LES MAGISTRATS
tion qui n'admettent pas de retard, comme, par exemple, une missio in possessiohem^ une restitutio in integrum et autres semblables. Par leur nature, les affaires de ce genre rentraient dans le cercle ordinaire et régulier des attributions du magistrat, qui seulement, à leur égard, à raison même de leur caractère, procédait directement, sans judicium.
C'est donc assez improprement qu'on faisait rentrer ces sortes d'affaires dans le cercle des cognitiones extraordinariœ. Ce qu'il y avait uniquement d'insolite ici, en effet, c'est que la marche régulière et naturelle des choses n'amenait point l'établissement d'un judicium. Au surplus, cette manière de s'exprimer se justifie, jusqu'à un certain point, si on observe qu'avec le temps on exigea, pour ces affaires, dans la personne du magistrat, une compétence plus élevée que celle nécessaire dans les cas où il y avait simplement lieu pour lui de constituer un judicium **.
Las Maglstrati.
A Rome Tadministration de la justice civile rentrait, d'une manière générale, dans le cercle spécial d'attributions de deux préteurs, le préteur urbain (prœtor urbanus, qui inter cives jus dicit) et le préteur pérégrin (jprœtor peregrinus, qui inter cives et peregrinos jus dicit). A côté d'eux, les édiles avaient aussi une certaine juridiction, relative à la police des marchés et à la sûreté publique **• Quant aux cen-
11) L. 4. D. de jurisd, (2. |1.) (1. 2.) L. 1. pr. §. 1. L. 38. pr. Comp. toutefois Schmidt krit. Be* L. 40. 63 et s. D. de œd, edict, merk. p. 46. Rud. §. 1. obs, (21. 1.) Vat. Fr. 14. Aur. Vict.
12) L. 12. g. 84. D. de 0. J. v. ill. 72. Dion Cass. LUI. 2., qui
seurs, ils restèrent limités à la juridiction toute spéciale et extra ordinem relative aux affaires rentrant directement dans le cercle de leurs fonctions, telles que les sarta tecta et autres semblables *'.
Dans les cités italiques c'étaient les duumviri, quatuorviri, œdiles, dictator, prœtor, ou autres premiers magistrats, quelle que fût leur dénomination **, puis aussi plus tard ( le plus souvent à titre de délégués ) les prœfecti juri dicundo ", qui exerçaient Idijurisdictio.
Dans les provinces c'étaient les gouverneurs **, et, à côté d'eux, leurs questeurs, investis d'une juridiction spéciale, analogue à celle ^es édiles à Rome ", puis enfin, de plus en plus, — à l'image de l'Italie, — les magistrats municipaux dans les villes reconnues libres (liberœ civitates) **.
Sous les empereurs, il faut ajouter, à Rome, les magistrats spéciaux créés pour les cognitiones relatives aux fidéicommis, aux tutelles, et aux affaires
indique , qae cette juridiction , en cas d'empêchement des édiles, passait aux deux préteurs. Wal.
§ 138 [et 693].
13) CAc. Ver. I. 49 et s. T. Uv.
XXIX. 37. XLIl. 3. XLV. 15. — Dans le SC«« de Tan 577 (T. Liv.
XU. 9) le eensor est sans doute mentionné uniquement à cause de la manumissio censu, — Sur la conjecture que jadis (avant la lex JEmilia de Tan 320) Tnn des censeurs avait aussi exercé les fonctions dévolues plus tard an préteur Urbain , V. Wal. §. 55. Pu.
14) Wal. §. 262. 221. Pu. §. 65.
91. Parmi les IVviri les deux premiers, à ce qu'il parait, avaient
la juridiction, la présidence du sénat et donnaient leur nom à Tannée, d'où pour eux la qualification de IVviri juri' dicundo; les deux autres prenaient le titre de IVviri œdilitiœ potestatis ou œdiles, Zumpt comm. epigr, I. p. 16 i et s. Comp. Rirchhoff Bantin. Stad' trecht p. 80. 85 et s. Mommsen inscr. Mai. p. 433.
15) Wal. §. 213. 141. 300. Festns V» prœfecturœ. — Pu. §. 62.
e. 65. 79. n. Kirchhoffl. c. not. 14.
— Comp. Insc. Mal. 24 et s.
16) Wal. §. 235. Pu. .§. 67. 93.
17) Gai. I. 6. Dion Cas3.un.l4.
18) Wal. §. 244 et ss. Pu. §. 69.