CHAPITRE Il
Solidarité” pathologique des Ovaires et de l’Appendice.
L'existence d’un lien anatomique entre l’appendice et les annexes peut expliquer les rapports pathologiques des organes pelviens de la femme avec le vermis cœca!.
Il y a une trentaine d'années, la coexistence des affections appendiculaires et des maladies annexielles était considérée comme une coïncidence fortuite. Mais devant la multiplication de semblables observations, 1: fait d’une relation de cause à effet s’est peu à peu imposé.
De nombreux chirurgiens ont signalé la plus grande fréquence des lésions inflammatoires appendiculaires dans les cas d’annexite que dans ceux d’annexes saines, montrant bien le retentissement des lésions annexielles, dans un certain nombre de cas, sur l’appendice. Parmi eux, il faut citer Wigin et Cæ, Hunter, Robb, Reuben, Peterson, en Amérique; Barnsby, Hartmann, Besson, Segond, Faure et Legueu, en France. Hartmann, notamment, s’est attaché à l'étude de cette question. Il a
montré que s’il est fréquent d'observer des annexites avec péri-appendicite secondaire, on peut également voir des appendicites avec péri-annexite, par réaction périto: néale dans les deux cas. En cas de lésions suppurées, il se peut que les annexes de l’appendice, offrant des lésions de même nature, soient contenues dans un seul bloc purulent. On a même vu des cavités appendiculaires et salpingiennes communiquer librement l'une avec l’autre. Mais, en général, l'aspect des lésions n'est pas le même sur les deux organes, l’un d’eux ne présentant que des lésions de surface : péri-appendicite dans le cas d'annexite primitive, péri-salpingite lorsque l'appendice est le premier touché par le processus inflammstoire. 6 |
Pour interpréter les faits précédents, on a tout d’abord trouvé leur première raison d’être dans le voisinage topographique et mieux dans le contact immédiat de l’appendice et des annexes, contact immédiat possibie soit à l’état normal par descente de l’appendice en situation pelvienne, soit par ascension des annexes sous l'influence d’une tumeur pelvienne. On a invoqué également le ligament appendiculo-ovarien et le tissu cellulaire sous-péritonéal. Mais, en général, et Hartmann l'a bien démontré, la migration inflammatoire se fait par la voie séreuse proprement dite. Dans le cas d’une annexite primitive, par exemple, dès que la lésion existe elle provoque de la péri-annexite puis de la pelvi-péritonite plus ou moins étendue et tout aussitôt naissent des fausses membranes. Celles-ci gagnent l’appendice. le fixent et l’englobent par des adhérences qui l’emprisonnent, soit partiellement, soit en totalité. Cette
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capture de l’appendice par les fausses membranes d’orrgine annexielle a pour conséquence première des lésions de surface de la séreuse alors que la muqueuse, la sousmuqueuse et la musculeuse sont saines. C’est là la première phase de la propagation.
Ainsi tiraillé, fixé, coudé par des adhérences, troublé dans sa nutrition, l’appendice voit peu à peu dépérir ses fonctions phagocytaires de défense. La péri-appendicite d’origine annexielle en a fait une proie toute désignée aux exaltations virulentes microbiennes de toute nature. C’est ainsi que naît la deuxième phase, celle de l’appendicite vraie, et selon le degré de la virulence de l'agent infectant, d'une part, et celui des infériorités défensives de l’appendice, d'autre part, on aura affaire tantôt à une appendicite secondaire aiguë, suppurative ou gangréneuse, tantôt, et c’est le eas le plus fréquent, à une infection torpide aboutissant à la longue à l’appendicite chronique scléreuse.
Les mêmes phénomènes peuvent s’observer aussi nettement en sens inverse sous la forme suivante : appendicite initiale, capture des annexes par les fausses membranes,puis péri-salpingite et salpingite proprement dite.
Dans les deux cas, la séreuse péritonéale seule est en jeu : c’est par son intermédiaire qu'a lieu la propagation inflammatoire.
Le tissu cellulaire sous-péritonéal, qui met en relation de continuité le tissu cellulaire du méso-appendice avec celui du ligament large et du paramètre, paraît ne jouer un rôle vecteur qu’à l'occasion de fusées purulentes pelviennes d'origine appendiculaire.
Lapeyre a signalé, d'autre part, que lappendicite
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chronique s'accompagne souvent chez la femme de dégénérescence scléro-kystique des ovaires.
Par ailleurs, de nombreux auteurs ont noté la coïncidence des attaques appendiculaires avec la période menstruelle. Bérard et Vignard relatent le cas d'une fillette qui eut sa première attaque d’appendicite en même temps que ses premières règles. Quénu et Le Gendre admettent la fréquence de ce fait. En général, tous les auteurs s’occupant des affections du vermis notent leurs corrélations avec la période menstruelle. Parmi eux onpeut citer : Legueu, Jalaguier, Delagénière. Ce dernier
croit même pouvoir reconnaître une certaine régularité dans ces coïncidences, les douleurs annexielles se déclanchant à la fin, les crises appendiculaires au début de la période. Soupault et Gouast parlent de vagues sensations désagféables qui, en ce cas, commenceraient quelques jours avant la menstruation pour se perdre avec l'apparition de l'hémorragie cataméniale.
Dans le cours de son exercice chirurgical gynécologique, M. Albertin a eu plusieurs cas de coexistence de poussées appendiculaires fébriles se produisant au moment de la période menstruelle, et de telle façon qu'il a fallu intervenir même chez des jeunes filles (83 observations). Dans ces cas il a été nécessaire de pratiquer l’ablation de l’appendice et des annexes du même côté, le tout étant enrobé par des adhérences avec de petits foyers infectieux au niveau de l’appendice, mais avec forte réaction annexielle.
Cette dysménorrhée appendiculaire peut s'expliquer facilement par la congestion de tous les organes pelviens et de l’appendice voisin pendant la menstruation.