LXVII. JUDICIA ESSE ABSOLUTORIÂ. SOI
devait être vue et accueillie avec d'autant plus de faveur, que, dans un très grand nombre de cas, la condamnation, par elle-même, — telle qu'elle devait être prononcée, — ne pouvait procurer au demandeur ce à quoi il avait droit , et qui faisait proprement Tobjet de sa demande, que par simple équivalent, et non en nature : — inconvénient qui était la conséquence de la règle générale, que toute condamnation prononcée par le juge doit être d'ime somme d'argent déterminée , — certœ pecuniœ{ip. h. not. 448, 771), — et qui devait, notamment, se faire grandement sentir dans le domaine des arbitria.
Il convient donc d'examiner ici avec soin cette exception, sous cette double face , et de peser de plus près, d'un côté, les raisons qui durent favoriser son extension, et, de l'autre, les causes qui purent arrêter ou retarder son développement.
Occupons-nous d'abord de ce qui concerne les ar-bitria.
Dans un arbitrium il peut, sans doute, parfois arriver que le demandeur tende à obtenir une somme d'argent déterminée , une somme à lui due comme pretiurriy merceSy solde ou autrement. Mais , le plus souvent, l'objet direct, l'objet immédiat de son désir et de sa demande , est une ou plusieurs des mille autres prestations de tout genre, en nombre pour ainsi dire infini, susceptibles de faire l'objet d'une obligation ^^, et dont la diversité , marquée dans les
782) Par exemple : tradition^ suKiperé) L. 85. §4. D. de contratu
mancipalion, caution, nol. 470. et empt. (18. 1.) L. 1.1. § 30^ D. de
p. 289, L. 3. § 2. D. de act. empt. act. empt. et vend. (19 1.) L. 8. §
et vend. (19. 1 ); pooMuite oa cea- 6. 10. L. 14. 45. D. mand.vei cont.
aion (inactions ou engagement d*j (17. 1.) ; confirmation ou rupture
défendre {actiones experire, prœs' d'un engagement aynallagmatique.
tare, exhibet-e, cedere, trans ferre, h. 18. § 27. de act. empt. et tmèd
CHAP. III. MARCHB DB LA PROCÉDURB.
anciennes formules, — plus soucieuses que les nouvelles de leur rédaction, — par des expressions variées, telles que dare, facere^ prœstare, tradere, exhïberej redderCj restituerej repromittere "^j était, plus tard, comprise tout entière dans le simple dare fac&re ^. Et c'est cette demande , cet objet direct de ses prétentions et de ses désirs , que le demandeur s'attache à justifier ; c'est là-dessus que porte la procédure, là-dessus aussi que porte la première décision du juge, et cette décision, — si informe, d'ailleurs, qu'on l'imagine, et si dépourvue de tout véritable caractère préjudiciel qu'on veuille la supposer, — est une invitation au défendeur, pour autant qu'elle est favorable à son adversaire, de satisfaire ce dernier dans la mesure qu'elle indique ™^. C'est uoiquement dans le cas où le défendeur , ainsi averti , n'exécute point directement, in natura^ son obligation, soit par impossibilité soit par mauvais vouloir, qu'on a recours.
(19. 1.) ; instrumenta fundi et fines ostendere, L. 48. D. tod, (19. 1.); rtm venditam defendere, L. 74. § t* D. de eviet, (SI. 3.); remise, aceeptilation, délégation, L. 10. § 6. D. mand. vel. contr, (17. 1.) L.
10.15. §9. D. loc. amd. (19. 2.) L. 9. D. de prœs, verb, (19. 5.); noxœ deditio, L. i6. § 7. D. mand, vel. cont. (17. 1.); reficere, œdificare, remancipare, L. 6. § 1 . 2. D.
de aet. empt. et vend. (19. 1.); lapides emptos toilere, L. 9. D. eod.
(19. i.);servitutes restituerez L. t.
§ 19. D. de hered. vend. (18. 4.), etbeaacoap d^autres.
783) Cic. p. Q Rose. 4, li. Gai.
IV. 2. § 1. J. de aet. (4. 6.) L. 3. pr. D. de 0. et A, (44. 7.) L. 37.
pr. D.deop.libert. (38. 1.) L. Rub.
c Si. Calo de rt rust. 46, t*
Front. Aquœd. 1S9. « L. Quinctia :
« sarcire reficere resUtaere sdic ficare ponere et celere démo- « lire damnas esto.» — Rel. Sem.
p. 311. et /. ib. /., puis encore L.