers d’infiltrations leucocytaires sont disséminés ça
et là.
OBSERVATION XXXIIT (CARRARO)
P. G.., âgé de 52 ans, agriculteur. Aucune maladie remar-. quable, aucun antécédent vénérien.
Depuis un an environ, le maladè souffre de mictions nocturnes fréquentes, qui s’accentuèrent il y a trois mois. À ce moment le malade fut obligé d'entrer à l'hôpital parce qu'il fut atteint d’une crise de rétention aiguë ; soigné par le cathétérisme évacuateur méthotique et des lavages vésicaux, il put retourner à ses occupations vingt jours après, très amélioré. Maintenant, depuis, presque deux mois, tous les troubles ont réapparu, plus insistants que jamais ; il urine avec grande difficulté et éprouve de forte cuissons, restant accroupi ; l'urine est devenue trouble et son intestin ne fonctionne pas, Sinon à l’aide de purgatifs. Le malade n'eut jamais de fièvre, ni d'hématurie,.
A l'examen objectif on n’observe rien d'anormal aux organes
Fe ag
thoraciques et abdominaux ; aucune alteration du système nerveux. 4
L’urêtre ni allongé ni dévié, est facilement perméable au numéro 18 ; les urines sont louches, et dans la vessie après avoir fait uriner le malade, on trouve un résidu de 150 c.c.
Au toucher rectal on palpe la prostate normale de volume et de consistance ; le touchier est indolore:.
L’urine est louche, de couleur jaune pâle, de densité de 1020 ; urée 14 %, sans albumine ni glucose ; l'examen microscopique laisse voir de nombreux globules blancs bien conservés, des cellules vésicales peu nombreuses et des urates amorphes.
Cystoscopie. — Vessie à colonnes ; traces légères de cystite, méats urêtéraux apparaissent normaux, le col vésical est notablement déformé en bas et latéralement où l’on voit des petits noyaux arrondis qui proéminent légèrement dans la vessie en soulevant la muqueuse.
Des boules d'œdème de grosseur moyenne se trouvent dans le bas-fond vésical. :
Diagnostic clinique. — Prostatisme vésical.
Diagnostic cystoscopique. — Adénomes prostatiques cystoscopiques. :
Opération. — Rachianesthésie stovainique épicysStoto-
mie. Après avoir constaté par l'exploration digitale que tout autour du col vésical existent des noyaux adénomateux, ceuxci sont énuclées en bloc avec une portion d'urêtre prostatique. Hémorragie discrète, mèche dans la loge prostatique tube de Zuckerkandl, suture partielle des paroïs abdominales. Suites post-opératoires régulières ; la fistule hypogastrique se ferme en 15 jours et le malade quitte l'hôpital après 25 jours avec des urines limpides, sans résidu, urinant d’une façon normale, À l'examen macroscopique, la masse enlevée, qui pèse 9 grammes se montre composée de deux lobes, dont chacun est constitué de petits nodules, et entourée de fibres circulaires qui l’enveloppent presque complètement.
Des débris de muqueuse vésicale et une petite portion d'urêé-
tre prostatique lui sont attachés. L'examen histologique des nodules qui composent les deux masses montre qu'ils sont constitués d’abondant tissu conjonctif compact, dans lequel sa #ouvent de petites aréoles glandulaires composées de tubes fins, rarement confluents tapissés d'épithélium cubique ou cylindrique très régulier et disposé en une ou deux couches. À l'intérieur de ces tubes n'existent ni débris épithéliaux, ni substance amorphe ; les vaisseaux sanguins sont normaux, peu nombreux et ils contiennent des globules rouges. On ne rencontre pas des foyers d’infiltrations parvicellulaire.
OBSERVATION XXXIV (CARRARO) :
M. A.., âgé de 52 ans, teinturier. Aucune maladie remarquable, aucun précédent vénérien dans l'anamnèse éloignée.
Depuis trois mois le malade présente de la difficulté d’uriner ; la fréquence diurne et nocturne qui existait depuis un an environ s'est accentuée, les urines sont devenues troubles et donnent un sédiment abondant. Dans les derniers huit jours, tous ces troubles se sont accentués, il urine avec une grande difficulté, goutte à goutte, accusant de fortes douleurs et cuissons à la fin de miction. Dans les derniers mois amaigrissement et affaiblissement général assez prononcés.
A l'examen objectif om n'aperçoit rien d’anormal aux organes thoraciques et abdominaux ; le système nerveux apparaît indemne. Le malade est maigre, pâle et très faible.
L'urêtre est perméable au n° 18, le cathéterisme facile et indolore ; après avoir fait uriner le malade on trouve dans sa vessie encore 200 c. c. d'urine louche. Au toucher rectal on ne palpe aucun adénome. prostatique ; la prostate est petite, presque normale indolore. Les reins se palpent facilement sans provoquer de douleur.
L'urine, jaune citron, est opaque, acide, avec un poids spécifique de 1015 ; elle ne contient ni albumine, ni glucose ; urée
12. 81 0/00, chlorures 19 0/00. L'examen microscopique du sédiment montre des globules de pus abondant et de peu nombreuses cellules épithéliales de la vessie.
Cystoscopie. — Vessie à colonnes muqueuse rouge avec vaisseaux sanguins congestionnés, méats uretéraux normaux.
