OBSERVATION I
Julia G..., âgée de 9 ans, entre le 3 juillet 1894, à l'hôpital des Enfants malades, salle Parrot, lit n° 17.
Les parents paraissent bien portants. La mère à eu quatre enfants; deux sont morts de la coqueluche; les
deux autres, dont notre petite malade, sont habituellement en bonne santé. Notre petite malade est d'apparence assez belle ; nourrie an sein par la mère, elle a été élevée à la campagne jusqu’à l'âge de 8 ans. Dernièrement, elle a fait un séjour à FPhôpital pour un petit abcès du poignet qui a été ouvert dans le service de M. le docteur de Saint- Germain et qui est parfaitement guéri. La mère la ramène à l'hôpital, parce qu'elle perd du pus par le vagin. Cet écoulement est du reste très: ancien; il date d’au moins cinq ou six mois; mais depuis quelques jours l’écoulement augmente sans cesse; la mère jusqu’à présent s’est contentée de faire quelques lavages externes à l’eau boriquée ; mais l'écoulement, loin de s'arrêter, s'accroît et elle commence à être inquiète.
Le 3 juillet, jour de l'entrée à l'hôpital, on constate que les linges de l’enfant sont fortement tachés de pus verdâtre empesañt le linge. La vulve est rouge, les grandes lèvres un peu tuméfiées: sur les cuisses il existe des exsudats croûteux peu épais et jaunâtres, restes d’un liquide épais ayant séché. Les grandes lèvres écartées, on voit un écoulement verdâtre, très abondant. Hymen intact. Urèthre enflammé. La mère n’a jamais remarqué chez son enfant des habitudes de masturbation. |
Il est décidé que lPenfant sera soumis au traitement habituel qui réussit le mieux en pareil eas, des lavages au permanganate de potasse à =.
Le % juillet, la surveillante de la salle fait à l'enfant, dans les conditions ordinaires et sans aucun incident, un lavage au permanganate.
Le 4 juillet au soir, l'enfant a encore bien mangé ; elle se plaint cependant un peu du ventre qui est un peu Goiloureux à la pression.
æ soir, la température, qui était normale jusqu'alors,