‹ De la production nationale considérée comme base du commerce, et application de ce principe a la solution de la question des laines; par le bon de MorguesChapitre 16 sur 21 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

La grandeur et la multiplication des races o vines, ainsi que l'abondante production des toisons, doivent être encouragées dans la France r prëfcrablcment h la superftnestc des laines.

Scion les habites directeurs du troupeau de Nbï; personne ne met en doute qu'en augmentant la taille du mouton et le poidi de sa toison, on n'ait perdu de la beauté de la laine, et alléré le type (i) de la raca mérine (3). En conséquence, ils ontavaucé, en i8î4,

(]) Le mot type est ici mil applique, car c'est la race léonaise, beaucoup plus grosse et à laide muidi fine que la race de Nil , qui en le vrai type Je la lace mérine. Les races auperfiocs n'eu Bout point le tjp»; elles iodl de! races factices et seconds» es, rapeliisées sous le rapport de la taille, quoique améliorées s oui celui de la qualité de la laioe.

(a) Nonobstant cette assertion , qui est généralcnient vraie, à force de soin le contraire a quelquefois, lien; ainsi, des laines de la grande et belle race de Rambouillet ont, en iSig, été reconnues plus fine< et meilleures que celles du troupeau de Nai

dans leur nouveau Traité sur le» laines et sur les moutons , qu'il s'agit beaucoup moins aujourd'hui de la quantité que de la qualité île nos laines. C'est cette erreur, répétée d'après eux par plusieurs agriculteurs de cabinet, par la plupart des fabricans, et récemment soutenue par M. Mallet dans les Annales de la Société royale d'Orléans ( i ) , que je vais réfuter dans ce chapitre. Je le ferai parce que la superfinesse de la masse de nos laines, obtenue au détriment de leur quantité, serait un malheur pour la France, où la masse de chair et de fumier produite diminuerait en même temps que celle de la laine. Cette erreur serait propre seulement à faire tomber la valeur des tissus à l'usage de l'opulence , sans améliorer jamais le sort du pauvre, ni même celui du plus grand nombre des citoyens, qui pendant des siècles encore auront besoin d'obtenir des vetemens plus chauds, plus forts et plus abonilans, avant que d'en demander de plus fins, de plus moelleux et de plus brillans.

Ne repoussons pour cela aucun des perfectionnemens dont nos laines sont susceptibles; ceux-ci sont désirables comme tous les autres; mais n'oublions jamais qu'ils ne doivent être que les suites et les conséquences de l'abondance de notre production indigène, et non être opérés h son détriment (aï.

H du trotrptau île rnct électoral* ,1g M. Terniiix. ( Voyn le Culti-

[a) Voiei «• qu'on lit dira !t Quartcrly llevicw , e.l daiis 1= umwsru 19 de la Revue Iltiiaiiniqne ■-

u Ea France, iléi leur m-igine , Ici minuljcLurci île Saints us

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C'est en. suivant le système de la grande production, nn dictant le fameux traite de Métliuen, dans l'intention de favoriser la vente de ses lainages grossiers, el en faisant siéger le président de la chambre dei communes sur une Iiallc de laine, quand il reçoit le budget de l'état, qu'un autre sac iiu laine renferme, que les Anglais sont parvenus à produire chaque année pour 65o, 000,000 fr. de laines manufacturées, et à en vendre au-dehors pour 130,000,000 fr., tandis (pie nous, qui avons sacrifié tout à la production de luxe, sur un territoire triple, renfermant deux fois

0 Furent pas, comme «lies d'Angleterre, dirigées «1 général d'après

0 1» besoins du peuple, et par celle raison elles de prirent pu

œ publique; le» véritables consomma leurs , ceui qui la font fleurir,

1 ion! diras les classes populaires , à l'intérieur et diras l'étranger ;

« rien qu'au Wost-Riddiug d'York. Nous n'avons nullement ]'!□- II lehtinn de dé|>i.:ci. r le Miriril-t- d'un.! i j i- F J cj L;i[:im-,ii- , ni Je niei-

■ que lus lîoln lins ne soient mi superbe établissement; cependant ,

0 mut Mou eonsidéré , nous avons plus de plaisir s ïoir le peuple de « uns campagnes bien et eti aud «mont i fui , qu'à considérer ta plus n belle peinture et le plus suave coloris qu'ira tissu de laine puisse à offrir à notre .ut mi ration. Nos plus riches et uns plus grandi n personnages se contentent de fouler sous leurs pieds des tapis