Le col vésical est notablement déformé par la présence de petits noyaux, probablement adénomateux, situés l’un dans la portion inférieur du col, les autres: latéralement. Les noyaux de droite, qui proéminent dans la vessie, font apparaitre l'orifice urétéral correspondant dans le mêmie champ cystoscopique du col et très près de lui, tandis qu'au contraire l'orifice de gauche apparaît plus loin, quoique toujours dans le même champ, étant donné que les masses situées de ce côté sont moins proéminentes,
Diagnostic clinique. — Prostatisme vésical.
Diagnostic cystoscopique. — Adénome prostatique cystos- Copique.
Opération. — Rachianesthésie stovaïque ; épicystostomie.
La vessie étant ouverte, on aperçoit à l'exploration digitale un léger développement de nodules adénomateux autour du col ; ceux-ci sont enuclées en bloc avec une portion de l’urêtre prostatique. Hemorragie minime ; tamponnement de la loge prostatique tube de Zuckerkandl, suture partielle de la paroi abdominale. Suite post-opératoire régulière ; 20 jours après le malade a des urines limpides, miction normale, résidu nul.
Lorsque le malade est en train de quitter l'hôpital, complètement guéri, il est atteint d'une forme de broncho-pneumonie et cinq jours après il succombe.
La pièce enlevée, du poids de 12 gr. apparaît, à l'examen macroscopique, constituée du col vésical avec son sphincter interne, dans la masse duquel se voient des petits noyaux d'aspect adénomateux.
A l'eramen histologique on voit encore plus clairement la disposition intrasphinctérienne des noyaux, qui sont consti-
tués d'un tissu con onctif lâche, contenant des petites zones de tissu glandulaire composé de petits tubes arrondis tapissés d’une ou deux couches d’épithélium cylindrique régulièrement disposé. Dans quelques tubes se trouvent de l’épithélium desquamé et une substance amorphe colorée en rose par l'éosine. Les vaisseaux sanguins sont fins et peu nombreux ; *I n'existe aucune trace d'infiltration leucocytaire.
OBSERVATION XXXV (CARRARO)
B., b.:;; âgé de 70 ans, paysan. Aucune maladie remarquable, aucun précédent vénerien dans ses antécédents.
Le malade ne sait pas préciser l'époque a laquelle ont débuté les troubles dysuriques ont il souffre maintenant.
Il se rappelle néanmoins qu'il débuta avec des mictions nocturnes fréquentes et douloureuses. Maintenant depuis trois mois il urine avec grande difficulté, la miction est fréquente, impérieuse, douloureuse, et depuis trois jours elle débute par une hématurie très légère. Les urines sont limpides.
On n’aperçoit rien d’anormal à l'examen des organes thoraciques et abdominaux ; le système nerveux paraît indemne. L’urêtre est facilement perméable au numéro 18 ; le cathéterisme est facile et indolore ; on ne trouve ni déviation ni allôngement de l’urêtre.
Après avoir fait uriner le malade il reste dans la vessie un résidu de 150 c.c. d'urine limpide. L’urine à une densité de 1015, «lle est acide, contient 11.529 0/00 d'urée ; 22. 25 0/00 de chlorures ; on ne trouve aucune trace d’albumine ni de glucosa ; l'examen microscopique ne montre rien de spécial.
Au toucher rectal la prostate est normale de volume et de consistance ; de plus elle est lisse et indolore.
Cystoscopie. — Vessie à colonnes ; muqueuses légèrement grossies avec vaisseaux sanguins plutôt évidents ; papilles urrétérales non altérées, bien visibles et normalement situées.
Le col vésical est notablement déformé ; on aperçoit de for-
tes saillies sur les parois latérales qui soulèvent la muqueuse ; celle-ci apparaît aussi très congestionnée, Un petit lobe médian, avec toute probabilité dépendant des adénomes latéraux soulève la muqueuse à la paroi inférieure.
Diagnosic clinique. — Prostatisme vésical.
Diagnostic cystoscopique. — Adénome prostatique cystocopique.
Opération. — Rachianesthésie stovaïnique ; épicystotomie. On ‘enlève en bloc les adénomes prostatiques idévellopés tout autour du col vésical avec une petite portion d’urêtre prostatique. Mèche dans la cavité prostatique, tubes de Zuckerkandl suture partielle des parois abdominales. Suites post-opératoi- | res, régulières ; 25 jours après le malade quitte l'hôpital complètement guéri ; avec. urine limpide, mictions régulières et sans résidu. |
Aleramen macroscopique la masse enlevée, qui pèse 14 gr. apparaît constituée par deux petits lobes latéraux dont celui de droite présente une espèce de prolongement, qui se portant sur la ligne médiane, simule un lobe médian.
La masse est entourée par de nombreuses fibres circulairres du Sphincter recouvertes par des débris de muqueuse vésicale. L'examen histologique des nodules montre qu'ils sont composés de tissu conjectif dense dans lequel se trouvent de nombreux tubes glandulaïres arrondis, tapissés d'une couche d’épithélium cubique ou cylindrique disposé régulièrement : en ‘une ou plusieurs assises.
A l’intérieur des tubes se trouve une substance amorphe colorée en rose par l'éosine et des cellules épithéliales, les vaisseaux sanguins sont peu nombreux «et normaux ; On ne rencontre que de rares foyers d'infiltration leucocytaires.