XV. SACRAMENTUM : FORMES SECONDAIRES. 6S
exemple, et devaient, à ce qu'il semble, épuiser le cercle entier de Yactio sacramenti in rem.
Quant à Yactio sacramenti in personam, il est à peine possible de donner, avec quelque certitude, une idée, — même approximative, — des diverses formes sous lesquelles elle devait pouvoir se présenter.
Toutefois, — malgré les doutes que soulève déjà le grossier squelette de cette actio donné plus haut, doutes que nous n'avons pas dissimulés, — il est presque impossible de ne pas se laisser entraîner ici plus avant encore dans la voie des conjectures, et de se refuser à admettre, comme très vraisemblable, que cette actio, — suivant la nature diverse de la cause légale servant de base à Yobligatio qu'elle avait pour objet de poursuivre, — devait se montrer sous les formes particulières les plus variées. Gomment, en effet, s'expliquer autrement ces cas particuliers, dans la masse desquels a été pris, — à titre d'exemple, — celui qui nous représente un demandeur, perdant son procès, parce qu'il avait agi de succisis vitibus, alors qu'il aurait dû agir de succisis arboribus ***.
Mais voici une preuve plus directe et plus précise. — Dans la procédure formulaire, qui fut substituée plus tard aux actions de la loi, Yintentio de Yactio furti ne tendait point à dare oportere, mais à pro fure damnum decidere oportere **®. Qu'on admette maintenant, ce qui est très vraisemblable, que cette intentio tirait son origine des actions de la loi, et qu'elle figurait déjà dans la forme particulière de Yactio sacramenti in personam applicable au furtum nec manifestum **^, et on aura
Î18) Gai IV. 11. 30. Bekker die de cond. fur, (13. 1.) L. 9. §. Î.D. pr, Cons. p. 31. de min. (4. 4.)
219) Gai. IV. 37. 45. I. 7. pr. D. 220) Peut-être était-elle conçue
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aussitôt dans celle-ci, une de ces formes spéciales de notre legisactio soupçonnées plus haut.
Cette forme particulière est même d'autant plus digne d'attention, que, par la manière dont la legis actio était ici composée, une action dont l'objet n'était assurément pas toujours un pur certum^ était cependant rendue susceptible d'être exercée par V actio sacramentiy qui exigeait, en général, un certum de ce genre. Et il en était ainsi, par ce qu'on avait soin de ne prendre d'abord dans le contenu de la demande, pour le faire entrer dans la legis actio y que ce qui pouvait donner lieu à une simple question par oui ou par non, savoir, — si le défendeur était oui ou non tenu à réparation vis-à-vis du demandeur à raison de tel vol déterminé [an pro fure damnum décider e oportet)^ — et de renvoyer le surplus, c'est-à-dire la détermination du quantum de la réparation réclamée (litis œstimatio)y à un développement ultérieur de la procédure, dont il va être parlé dans le paragraphe suivant "*.