■ des tapis moins cbers, sans iire moins sains, se trouvent gsoén rslemont dans nos chaumières, taudis qu'en France uu carreau

1 froid el uu .!Sl le seul pl-uchci .les ;i[i|>.ii'L t i)iciis, excepté dans • les mnisiinsoù règne l'opulence. Il est vrai que, par compensation, « le monarque et ses ministres ont sons leurs pieds df. lissas

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autant d'haMians , nous ne produisions , suivant le comte Chaptal, que pour a38,i33,93a fr. de tissus de laine sa 1812, ou, suivant H. Moreau de Jonnès, pour 559,000,000 fr. en 1823, et que nos exportations en étoffes de laine, qui étaient, antérieurement à 1789, de a4,747,5ii francs par année, quand nous fournissions Saint-Domingue, ne se sont élevées depuis que de 18 à 37 millions de francs.

n et valent paît -{ire 5,ooo livici sterl. ( 136,000 6.)i ™ al * * c " a égard encore nom pensons que mut est mieux en Angleterre.

« Les batailles il' Alexandre représente'» en broderies, Ici quatre « salions, les quatre élémeni, tous les exploits de Louis XIV, h peuvent plaire à lu vanité nationale , el relever la splendeur o du trône; mai», aux yeux de la raison, ils ue valent pat le « plus simple droguel qui ait jamais couvert les épaules des fiers u. paysans anglais , l'orgueil de leur pays , et l'nn des londoniens de a sa richesse et de sa puissance, s

fait , serons-nous en Frauce aussi franchement et aussi réellement démocrates qu'eux?

Sans doute, la fabrication des obj.'ls du luxe doit fixer l'atteulion des producteur!, chui un peuple surtout où les arts ont t'ait de grands progrès; nuis partout se genre de fabrication ne doit itre que secondaire è celui des objets dont l'usage est on peut devenir vulgaire ; el ce n'est ni al heureusement pas sans motifs que les Anglais nous ont fait le reproche de nons occuper psi

plus spécialement a produire ee qui est utile. Espërous que nos

ï lieu Ips lin» . qui tombe sur plusieurs do nos manufacturiers.

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Les Anglais, qui toujours agissent dans le sent de la grande production, ne se laissent point séduire au vain appât d'uoe perfection idéale; hien qu'ils acliëlem comme nous les laines sup.rfines de la Sai..', .1) préfèrent dans tous les genres de produits ceuï qui peuvent obtenir le plus grand nombre de consommateurs; l'immortel Fox et lord Cornuallis, en visitant avec Je comte Chaptal les produits de l'industrie française, ont bien plus admiré nos montres d'argent de i3 fr., nos couteaux de si* liards, et nos ciseaux dedeuxsou», que nos plus magnifiques pendules et nos canifs de i,aoo fr.j et no* voisins, appliquant ce principe à leur agriculture comme à leurs fabriques, préfèrent l'abondante production des laines communes et des draps grossirra , à la production des laines superflues et des draps les plus brillans; c'est en ne s i-cariant jamais de cette hase qu'ils ont atteint le plus haut point Je prospérité commerciale connu dans 1 histoire; imitons. les si nous voulons essaye! de rivaliser avec eus.

Pénétré de celte vérité, il me semble indispensable que la grande production de la laine, et spécialement de la laine commune, soit beaucoup plus excitée dans la France que le perfectionnement de son btin. Parla, la multiplication de nos troupeaux, l'accroissement do leur chair et de leur suif, s'opéreront rapidement dans l'intérêt de nos cultivateurs, qui alors se procureront plus de profita et plus d'engrais.

Car remarques bien que nos petits et chétifs troupeaux de faibles races ne nous donnent eu chair et en peaux que le quart du prix de leurs laines, tandis que les grands et vigoureux troupeaux des grosses

races, anglaises un fournissant deux fois plus de laine que les nôtres, donnent encore un produit de chair et de peau double de là valeur de ces laines; plus vous augmenterez h valeur de vos laines aux dépens de celle de la chair et de la peau, plus vos pertes s'accroîtront, et plus vos fumiers vous coûteront cher.

