‹ De la Prétendue Atrophie de la ProstateChapitre 34 sur 39 · OBSERVATION XXXVI (CATHELIN · texte numérisé non relu

OBSERVATION XXXVI (CATHELIN

Rétentionniste complet, jeune, sans prostate et sans spécificité, guéri par l'opération de Rochet.

Il s’agit d’un malade jeune &e 47 ans, à excellent état géné-

Re

ral, cultivateur, dont le passé pathologique est vierge de toute

tare. En particulier il n’a eu ni syphilis, ni même blennorragie. Le début de sa maladie date de juin 1911 où il à eu simultanément, sans infection urêtrale, de l'infection vésicale (probablement colibacillaire) et une grande difficulté de la mic-

tion. À

J'ai vu le malade pour la première fois à ce moment et comme, à la même époque, j'avais guéri un cas identiquement semblable par de grands lavages nitratés sous tension, je lui proposai ce mode de traitement à raison de 3 lavages tous les deux jours avec une solution au millième dont je laissais une vingtaine de grammes dans la vessie.

Il y eut une action manifeste pendant environ plusieurs mois, l'urine même était devenue claire et pendant un an le malade urinait souvent mais en petite quantité.

Au mois de décembre 1912 il fut obligé de se sonder n’urinant plus du tout, et comme le malade redoutait qu’on lui propose une opération, il continua, sans plus consulter, à se sonder 4 fois par jour, toutes les quatre heures environ, avec toutes les précautions antiseptiques.

Comme m ‘écrivait le malade « je me porte bien sicen était l’'énervement que me produisaient les sondages et surtout les jours qu'il fallait que je sorte, emportant tout mon attirail. »

C’est ce qui le décida à revenir me voir en juin 1913 ou je lui proposai, sans rien lui promettre, une opération nouvelle dans la réussite de laquelle il accepta l’augure.

Entré le 8 juin à la maison de santé des frères Saint-Jean de Dieu, je l’opérai le 10 avec l’aide de mes assistants, le D" Detrück et le D' Grandjean, chloroformisateur.

Opération, — Elle consista en ceci :

Après taille sus-pubienne ordinaire et après m'être assuré qu’il n'existait pas des saillies appréciables au niveau du col qu'une simple élevure muqueuse. Je lui fis d'abord la dilatation forcée du col au pouce et à la pince puis pour mettre toutes les chances de son côté, je fis au thermocautère un chenal au niveau de la petite saillie sous cervicale, simplement muqueuse, qu’on distinguait au pourtour inférieur ; enfin non

content de ces deux actions qui peut-être eussent suffi je fermai la vessie, d'après la méthode de Rochet le grand maître de la chirurgie urinaire lyonnaise en faisant plusieurs plicatures de toute la face antérieure de l'organe que je fis rentrer dans la vessie sous trois plans superposés de suture à la Lembert afin GOAUR une accolement définitif.

Suites héraldirs immédiates. — Je laissai à demeure une sonde béquille pendant 18 jours et je fis tous les jours de petits lavages boriqués et nitratées faibles, sans qu'il y eut benne de suintement hypogastrique. È

Quel ne fut pas mon étonnement quand après l'ablation de la sonde, le malade urina seul, au lit d'abord et ensuite dans la position verticale sans douleur, sans incontinence et sans incident, 1000 gr. les premiers jours 1200 gr. les Jaures sui- ‘vants.

Suites opératoires tardives. — Je revis le malade à ma con- “sultation le 20 juillet dernier, les mictions sont normales toutes les 2 à 3 heures, alors qu'après l'enlèvement de la soude elles survenaient jour et nuit toutes les heures.

Il urine aujourd'hui deux fois la nuit sans douleur et de l’urina presque claire. Le sommeil est bon, il n’y a pas de constipation et l’état général est excellent.

OBSERVATTION XXXVII (M. MARION)

M. Deb. Léon, 41 ans, garçon de magasin, entre à l'hôpital Lariboisière le 24 janvier 1914 dans un service de médecine pour

douleur épigastrique et gêne de la digestion. Là on reconnaît qu'il s'agit d'une affection des voies urinaires, aucun signe d'affection nerveuse et on le passe au service Civiale. Le malade présente en effet des troubles urinaires accusés ; il urine fort difficilement, il a de pollakinurie et n'émet à chaque fois que quelques gouttes d’urines, encore est-il obligé de pousser fortement pour arriver à ce résultat. Il urine tous les

| ne a 3/4 d'heure le jour et 3 à 4 fois la nuit. Il a des douleurs vésicales au début et durant la miction.

Ces symptômes cystiques ont débuté il y a deux ans spontanément par de la pollakinurie de plus en plus accusée et par du ténesme vésical. — Jamais il n’a eu d'hématuries. J Jamais non plus de douleurs à type néphrétique. :

Dans ses antécédents on ne retrouve pas de Danois Le malade a eu le paludisme, la dysenterie, une pneumonie à l'âge de 17 ans, depuis laquelle il souffre souvent du côté gauche du thorax, il s’enrhume facilement.

A l'examen on reconnait au palper abdominal que la vessie est très distendue et remonte jusqu'à l'ombilic. Les urines examinées à l'émission sont claires. Il existe un résidu de distension énorme et l’on peut injecter après évacuation facilement 1000 gr. d’eau. Le toucher rectal montre que le lobe gauche de la prostate est normal alors que le lobe droit fait presque complètement défaut. Ceci coïncide avec une ectopie du testicule du côté droit. — Rien du côté des reins. A la Cystoscopie on voit une vessie à colonnes typique. Le col semble nettement remonté, surelevé par rapport aux orifices urétéraux, et sur Sa partie gauche son bord est soulevé en une tuméfaction arrondie qui n’est pas de l’œdéme.

Diagnostic : Petite prostate.

Opération le 9 mai 1914 — On fait une prostatectomie transvésicale. On énuclée une petite masse arrondie grossé comme une petite cerise traversée par l'urêtre à son centre, urêtre dont on voit la muqueuse en haut et en bas, ce nodule est entouré à sa périptérie de fibres circulaires. Cette petite prostate est exactement du type de la figure 1.

Tamponnement avec une petite mèche iodoformée. Tube de - Marion.

Le 15 mai on retire la mèche et le tube.

Le 20 mai on remplace le tube et fait un lavage au nitrate faible.

Le ?5 maï on met une sonde à demeure.

RS 155 sSjbe

Le 4 juin le malade sort, la plaie complètement cicatrisée, la vessie s'évacuant complètement sans résidu et par miction spontanées, faciles, bien que encore un peu fréquentes.

Examen histologique, coupe perpendiculaire à l'urêtre colorée au van Giéson, on voit un noyau du volume d’un gros pois, inclu dans un anneau incomplet et présentant un peu en avant , de son centre une lumière (urêtre) en T à branches verticales antéro-postérieure (voir fig. 4). |

L’anneau péripherique est composé uniquement de fibres musculaires lisses transversales ; au contraire tout le reste du noyau est formé de fibres longitudinales en faisceaux dont on voit la coupe transversale, faisceaux séparés par quelques fibres radiées. Donc épaississement considérable de la tunique musculaire longitudinale. De plus, au sein de cette masse musculaire se trouvent quelques cavités glandulaires à revêtement normal, groupées au sommet des branches du T. Pas d'infiltration inflammatoire.

Les vaisseaux ont également des parois très épaissies.

Il s'agit donc d’un véritable myome cervical, se présentant de façon assez analogue à un noyau fibromateux utérin, mais groupé autour de la cavité urêtrale et développé surtout aux dépens de la conche longitudinale.

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