‹ De La Propagation Des Affections Vulvo-Vaginales De L'EnfanceChapitre 6 sur 20 · SYMPTOMES · texte numérisé non relu

SYMPTOMES

Les faits cliniques que nous avons observés et ceux dont nous rapportons l'histoire sont évidemment trop peu nombreux, pour nous permettre de nous étendre longuement sur les symptômes et sur la marche des complications péritonéales qui peuvent survenir chez les petites filles atteintes de vulvo-vaginite.

Et d’abord, nous sommes dans une complète ignorance de l'époque à laquelle apparaissent le plus souvent les accidents péritonéaux. Dans plusieurs observations, nous voyons que l'écoulement vaginal avait passé inaperçu, ou bien qu'il inquictait si peu les parents que ceux-

ci n’y attachaient aucune importance. Ceci ne nous étonne

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guère. Il suffit d’avoir observé ce qui se passe souvent aux consultations des hôpitaux d'enfants pour n’en être pas surpris. On voit des parents demander une consultation sur un point quelconque de la santé de leurs fillettes, chez lesquelles le médecin découvre accidentellement la présence d’un écoulement vaginal parfois très abondant et datant souvent de plusieurs semaines. [n’est donc pas étonnant que nous ne voyions pas relaté à quelle période de la vulvo-vaginite en étaient les enfants qui ont eu les complications péritonéales qui nous occupent.

Si maintenant nous cherchons à classer les observations que nous avons recueillies, nous voyons que, dans plusieurs cas, les enfants ont succombé à leur péritonite; que dans un cas, qui nous est personnel, l'enfant n’est pas arrivée à la péritonite suppurée, que les accidents alarmants du début ont retrocédé, que le péritoine fortement touché et ayant réagi d’une manière violente, est rentré dans le repos après avoir donné des signes évidents de son atteinte, et que la fillette est complètement guérie. Enfin, en recherchant ce que les auteurs ont écrit sur le sujet, nous voyons que plusieurs auteurs allemands se sont étonnés de voir chez des jeunes filles vierges des adhérentes pcritonéales, voire même des salpingites dont ils n’ont pu retrouver la cause; de sorte que, dans ces cas, l’affection a été en quelque sorte latente.

Von Saxinger (1), au congrès de gynécologie de la So-

(1) Von Saxinger. Verhandleingen der deutsches gesellschaft fur gynecologie. Volume de 1886.

ciété allemande, signale quelques cas de pyosalpingites chez des filles vierges non déflorées, et qu’il a observés.

Sanger (1) de Leipsig, au congrès de gynécologie, à propos d’un cas que nous rapporterons, dit que la vulvovaginite des enfants est, à cause de la possibilité de sa propagation aux organes génitaux internes et au péritoine, une maladie sérieuse. Il fait remarquer à ses collègues que souvent, chez des jeunes personnes de 15 à 20 ans, on trouve des traces de pelvi-péritonite antérieure sans que souvent on ne puisse obtenir d’éclaircissement sur leur origine et sur leur état aigu. € Je suis convaincu, ditl, que les états de régime doivent être très souvent rapportés à une affection gonorrhéique. »

Il est donc un ensemble de faits qui montrent que les complications génitales et péritoncales des vulvites peuvent se produire chez des filleties sans qu'il se produise non seulement une grande réaction péritonéale, mais encore sans que la santé soit altérée le moins du monde, sans que le médecin soit seulement consulté, et cela parce que les enfants n’éprouvent aucune douleur, aucune gène abdominale.

Voilà donc un premier stade, c’est l'infection en quelque sorte latente ; la marche ascendante du processus morbide s'était faite au milieu d’une parfaite santé.

Nous ne pouvons nous empêcher de comparer ces faits à ceux que l’on observe chez l'adulte: car, combien de

femmes ont eu le péritoine du petit bassin Iégèrement

(1) Sanger. Leipsig. Verhandieing. etc... Vol, 1888, p. 255.

touché, vivent avec des adhérences pelviennes certainement pathologiques, et n'ont ressenti cependant aucun trouble sérieux, sans que des douleurs vives aient attiré leur attention sur leurs organes abdominaux.

Mais, nous croyons que Fanalogie peut se poursuivre plus loin entre la pathologie de lenfant et de l'adulte, et nous allons voir que si parfois il semble que l'infection ascendante allant même jusqu'à altérer le péritoine peut se produire sans réaction générale, il est des cas où le péritoine à peine touché peut réagir violemment. Mais ici encore, la maladie peut tourner court, la péritonile n'arrive pas jusqu’à la suppuration; et cependant le péritoine se défend avec tout le cortège de réaction qui lui est propre, sans qu'il se fasse aucun foyer purulent. I y a plus de péritonisme que de périlonile, pour employer un mot aujourd'hui communément employé, puis tout rentre dans l’ordre.

Nous rapportons à ce sujet une observation d'une petite . malade observée par nous dans le service de M. le pro-

fesseur Grancher, à l'hôpital des Enfants malades :

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