L'accroissement de la niasse dé nos laines communes sera dans l'intérêt de nos fabricans, qui trouveront leur débit et leurs bénéfices dans l'aisance dé l'habitant des campagnes; et l'intérêt de la grande masse des consommateurs en sera également Satisfait, parce qu'ils seront mieux nourris ël plus abondamment fournis de vetemens sans que leur approvisionnement soit soumis a autant de chances défavorables, quand la bonification des prix deviendra là conséquence de l'émulation entre tous nos producteurs nationaux, soumis â des lois pareilles, que quand elle continuera à dépendre do nos relations avec les autres peuples, soumis à des lois différentes des nôtres.

Cessons donc de demander, avec M. le rapporteur de la Société de la Marne, si « nos manufactures peuvent conserver le rang qu'elles occupent âvëc les seules laines que leur offre la France,» pour nous écrier ensuite âvéc lui, A voila toute la question ! i Non, la quesiion n'es 1 ! pas de leurfâire conserver le rang inférieur qu'elles occupent par !a masse de leurs productions, comparativement à celles de l'Angleterre, mais de leur faire atteindre un rang supériéiir à celui où elles se trouvent, en leur apprenant à produire avec nos propres laines davantage d'objets à' la portée dé la plus grande masse dés eonsorrimatéùrs nationaux.

Voila touié la (jiiestion, el nou"s n'en trouverons la

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solution ni dans la superfinessc de nos laines, ni dans le plus grand éclat de nos tissus de luxe, mais dans la multiplication des fortesraces, et dans la fabrication plus économique que nous opérerons avec leurs toisons, quand nous serons parvenus a obtenir l'abondance de nos laines indigènes.

Ne faut-il pas d'ailleurs éviter de diminuer avec la production de la laine celle de la viande, dans un pays où sa consommation, beaucoup trop restreinte, ne saurait être trop accrue , et ne serait-ce pas lui porter atteinte que de faire substituer les mérinos à laine superfine, dont la taille est petite et l'engrais difficile, de l'aveu de M. Ternaux lui-même, à ces mérinos de grande taille, à ces bfites à laine de races croisées, et à toutes les autres grandes races indigènes ou étrangères, très-charnues, propres à fournir une nourriture abondante au peuple , et Une quantité considérable de suif, de laine et de peaux aux fabriques.

ta multiplication des grosses races de moutons sera d'autant plus utile à la France , qu'il est entré eu 1&17, d'apiès le tableau de la douane , 2o8,3a8 moutons , valant à la frontière 17 francs,

te qui fait 3,541,376 fr. s c.

payant en outre, à 5 fr. 5o 0.

par tête, i,i45,So4 fr. » c.

D'où il résulte que leur valeur

totales été de 4,687,380 fr. c.

que noire agriculture aurait pu et du fournir à nos boucheries si elle eût été suffisamment protégée.

On ne saurait eu douter depuis que M. Moreau de Jonnès n'a porté le nombre de nos moutons en rapport qu'à 27,000,000 de bêles , tandis que le nom-

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bre de ceux eu rapport dans l'Angleterre, qui n'est guère que de 45,ooo,ooo , mais de taille très-supérieure à celle des nôtre» , s élèverait, en les supposant de même taille, à plus de 73,000,000 do tètes , égales à celles de nos races françaises actuelles pour le produit.

Dans cette hypothèse, dont tout démontre la réalité, le rapport du nombre des moutons en valeur dans la France et dans l'Angleterre , combine avec celui des habïtans des deux pays , qui est de32ai6, serait de 27,000,000 à i44jûoo,ooo; etsi on ajoutes cette combinaison celle de l'étendue des territoires, qui est de 5 à i, le rapport des moulons élevé» en Fiance ne sera plus avec ceux élevés en Angleterre que de 37, 000,000 à 36o,ooo,ooo, ou de 3 à hfl, différence (inorme, qui prouve combien est grande la lacune que nous avons à remplir pour atteindre la production ovine britannique.

Non-seulement nous sommes loin d'égaler nos voisins d'outre-mer sous le rapport de la quantité et de la taille de nos moutons, qui ne peuvent alimenter nos marchés, et qui ne pèsent que de i5 à 5o liv. selon les races, mais encore nos voisins du continent nous dépassent, puisque, suivant les auteurs des Observations lilhographiées eux-mêmes, les moutons étrangers, conduits en grand nombre aux marchés de Sceaux et de Poïssy , pèsent beaucoup plus que les nôlres; en sorte que tous payant les mêmes droits d'octroi, nos bouchera les achètent proportionnellement plus cher.

