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cer sur l’ensemble de l'épidémie 253 de ces hommes qui demeuraient dans Munich même ; il est arrivé à faire une découverte aussi importante qu’inattendue. Ces 253 hommes, qui tous furent traités pour la cholérine par le médecin du palais de l’exposition, habitaient 242 maisons différentes disséminées dans 440 rues de la ville, Ces 410 rues comprenaient 2460 maisons. Dans 843 de ces maisons il y eut des cas de choléra (28,4 pour 100). Dans les 242 maisons occupées par les gardiens, il y en eut 412 (46,2 pour 180). On a constaté que le genre des maisons occupées par ces hommes n’était pas inférieur à celui de la moyenne générale.
Un fait très-singulier est celui-ci : quand on examine le tableau général indiquant tous les cas de choléra par journées, par maisons et par rues, on voit les maisons habitées par les gardiens atteintes presque toujours quatre à cinq jours avant toutes les autres.
Autre fait :
Le 20 août 1854, le nommé Grassl est transporté dans la prison d'Ebrach. Il était resté pendant quatre jours dans une prison de Munich, dans laquelle il y avait eu plusieurs cas de choléra. Il quitta Munich avec de la diarrhée ; peu de jours après son arrivée, la diarrhée continuant, il fut placé à l’infirmerie de la prison. L'infirmier qui le soignait fut atteint d’un choléra violent le 27, et mourut. L’épidémie s’étendit dans la prison des hommes, et atteignit celle des femmes, complétement séparée. La première victime fut la femme Maier, qui avait lavé le linge souillé par Grassl, lequel, atteint de cholérine seulement, avait importé le choléra (4).
La transmissibilité de la cholérine et la transformation possible de la maladie créée par elle en choléra doivent être admises après les faits si concluants qui précèdent. Cette circonstance jette beaucoup de lumière sur une foule de points
(1) Pettenkoffer, Loc. cit.
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où la transmission était obscure. Bien des personnes non suspectes jusqu'alors deviennent des agents de propagation ; Ja notion de ce fait devra modifier de la façon la plus complète la prophylaxie du choléra.
Transmission par les personnes saines.
Un des points les plus obscurs c’est la part que peuvent prendre dans la propagation les personnes qui viennent d’un lieu infecté et qui elles-mêmes ne sont point atteintes. Voici ce qu’enseignent les faits : quand un individu venu d’un lieu contaminé a propagé le choléra, il a été généralement le premier atteint; un exemple tout récent en a fourni la preuve. Il y a un mois, des cas de choléra se sont montrés de la façon la plus inattendue à Altenbourg, dans le centre de l’Allemagne. Le professeur de Walther, ayant été chargé de l’enquête par son gouvernement, a constaté que le premier cas avait été offert par une dame qui venait d'arriver de Constantinople, où régnait la maladie. Il existe bien quelques faits où des personnes qui avaient séjourné longtemps avec des cholériques ont pu transmettre le choléra par un contact très-prolongé avec des personnes saines. Quant aux individus qui n’ont pas eu de rapports continus avec les malades, ou qui ont seulement demeuré dans une localité infectée, je ne pense pas qu'ils aient pu importer le choléra, et n'ai point trouvé de faits prouvant nettement le contraire. J’excepte le cas de passagers qui sortent d’un bateau où règne le choléra, et qui ont séjourné longtemps dans une atmosphère infectée et restreinte.
Transmission par les cadavres.
Les cadavres des cholériques ont souvent été une source d'infection : le deuxième cas de choléra déclaré à Strasbourg
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en 1849 est dû exclusivement au séjour pres du cadavre du premier malade.
M. Ancelon a remarqué une mortalité très-grande chez les personnes chargées de veiller les morts pendant l'épidémie de Dieuze (1).
Je rappellerai encore les faits suivants :
Le choléra s’était déclaré dans un village éloigné de six lieues de l’université de Gôttingue, où aucun cas de choléra n'avait été signalé. Des professeurs de l’école de médecine de cette ville allèrent visiter ces malades, firent des autopsies, et rapportèrent des pièces anatomiques qui furent placées le 21 juillet dans un cabinet attenant à une salle de l'hôpital ; le 25, un malade voisin fut frappé du choléra, et mourut rapidement.
Un des aides de camp du roi de Grèce, le général Miaulis, quitta Munich, où sévissait le choléra, le 41 novembre 1836 ; il tomba malade en route, dut s’arrêter dans un village déjà éloigné, où il n’y avait pas de cholériques, et y mourut du choléra dans la nuit.
Le 16 au soir, l’un des hommes qui avait veillé auprès du cadavre fut atteint par le choléra, et succomba le lendemain.
Le 19, un deuxième homme, qui avait rempli le même office, fut frappé ; il mourut le 21. La femme et l’enfant de ce dernier eurent le même sort le 1° décembre (2).
Ces faits sont précis et suffisants pour appeler une réglementation spéciale sur Le mode d’ensevelissement et de sépulture des victimes du choléra.
Transmission par les objets ayant servi aux cholériques.
IL est à peine nécessaire de faire remarquer que les vêtements, objets de literie, etc., ayant servi à des cholériques,
(1) Ancelon, Gazette hebdomadaire, 1854, n° 63. (2) Mémoire sur le choléra, par 3. B. de Weissbrod, conseiller médical et professeur de clinique, Munich, 1852,
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peuvent devenir des agents d'infection. C’est la conséquence forcée de tout ce qui vient d’être rapporté. Les faits qui prouvent amplement la propriété infectieuse de ces objets sont trèsnombreux ; quelques-uns sont impliqués dans les observations précédentes : celui des six malades morts dans un même lit du service de Récamier; celui de la femme Maier, atteinte de choléra à Diebourg, dans la prison séparée des femmes, après avoir lessivé du linge contaminé; celui encore de la femme Serre, frappée par le choléra après s’être servie de la couverture qu’elle avait prêtée à un cholérique.
M. Pellarin rapporte un fait de transmission par des hardes ayant appartenu à un cholérique mort et transportées dans un lieu indemne jusqu'alors (1).
J’emprunte le fait suivant au mémoire particulièrement intéressant, rempli de faits et d'idées pratiques, publié récemment par MM. Sirus-Pirondi et Augustin Fabre, au sujet de la récente épidémie de Marseille :
Un individu guéri du choléra envoie blanchir son linge dans son village natal, à Rovigno, où il n’y eut pas d’autres cas de choléra que ceux présentés par trois femmes de sa famille, qui lessivèrent le linge et moururent toutes trois (2).
« Quant aux blanchisseuses, dit M. Chaudé dans un rapport sur le choléra de 1832 dans le quartier de la Sorbonne, nul doute que leur profession n'ait contribué à la fréquence du choléra. »
Le docteur Riegler, anticontagionniste déclaré, a été également frappé du nombre considérable de blanchisseuses atteintes à Constantinople pendant le choléra de 1848 (3).
Enfin l’examen de beaucoup de faits observés en Angleterre a décidé la commission chargée du rapport sur la mortalité
(4) Lettre à l’Académie de médecine, le 29 juin 1850. (2) Docteur Guastalla (cité par MM. Sirus-Pirondi et Fabre), Observations sur le choléra. Trieste, 1849.
(3) Riegler, Le choléra à Constantinople en 1847-48 (Zeüschrift der Wiener Aerxte, 1849).