‹ De la Propagation des Tumeurs ovariques malignes à l’appendice iléo-coecalChapitre 25 sur 29 · OBSERVATION VII · texte numérisé non relu

OBSERVATION VII

Epithélioma mucoîide des ovaires, avec généralisation au péritoine, à l’appendice et à la paroi abdominale.

(L. HONTANG, in Bulletin de la Société anatomique, séance du 3 juin 1887, in thèse Hadijes.)

R..., Marie, 69 ans, ménagère, entrée le 9 juin 1887 à Beaujon, salle Saint-Martin, n° 9, service de M. Millard.

Pas d’antécédents héréditaires à noter. Pas de grossesse, ménopause à 51 ans. Bonne santé jusqu'à il y a six mois, époque à laquelle la malade a commencé à avoir des palpitations et de l'oppression, lobligeant à dormir assise sur son lit. Depuis trois semaines, œdème des membres inférieurs et de la paroi abdominale; elle n'avait pas, affirme-t-elle, le ventre volumineux aupalavant.

A son entrée, elle présente des symptômes d'asystolie tres accentués : anasarque, arythmie cardiaque, cyanose, bronchite généralisée, albuminurie légère. Le régime lacté et la digitale en macération amènent assez rapidement une diminution notable de l’æœdème. Mais, le ventre restant volumineux et des. signes d'épanchement étant constatés, on se décide à pratiquer la ponction. Cependant, on remarque que la sensation de flot est peu nette et que le liquide ne se déplace pas avec les chan-

gements de position de la malade. C'est ainsi que le côté droit de labdomen reste toujours mat même lorsque la malade est couchée sur le côté gauche.

La ponction faite le 18 mai, à droite, au point d'élection, ne donne qu'une petite quantité de liquide gélatineux ressemblant à de la gelée de pommes et qui s'écoule très lentement. On pense qu'on à pénétré dans un kyste de l'ovaire passé inaperçu jusqu'alors, la palpation de l'abdomen étant rendue très difficile par l’œdème de la paroi. Le toucher vaginal ne donne aucun renseignement. Les jours suivants, les symptômes d’asystolie s’accentuent; on reconnaît qu’il s'est développé dans la paroi abdominale, au point de la ponction, une tumeur aplatie, bosselée, du volume d’une noix. De plus, on constate la présence d’une tumeur analogue, plus petite, intrapariétale, située au niveau de la cicatrice ombilicale, et qui n'avait pas été vue jusqu'alors. Le développement rapide de ces deux tumeurs fait penser à M. Millard qu'on est en présencé d'une tumeur maligne des organes du petit bassin, avec généralisation à la paroi abdominale.

La malade meurt le 29 mai des progrès de son asystolie.

Autopsie. — Hypertrophie cardiaque avec dilatation, insuffisance mitrale par dilatation sans lésions valvulaires.

A l'ouverture de l'abdomen, on trouve la cavité péritonéaie remplie d’un liquide gélatiniforme jaune, semblable à de la gelée de pommes, libre dans la cavité et dont la quantité peut être évaluée à 5 ou 6 litres. Ce liquide étant évacué, on voit apparaître une tumeur volumineuse partant de la cavité pelvienne et remontant jusqu'au-dessous de l’ombilic. Cette tumeur est arborescente, formée de masses arrondies de volume variable, de consistance gélatineuse, tremblotante, de couleur rosée, avec des arborisations vasculaires à sa surface, sans

adhérences aux viscères abdominaux.

Les organes pelviens étant enlevés en masse, on reconnaît que Putérus est sain, mais on ne trouve plus de trace des ligaments larges, des ovaires ni des trompes. Sur les côtés de l'utérus existent deux masses de consistance plus

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