Cela devrait nous exciter à grossir les races de nos moutons; mais par malheur la manie de produire des laines superfines aux dépens de leur taille vient sans cesse s'y opposer, bien qu'il nous reste encore beau-

coup à faire pour grossir nos races ovines; et en voiti la preuve :

Le marquis d'Eieter a présenté au concours du club agricole de SmilMeld (i) des moutons de 3î et ,',■>. mois, dont les quatre quartiers pesaient aïo livres; beaucoup d'autres agriculteurs en otn présenté du poids de i53 à 108 livres (a).

D'après M. le baron de Moi ternir t - Boisse (3), le poids des moutons commuas des principales races anglaises, toutécarris, c'est-à-dire des quatre quartiers, est pour la race de Disltley , à laine longue , de cent livres de chair fort bonne; pour la race de SoulHdown , à laine courte, de 80 livres de chair excellente ; pour la race de Kent méridionale, à laine longue, de 100 à lao livres de grosse viande; pour la race de Kent septentrionale , à laine longue , de 1 00 liv. de chair bonne ; pour la race de Lincoln , a laine longue , de 64 à '3a livres de chair grosse; pour la race de Tees-Water , à laine longue, de 100 à lao livres de chair grosse et assez bonne; pour la race de Cotswold, à laine moins longue, de 100 à 120 livres de chair bonne; et pour la race de Dcvonshire, à laine longue, de 80 à 120 livres.

Voilà des faits incontestables qui me semblent suffire pour démontrer qu'a l'exemple des Anglais nous devons chercher principalement à multiplier nos trou-

(1) Voyei Annales de l'agriculture française . deuiième série. (5) On lait que la livra anglaise correspond à o^fyifô <' e

(3) Yojei 1» recherches laites par ce liivaot agronome dans ■on ouvrage intitulé : Races ooinr.s rie l'Anglttem.

peaux et a grossir nos races , pour rendre nos champs plus productif, pour mieux approvisionner nos concitoyens, et pour donner à notre industrie tout le développement qu'elle est susceptible d':\Ui:mdre.

Personne n'est plus convaincu que moi de la nécessité d'améliorer ; j'adopte donc volontiers la maxime de M. Girod ( de l'Ain ) : « 11 faut améliorer; « mais je l'explique en ajoutant : t.;, meilleure des améliorations est de produire le plus possible de ce qui est le plus généralement utile.

Je veux bien admettre que le drap ne peut jamais être trop fin, trop doux, trop moelleux; niais je veux surtout qu'il puisse cire abondamment fourni à nos consommateurs nationaux par nos producteurs nationaux, dans l'intérêt desquels tous les autres intérêts nationaux se confondent.

Tant mieux quand tout le monde pourra porter du drap fin en France, et surtout quand ce drap sera lisse avec les laines obtenues par nos agriculteurs et quand il sortira de nos fabriques; mais alors les laines rinça et les draps fins ne s'y vendront pas a plus haut prix que les laines commîmes et les draps communs ne s'y vendent aujourd'hui.

Améliorer est fort bon, mais produire beaucoup a toujours été et sera toujours le plus utile, tant qu'il se trouvera un nombre suffisant de consommateurs à pourvoir.

Voyons d'ailleurs ce qu'il est possible de faire dans la France.

M. Girod ( de l'Ain ), nous a dit, «qu'il est cern tainement des localités plus favorables que d'autres « pour l'éducation des troupeaux fins; qu'il faut les « prendre comme la providenre nous les donne; mais

a que seulement , lit où l'on a plus d'obslacles à « vaincre, il faut proportionnellement plus de soins « et d'efforts pour réussir, u

Je ne conteste pas celle assertion ; il rue suffît d'observer que s'il fauf plus de soins el plus d'efforts pour obtenir des laines fines dans ter laines localités, ces laines y coûtent plus eber à produire, en sorte qu'il peut et doit être souvent plus utile d'y propager les races qui produisent à moins de frais des qualités différentes.

Le savant et honorable député que je viens de ciler reconnaît comme nogs que c'est la rareté des laines superfmes qui en fait la valeur , et que leur abondance en ferait, tomber le grçx , qui ne lient qu'à celle rareté.

