LXXXVII. ACTIONES IN REM ET IN PERSONAM
n'étaient point encore considérés comme de véritables judicia (p. b. § 88). En effet, durant cette période de développement du droit, les condictiones devaient au moins comprendre tous les judicia qui avaient pour objet des demandes personnelles nées du commerce régulier de la vie civile (par opposition aux actiones ex delicto), et leur nom, par suite, dut paraître assez convenable pour représenter, — pour ainsi dire a potiori parte, — le domaine des actiones inpersonam et le distinguer de celui des actiones in rem.
Au temps des legis actiones, on aurait pu, sans se faire aucun scrupule, à tous les cas de Yactio in rem per sacramentum, opposer, comme actions in personam, toutes les autres actiones^ de sorte que cette opposition aurait embrassé alors toutes les actions, en laissant de côté les interdits, qui, d'après la signification qu'ils avaient à cette époque, se trouvaient en dehors de la notion que représentait le mot actio (p. h. § 22). Mais, lorsquQ, parla suite^ ces derniers furent entrés davantage dans le système de la procédure ordinaire (p. h. § 76), et que, devenu plus riche et plus varié, le système formulaire eut admis, non-seulement de nouveaux modèles de formules pour les actions existantes (p. h. § 30-33) , mais de nouveaux genres d'actions tout entiers, — comme les formulée prœjudiciales et autres (p. h. § 38), — il dut paraître plus difficile, en se plaçant au point de vue de la notion nouvelle de Yactio, — qui embrassait maintenant, dans sa large signification, les interdits, les prœjudicia et même les prœtoriœ stipulationes (p. h.* not.437), — de considérer l'opposition entre lesactiones in rem et les actiones in personam comme générale et comme épuisant entièrement le domaine des actiones. Et cependant il en fut ainsi : mais il faut remarquer.
d'une part, que ropposition en question était maintenant prise dans ce sens, (jue par actiones in personam on entendait toutes le^ actions fondées sur ime obligation proprement dite, et pwc actiones in rem toutes les autres '"®*, et que, d'autre part, plus d'un indice témoigne que cette manière de voir ne prévalut point sans soulever des contradictions et des résistances ^^^. Le langage ne resta pas non plus sans subir des variations et sans témoigner quelque incertitude. Ainsi, petitio et adio servaient souvent maintenant à marquer l'opposition entre ïactio in rem et Vactio in personam, qui venaient, au contraire, se confondre dans l'expression générsle perseciitio , — prise dans son acception étendue. Mais, d'un autre côté, les termes petitio et adiOj — dans un sens large, — étaient pris très souvent comme synonymes l'un de
1091} § 1. J. de act. (4. 6.) Gai.