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et des tubes à insectes ont suffi à M. Dupont pour avoir un vaccin maniable et transportable. C’est dire que les qualités inventives suppléent, en brousse, à la pénurie d'instruments, pour la préparation du vaccin comme pour son transport.
D'ailleurs, une pulpe, pour être utilisée avec fruit, n’a pas besoin d'être triturée et manipulée aussi longuement qu'elle l’est dans les Instituts de vaccine métropolitains : il suflit qu’on puisse l'introduire dans les tubes dont on dispose et qu'elle adhère au scarificalteur ou au vaccinostyle au moment où l'on s’en sert. Bien lus, la pulpe grossière garde mieux sa virulence aux colonies, semble-t-il, qae la pulpe glycérinée très fluide. Tel est l'avis de M. Clarac : aux Antilles, écrit-il, le vaccin envoyé d'Europe donne de bons résultats quand il est employé dès son arrivée, € pourvu toutefois que la pulpe n'ait pas été trop trilurée ; en effet, elle perd assez rapidement ses propriétés virulentes en passant d'un climat à l’autre, quand le broyage a été trop complet. La pulpe, non triturée, mais simplement mélangée à la glycérine conserve bien mieux sa virulence » (1).
Il est une règle dont le préparateur de vaccin ne doit Jamais se départir, surtout aux colonies : c’est à savoir d’être aseptique. Cela, pour deux raisons. La première découle de la dissémination souvent
extraordinaire des spores télaniques en milieu tro-
1. Brouardel, Chantemesse et Mosny. Traité d'hygiène, XE, « Hyg. colon. », p. 3652,
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pical et de la virulence particulière que paraissent y posséder les divers microbes pyogènes. «Dans beaucoup de régions, la distribution du bacille est si générale que le trismus des nouveau-nés est la principale cause de la grande mortalité des enfants » (1); « les plaies les plus insignifiantes, mal soignées, peuvent donner lieu .à cette terrible complication... » (2). Et le tétanos vaccinal n’est pas un mythe : J. Mac Farland a pu en étudier 9 cas, dont 61 suivis de mort (3)... La seconde raison tient à l'impossibilité où se trouve ordinairement le médecin de la brousse de procéder à l'examen bactériologique de la pulpe récoltée. Il lui est difficile de déterminer et de numérer les éléments figurés qu'elle contient, partant d’en affirmer l’innocuité, et le seul moyen qu’il ait de réduire au minimum les chances d’infection consiste dans la plus stricte asepsie. Il y faut joindre, toutefois, la surveillance et l'isolement des vaccinifères, la propreté rigoureuse des locaux où on les parque et aussi le rejet des croûtes vaccinales qui, riches en microphytes, ue doivent pas entrer dans la composition de la pulpe... Sans doute notre préparateur pourrait essayer de vérifier
la pureté du vaccin par des inoculations cornéen-
1. P. Manson. Maladies des pays chauds, 4° édit. Traduct. Maurice Guibaud, p. 126.
2. J. Brault. Hygiène et prophylaxie des maladies dans les pays chauds, p. 140.
3.J. Mac Farland. « Tétanos et vaccination. Etude analytique de 9 cas ». New-York, Med. Journ., 1902, p.791.