Sans doute, quand nos. laines améliorées seront tombées au prix des laines communes , on les préférera pour certains, ouvrages; îmjis alors l'équilibre s'éta- Llira entre ceux qui préféreront l'abondante production de la chair et des laines longues, ou même celle des laines courtes et grossières., à la produclion des. laines, superfines devenues à vil prix; et. quand toutes le* qualité* de laines seront produites en raison des localités, ainsi que cela doit arriver d'ici à peu d'années, les laines les plus chères ne seront pas les plus fines , mais ce seront celles qui seront les plus demandées en raison des quantités produites; on ne fera plus de fortes dépenses pour violenter la nature ; on s'occupera de produire le plus possible des laines les plus avantageuses dans chaque canton, et les consommateurs, participeront aux bénéfices que les producteurs s'efforceront sans cesse d'obtenir de leurs troupeaux.

Quand je demande la multiplication des brebis à laine commune , je suis donc loin de repousser et mime

de ne pas appeler l'améliora lion Je lotîtes nos races indigènes par des eroiseruens judicieux; je ne verrais qu'avec peine conserver indéfiniment dans la Sologne la petite race abâtardie qui n'y donne qu'une livre et demie de laine intermédiaire , et je regretterais de voir long-tempe se reproduire dans le Limousin la chétive et mauvaise espèce de brebis à laine grossière et jarre use, dont l'estimation dans les cheptels ne s'élève communément qu'à' a Fr. par tète.

Sans doute qu'on ne pourra que lentement et difficilement améliorer et grossir les races des pays peu fertiles , mais pourtant il sera toujours bon de le tenter, et quand on ne pourra renforcer leur taille, il conviendra de s'appliquer à perfectionner leur laine (i).

Ce qu'il y a de certain, c'est qu'il ne dépend pas de tous nos agriculteurs de choisir la race de mouton la plus grosse ou celle à laine plus ou moins longue ou plus ou moins fine; la meilleure pour chacun d'eux est celle qui lui rapporte le plus avec le moins de dépense , et celte condition est toujours dépendante de la localité (a).

(i) Voilà pouiquoi il usait h propos d'acquiescer aux demande, ichêrees Je» producteurs de moutons de petite taille, qui réclament l'octroi proportionnel au poidi des moutons, >u lieu de l'octroi pat lilc , qui, usina la Mnurqua des directeurs de l'association de

incompatible avec la grandeur des animaux qui la produisent.

(a) 11 est lachcui que des agriculteur» éclaires , mais égarés par leurs faux syMirmes , aient omis de faire cette remarque. Je regrette surtout qu'on de nos estimables collègue), M. Mallet, ait cm ses conseils applicables i toutes les localité»; il nrrirernit

La nature du sol et du climat français , esseniiel- Jemetit diftercng de ceux, de l'Angleterre et de l'Espagne , s'opposera , encore plus que la pénurie et le peu d'instruction des cultivateurs dans nos cantons pauvres, à l'amélioration des races ovines, cl empêchera toujours que les races superfiues et celles à laines longues y remplacent toutes les 'autres. Loin donc de chercher à amener. la destruction des grosses races indigènes à laine fuie ou commune, et même des petites races à laines intermédiaires dans les lieux où elles seules peuvent encore vivre, faisons tous nos efforts pour accroître la production de tous nos troupeaux de moutons dans toutes nos campagnes (i).

Cette nécessité de conserver des races différentes

n-mu.it que lu agriculteurs qui les suivraient aveuglement sd mineraient bientôt, au lieu de gagner trop dam l'intérêt générai, ainsi que M. Mallet prétend que cela a iieu aujourd'hui, je ne sais pourquoi, dam ion dernier mémoire ; sans duule il a oublié que la plupart des meilleurs cultivateurs et des plus relies fermière de la Beauce et des autres pajs de grande culture sont aussi gênés que les propriétaires de vignes, et que la pénurie dei uns et dea autres appelle a grands cris la sollicitude du gouvernement pour prévenir leur ruine.

(l) Les troupeau* qui rapportent le plus , quand leur laine est

Nous avons des plaiuea aride», telles que celles de la Cran , dans le midi de la France , qui ne peuvent être utilisées que de cette manière; une partie dta Céreunea est aussi daus ce cal. Certains troupeaux du midi parcourent ainsi i5o lieues dan: les montagnes, et vont jujqu'aui frontière* de la Savate.

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dans les diverses situations des troupeaux' n'est point Un mal dans le fond; car il résulte des réclamation* des fabricans de laines de chaque classe, que l'accroissement de toutes les espèces de laines nous est nécessaire, chacun se plaignant de l'insuffisance de notre production pour la qualité qu'il approprie à "nos usages.

