‹ De la Propagation des Tumeurs ovariques malignes à l’appendice iléo-coecalChapitre 8 sur 29 · ND NE · texte numérisé non relu

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Cette congestion provoque des douleurs par l’irritation du vermis pour peu qu'il soit malade et le siège de phénomènes infectieux. Mais, dans bien des circonstances, la congestion est encore augmentée par les tiraillements qui s’exercent sur l’'appendice au moment de la période menstruelle par l'intermédiaire d'adhérences qui s’établissent entre l'ovaire et lui. Inversement, l’irritation de l'appendice pourra amener une hyperémie des organes du bassin, suivie quelquefois de pertes de sang. Une observation de Dartigues signale une fistule cœæco-appendiculaire ayant donné lieu à des métrorragies et à des ménorragies pendant un an.

Tels sont, brièvement indiqués, les modes de propagation des phénomènes inflammatoires, infectieux ou congestifs de l'appendice aux annexes et vice versa.

Etudions maintenant comment l’on peut expliquer la propagation des tumeurs ovariques primitives à l’appendice iléo-cœæcal.

Nous ne parlerons pas ici des métastases des cancers du tube digestif aux ovaires. Elles ont été bien étudiées par un grand nombre d'auteurs. Notamment, Biet et Paviot, Condamin, Flaissier, Gouilloud, Laroyenne, Bosquette, Leriche, Tixier, Walther, Metzger, Begouin, Massabuau, Etienne, etc., en France; Krunkenberg, Stickel, Krauss, Schlagenhaufer, Gobiet, en Allemagne, se sont occupés spécialement de cette question. La plupart d’entre eux arrivent à cette conclusion : que si une tumeur ovarienne bilatérale et une tumeur intestinale coexistent, il y a bien des chances pour que la tumeur ovarienne soit secondaire. Ils admettent néanmoins la possibilité d’une éventualité contraire, mais en signalent

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la rareté. Nous n’envisagerons au contraire que ces cas peu fréquents et, en particulier, les métastases appendiculaires des néoplasmes de l'ovaire, qui sont alors, en général, unilatéraux.

Les tumeurs ovariques peuvent se généraliser, comme chacun sait, de la même façon que les autres cancers, soit par la voie veineuse, soit par la voie lymphatique. Elles possèdent cependant un mode de propagation particulier dont elles usent fréquemment : la greffe. De là vient la prédominance des généralisations au péritoine sur toutes les autres métastases. Les cellules épithéliales tombées dans la cavité péritonéale sont vivantes, ainsi que le prouvent les phénomènes de multiplication du noyau et de segmentation observés dans ces cellules. Ces cellules vivantes se greffent en différents points du péritoine, suivant en cela les procédés de greffe employés dans les laboratoires pour l'étude expérimentale du cancer. Elles y forment des plaques néoplasiques qui, fournissant elles-mêmes de nouveaux éléments infectants, pourront arriver à recouvrir toute la séreuse. Une fois implantées en un point, elles se multiplient rapidement, poussent des prolongements dans la profondeur et se propagent de proche en proche. Pour peu qu'une de ces plaques cancéreuses se trouve au voisinage de l’appendice ou de son méso, le vermis sera facilement atteint à son tour. Cette propagation néoplasique sera d'autant plus facile que les rapports de l'ovaire droit et de l’appendice sont fréquents et souvent rendus plus intimes encore par le volume de la tumeur ovarique et par des adhérences plus ou moins serrées. Telle doit être, à notre avis, la voie suivie par la propagation à

l'appendice de la tumeur ovarienne dans les cas relatés par nos observations VI, VIT et VII.

Au contraire, dans les observations I, IE, III, IV, V, que nous rapportons plus loin, le processus cancéreux n’a manifestement pas eu recours à ce mode de généralisation. Le péritoine, en effet, était indemne de toute greffe d’origine ovarienne. La propagation a dû nécessairement suivre l’une des deux voies, lymphatique ou veineuse. Or, nous avons vu que les connexions vasculaires sanguines, reliant l'ovaire à l’appendice iléocœcal, n'existent pas. Force est done d'admettre que, seuls, les lymphatiques ont servi de passage aux cellules cancéreuses venues de la tumeur ovarique, d'autant que nous savons que les épithéliomas se propagent le plus habituellement par l'intermédiaire des vaisseaux blanes. Bien mieux, l'existence de quelques ganglions atteints par le processus pathologique, situés au voisinage du méso-appendice, que l’on trouvera signalés dans l’observation III, nous permet de préciser exactement la voie empruntée par la métastase cancéreuse. A n'en pas douter, cette propagation s’est faite grâce aux communications lymphatiques directes appendieulo-ovariennes, les ganglions situés sur leur trajet restant une preuve tangible du chemin parcouru par les éléments de généralisation. |

Il est logique de penser également, lorsque l'on se trouve en présence d’une métastase appendiculaire tirant son origine de l'ovaire gauche, que les cellules cancéreuses ont suivi-le même parcours après avoir

cheminé dans les réseaux sous-séreux des trompes et de l'utérus.

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