Ce qu'il y a de constant, c'est que ce sont les laiues communes qui nous manquent te plus, et par conséquent celles dont il nous importe le plus d'accroître la production.

En effet, si les tableaux de M. Ternajjx étaient exacts, il s'ensuivrait que la production de nos laines superfines n'aurait pas encore atteint en poids la 68^me partie de notre production en laines de toute nature, et que notre production en laines des 2« et 3« qualités , qui forment nos laines fines, ne serait encore parvenue qu'à la -]3"™ partie de notre production totale de laines, et nonobstant cela notre importation en laines superfincs et fuies réunies, qui peut indiquer la limite approximative de nos besoins eu ce genre, ne forme guère que le sixième en poids de notre importation totale en laines, dont les cinq sixièmes se composent de laines communes.

On peut juger par là combien nos manufactures exigent plus impérativement l'accroissement de nos laines communes que des autres, et par conséquent combien il serait dangereux dë sacrifier la grande production de nos laines au perfectionnement de leur brin.

Je ne puis mieux terminer ce chapitre qu'en recherchant dans les quantités comparatives de laines étrangères, importées par nos manufacturiers , quelles

sont exactement celles qui leur manquent le plu? , el par conséquent dont il nous importe le plus d'accroître la production dans la France. Le tableau suivant de nos importations de laines en 1S27 ya nous conduire à la solution de ce problème.

Tableau des laines importées en France en 1837.

Surfines, brutes et lavées aj,33a kil.

Fines, brutes 164,965 1

Idem, lavées à froid. . . a5a,538 766,440 kil.

Idem, lavéesàchaud. . . 348,937 )

Communes , brutes . . . ,l,83(j,(p- j

Idem, lavéesàfroid . . I,a56,i85 6,38a,G34 kil.

Idem, lavées à chaud . . 5a6,4çja '

Total 7, 176,406 kil.

Valeur déclarée- . . u,i3o,!)33 f. ] Drbitt perç., dèc. c. . 3,671,848 J

Reportons toutes ces lai que deux parties lavées a

froid, équivalent à. six en suint, nous aurons Laines surfines, toutes en auïnt, au plus. 5o,ooo k

Idem fines, toutes en suint i,7i6,85a

Idem communes, toutes en suint. . . 8,a3a,ao3

i4,8o'i,770 fr.

Total 9,999,055

Cela donne pour prix moyen du kil. de laine, droits non acquittés, valeur dans nos ports, . .1 fr. 11 b. et pour le prix. moyen, droit et décime

acquittes 1 fr. 49 c.

Résultat qui prouve évidemment :

1°. L'insuffisance des droits d'entrée sur les laines -étrangères pour protéger nos agriculteurs, qui ne peu-

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v«nt produire sur nés le rte* arables la laine utilement pour eux au-dessous du prît moyen de a fr. le kil.

30. La pelïte quantité de laines extra-fines nécessaires aux besoins de nos fabriques, pour compléter notre production en ce genre, quantité qui ne s'élève qu'a t/aoo= de notre importation, d'où i! résulte que cette espèce de laine n'étant employée que dans une trèsfaible proportion par nos manufacturiers, il serait peu utile d'en provoquer fortement la production, qui, si elle était trop étendue, ne pourrait se faire qu'au détriment de la quantité de là chair et de la laine commune, dont nous avons un besoin bien plus grand.

3". Le manque des laines fines intermédiaires, qui est beaucoup plus réel dans nos fabriques que celui des laines superflues , et qui s'élève à plus du sixième de notre importation, tellement que leur production doit être plus excitée chez nous par le tarif de nos douanes.

4°. Le manque bien plus grand encore des laines communes, qui forment les cinq sixièmes de notre importation , d'où il résulte que ce sont celles dont nos lois de douanes doivent le plus favoriser la production, production qui est bien loin d'être assez protégée par le minimum des prix sur lesquels le tarif se perçoit aujourd'hui, ces laines devant plus spécialement se récolter sur les animaux de plus grande taille, et sur ceux les plus faciles à élever et les pl as convenables à toutes les localités de la France (1).

(1) Je n.ii» tnie dont 1» qn»lïu?i de Isinw superfinei la valeur compense en partie Ici ijimilite'j des suirw laines introduite* ; taia

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